mardi 11 septembre 2012

Avec quelles super puissances l'Afrique francophone va négocier en 2050 ?



A quoi ressemblera l'équilibre des puissances économiques en 2050 ? 
La banque HSBC s'est penchée sur la question et son constat est sans appel : l'avènement des pays en développement aura eu lieu et les nations occidentales en feront les frais. Les États-Unis auront perdu leur statut d'intouchable "hyper puissance", les pays européens dégringoleront du classement des pays les plus riches, certains plus que d'autres, et quelques nations que l'on n'attendait pas réaliseront de progressions spectaculaires.

1er : Chine, 24 617 milliards $ de PIB en 2050
En 2050, les Etats-Unis seront définitivement déchus de leur titre de première puissance mondiale. La Chine, aujourd'hui troisième derrière le Japon, lui aura ravi la place après quatre décennies d'une croissance annuelle supérieure à 4%. Et son peuple ne pourra que s'en réjouir : en quarante ans, le revenu annuel par habitant aura explosé de 625% selon HSBC, pour atteindre 17 300 dollars. Il s'agit de la plus forte progression, devant l'Inde (+540%). 
Rang 2010 : 3
Revenu par habitant en 2010 : 2 396 $
Revenu par habitant en 2050 : 17 372 $
 
2e : Etats-Unis, 22 270 milliards $ de PIB en 2050
Les Etats-Unis, détrônés de la première place des économies les plus riches, pourront s'en prendre à une croissance annuelle anémique anticipée par les experts de HSBC. Lors des quatre décennies à venir, elle s'établira au mieux à 2,1% en moyenne, entre 2040 et 2050, au pire à 1,1% entre 2010 et 2020. Et les Américains ne pourront même pas se consoler avec leur revenu par habitant, qui restera le deuxième plus important derrière le Japon en 2010 comme en 2050.
Rang 2010 : 1er
Revenu par habitant en 2010 : 36 354 $
Revenu par habitant en 2050 : 55 134 $
 
3e : Inde, 8 165 milliards $ de PIB en 2050
Dans quarante ans, le PIB de l'Inde dépassera les 8 000 milliards de dollars et le pays s'installera au 3e rang des économies les plus riches du monde. Entre 2010 et 2050, l'Inde aura donc gagné cinq places dans ce classement, selon HSBC. Mais les Indiens pourront regretter que cette formidable croissance leur profite assez peu. En 40 ans, le revenu par habitant progressera certes de 540%, mais il n'atteindra que 5 060 dollars, le plus faible montant de ces 20 pays les plus riches.
Rang 2010 : 8e
Revenu par habitant en 2010 : 790 $
Revenu par habitant en 2050 : 5 060 $
 
4e : Japon, 6 429 milliards $ de PIB en 2050
L'avenir s'annonce sombre pour l'économie japonaise. D'abord, elle perdra deux places au classement mondial des PIB en 2050, pour s'installer au 4e rang. Ensuite, la progression du revenu par habitant sera la 2e plus faible de ce top 20 des pays les plus riches : +60% contre +110% pour l'Allemagne ou +188% pour le Brésil. Seuls les Etats-Unis font pire : +52%. Malgré cette faible hausse, les Japonais conserveront leur première place des revenus par habitant les plus élevés. Pour l'instant.
Rang 2010 : 2e
Revenu par habitant en 2010 : 39 435 $
Revenu par habitant en 2050 : 63 244 $

5e : Allemagne, 3 714 milliards $ de PIB en 2050
Comme la plupart des pays développés, l'Allemagne perdra quelques places au classement des économies les plus riches d'ici 2050 : moins une place précisément pour s'installer au 5e rang. En revanche, les Allemands pourront se consoler avec leurs revenus par habitant. A 25 000 dollars, ils occupent actuellement la 6e place de ce top20. En 2050, ils atteindront la 3e marche, grâce à une progression de 110% (13e plus forte).
Rang 2010 : 4e
Revenu par habitant en 2010 : 25 083 $
Revenu par habitant en 2050 : 52 683 $

6e : Royaume-Uni, 3 576 milliards $ de PIB en 2050
En 2050, le Royaume-Uni aura perdu sur tous les tableaux. Il chutera d'une place au classement des économies les plus riches, en tombant au 6e rang, et il en perdra 3 au classement des pays au plus fort revenu par habitant parmi les 20 nations qui composeront les futures économies les plus riches. Entre 2010 et 2050, ce revenu n'augmentera que de 79%, soit la 4e plus faible progression. Il faut dire que la croissance annuelle moyenne outre-Manche ne dépassera pas les 2% avant la décennie 2040 -2050.
Rang 2010 : 5e
Revenu par habitant en 2010 : 27 646 $
Revenu par habitant en 2050 : 49 412 $

7e : Brésil, 2 960 milliards $ de PIB en 2050
Plus 2 places au classement des économies les plus riches pour le Brésil qui s'installe ainsi en 2050 au 7e rang, selon les experts de la HSBC. Ces derniers anticipent une croissance annuelle solide pour le pays dans les quarante ans à venir : +3,3% en moyenne entre 2010 et 2020, +2,9% entre 2020 et 2030, +2,9% entre 2030 et 2040 et +2,8% entre 2040 et 2050. Le revenu par habitant, lui, grimpera de 188% à 13 500 dollars, pour se placer à la 17e position.
Rang 2010 : 9e
Revenu par habitant en 2010 : 4 711 $
Revenu par habitant en 2050 : 13 547 $

8e : Mexique, 2 810 milliards $ de PIB en 2050
Les quarante années à venir seront profitables pour le Mexique. D'ici 2050, le pays gagnera 5 places au classement des économies les plus riches du mondes et s'installera ainsi au 8e rang. Le revenu moyen par habitant sera lui multiplié par 3,5 pour s'établir à 21 800 dollars. Mais ce montant ne place le Mexique qu'à la 14e nation sur 20 sur ce critère, alors qu'elle occupe actuellement la 12e position (parmi les 20 pays du classement 2050).
Rang 2010 : 13e
Revenu par habitant en 2010 : 6 217 $
Revenu par habitant en 2050 : 21 793 $

9e : France, 2 750 milliards $ de PIB en 2050
C'est peu dire que la France ne brillera pas dans l'avenir, à en croire les experts de la banque HSBC. En quarante ans, l'Hexagone perdra 3 places au classement des économies les plus riches, la 2e plus forte chute de ce top 20 après l'Italie et à égalité avec l'Australie. Et les Français ne verront croître leur revenu par habitant que de 70%, 3e plus faible progression. Résultat, sur les 20 pays concernés, la France sera le 8e pays au revenu annuel par habitant le plus important contre le 7e actuellement.
Rang 2010 : 6e
Revenu par habitant en 2010 : 23 881 $
Revenu par habitant en 2050 : 40 643 $

10e : Canada, 2 287 milliards $ de PIB en 2050
Le Canada est l'unique nation de ce classement des pays les plus riches en 2050 à conserver la place qu'il occupe actuellement : 10e. En revanche, le pays perdra une place au classement des revenus par habitant. Avec une progression de cet indicateur de 95,5%, pour atteindre les 51 500 dollars, le Canada tombe au 5e rang. A noter : la croissance annuelle moyenne du Canada sera comprise entre 2,1% et 2,6% lors des quatre décennies à venir.
Rang 2010 : 10e
Revenu par habitant en 2010 : 26 335 $
Revenu par habitant en 2050 : 51 485 $

11e : Italie, 2 194 milliards $ de PIB en 2050
Triste record pour l'Italie : elle est la nation qui perdra d'ici 2050 le plus de places au classement des pays les plus riches du monde : moins 5 places pour atteindre le 11e rang. Les Italiens souffriront également au passage. Avec une hausse de leur revenu par habitant de 106% en quarante ans, ils perdront une place sur ce critère, pour atterrir au 9e rang des 20 pays concernés et reste ainsi derrière la France.
Rang 2010 : 7e
Revenu par habitant en 2010 : 18 703 $
Revenu par habitant en 2050 : 38 445 $

12e : Turquie, 2 149 milliards $ de PIB en 2050
Entre 2010 et 2050, la Turquie gagnera 6 places au classement des 20 pays les plus riches. Il s'agit de la 3e plus forte progression. Les Turcs, eux, connaîtront la 6e plus forte hausse de leur revenu annuel moyen par habitant parmi ce groupe de pays: +334% à 22 000 dollars, contre 5 000 dollars quarante ans plus tôt. Cela leur permet d'atteindre la 13e place sur 20 sur ce critère contre la 14e en 2010.
Rang 2010 : 18e
Revenu par habitant en 2010 : 5 088 $
Revenu par habitant en 2050 : 22 063 $

13e : Corée du Sud, 2 056 milliards $ de PIB en 2050
La Corée du Sud est avec le Japon le seul pays d'Asie à perdre des places dans ce classement des pays les plus riches du monde en 2050 : moins 2 rangs pour s'établir en 11e position. En revanche, en quarante ans, la vie quotidienne des coréens devrait s'améliorer. Le revenu par habitant grimpera de 183% pour atteindre 46 700 dollars, soit le 7e plus fort montant (contre le 9e aujourd'hui).
Rang 2010 : 11e
Revenu par habitant en 2010 : 16 463 $
Revenu par habitant en 2050 : 46 657 $
 
14e : Espagne, 1 954 milliards $ de PIB en 2050
Avec un PIB estimé par les experts de HSBC à 1 954 milliards de dollars, l'Espagne sera en 2050 le 14e pays le plus riche au monde. En 2010, elle occupait la 12e position de ce même classement. Ce recul ne se retrouve pas du côté du revenu annuel par habitant. La hausse de 143% anticipée par HSBC permettra aux Espagnols de conserver leur 10e position avec un revenu annuel de 38 100 dollars.
Rang 2010 : 12e
Revenu par habitant en 2010 : 15 699 $
Revenu par habitant en 2050 : 38 111 $
 
15e : Russie, 1 878 milliards $ de PIB en 2050
D'ici 2050, la Russie gagnera deux places au classement des pays les plus riches du monde, en atteignant le 15e rang. Les Russes gagneront également une place en passant en 16e position des habitants au revenu annuel moyen le plus élevé. La Russie sera notamment servie par une croissance annuelle moyenne de 4,2% entre 2010 et 2020 puis de 4% jusqu'en 2040. La décennie 2040-2050 verra, elle, une croissance de 3,3%.
Rang 2010 : 17e
Revenu par habitant en 2010 : 2 934 $
Revenu par habitant en 2050 : 16 174 $
 
16e : Indonésie, 1 502 milliards $ de PIB en 2050
En 2050, l'Indonésie pourra se vanter d'avoir gagné 5 places au classement des pays les plus riches du monde et d'entrer ainsi dans le top 20. En revanche, ses habitants n'auront pas énormément de quoi se réjouir : 2e nation au revenu par habitant le plus faible en 2010 de ce top 20, ils conserveront ce rang en 2050. Et ce alors que le montant aura grimpé de 343% à 5 215 dollars. A noter qu'entre 2010 et 2040, la croissance annuelle moyenne de l'Indonésie sera sans cesse au-dessus des 4,3%.
Rang 2010 : 21e
Revenu par habitant en 2010 : 1 178 $
Revenu par habitant en 2050 : 5 215 $
 
17e : Australie, 1 480 milliards $ de PIB en 2050
En s'installant au 17e rang de ce classement des pays les plus riches du monde en 2050, l'Australie réalise l'une des plus belles dégringolades : moins 3 places, soit autant que la France. Seule l'Italie fait pire : moins 4 places. La chute est moindre en revanche au niveau des revenues par habitant : moins 1 place pour atterrir au 5e rang, avec un revenu de 51 500 dollars, en hausse de 96%. 
Rang 2010 : 14e
Revenu par habitant en 2010 : 26 244 $
Revenu par habitant en 2050 : 51 523 $
 
18e : Argentine, 1 477 milliards $ de PIB en 2050
Trois pays d'Amérique du Sud et centrale sont présents dans ce classement des pays les plus riches du monde en 2050 : le Brésil (7e), le Mexique (8e) et donc l'Argentine, au 18e rang, Mais seule cette dernière perd des places au classement : moins 2 précisément quand le Brésil et le Mexique gagnent respectivement 2 et 5 places. Du côté des revenus par habitant, l'Argentine perd un rang en passant au 12e parmi ces 20 pays les plus riches en 2050.
Rang 2010 : 16e
Revenu par habitant en 2010 : 10 517 $
Revenu par habitant en 2050 : 29 001 $
 
19e : Égypte, 1 165 milliards $ de PIB en 2050
Précaution utile : ce classement des pays les plus riches du monde en 2050 a été produit par HSBC avant les événements qui secouent actuellement l'Egypte. Les troubles actuels vont-ils considérablement freiner sa croissance ou au contraire la démocratisation à venir va-t-elle lui donner un coup d'accélérateur ? L'avenir le dira. Quoi qu'il en en soit, HSBC voyait l'Egypte réaliser un bond spectaculaire au classement : +16 places, la 2e plus forte hausse.
Rang 2010 : 35e
Revenu par habitant en 2010 : 3 002 $
Revenu par habitant en 2050 : 8 996 $
 
20e : Malaisie, 1 160 milliards $ de PIB en 2050
La Malaisie est avec l'Égypte le pays qui se distingue avant tout par sa progression dans ce classement des pays les plus riches du monde en 2050 : +17 places. La Malaisie est ainsi l'un des trois pays avec l'Indonésie est l'Egypte à intégrer ce classement. Et ses habitants ne pourront que s'en réjouir : leur revenu annuel moyen grimpera de 460%, la 3e plus forte hausse de ce top 20.
Rang 2010 : 37e
Revenu par habitant en 2010 : 5 224 $
Revenu par habitant en 2050 : 29 247 $
 
Source
Ce classement provient de l'étude "The world in 2050" publiée par HSBC le 4 janvier 2011. On y trouve le classement des 30 pays les plus riches du monde en 2050, dont 19 sont aujourd'hui des économies émergentes. Dans 40 ans, selon HSBC, ces dernières "seront collectivement plus grandes que les économies développées" et la croissance mondiale s'accélérera grâce à eux.

mercredi 5 septembre 2012

LE SILENCE DES PEUPLES AFRICAINS ACCÉLÈRE L'USURE DES DICTATURES

INTELLIGENCE SOCIALE ET INTELLIGENCE CULTURELLE
Les effets secondaires de la mondialisation en Afrique francophone : L’USURE DES DICTATURES et DES DÉMOCRATIES IMPORTÉES
 
Le communisme de mouvement

Au-delà des frontières, par-delà les doléances spécifiques de chaque jeunesse, de chaque peuple d’Afrique francophone, dans chaque pays : un même cri - LE PAYS VA MAL
 
CE PAYS QUI VA MAL veut simplement dire que ces « sans voix » veulent trouver une voix, une voie, un espace. Ces peuples d’en bas réclament une vision à l’élite politique devenue aphone, illisible et sans stratégie du futur. Ils réclament un avenir pour leurs enfants. Ces « sans espoirs » exigent un changement c’est à dire un espoir, une vie meilleure, des solutions aux sept faims des peuples d’Afrique francophone. De Dakar à Libreville, il y a maintenant dans les campagnes, dans les villes, les universités, les armées, les entreprises, au sein même du pouvoir, dans l’opposition, dans le peuple, un fait social que j’ai nommé : LE SILENCE.
 
En écho ou en réponse AU PAYS QUI VA MAL, il y a un SILENCE. Observez chers internautes, tendez l’oreille, y a-t-il un bruit, une clameur, une révolte, un sit-in, un mouvement de protestation, des bruits de bottes, un vent de liberté, non, rien, mais rien du tout… Il y a eu un printemps arabe, il y a en Afrique francophone, depuis 20 ans, la saison du silence. 
      
UN SILENCE lourd, indescriptible, grandissant et rampant avance, en passant le message à tous les peuples de la zone franc: LE PAYS VA MAL. Près de 70% de pauvres dans la zone franc, aucune université de classe mondiale ou simplement sous-régionale, aucune banque ne rivalise avec les banques nigérianes, sud-africaines ou marocaines, 6 des 20 pays les plus pauvres de la planète sont de langue française, aucun pôle de compétences, aucune dynamique industrielle malgré le pétrole… Mais cette zone détient le triste record au monde, du taux de mort violente le plus élevé au monde de chefs d’État tués en plein exercice du pouvoir…continuer la liste est cruel. 
LE PAYS VA DONC MAL. Au cœur même de ces dictatures, de ces régimes démocratiques, les pauvretés ont essaimé : le communisme de mouvement. 
 
Pour un peuple dont le pays va mal, le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Le peuple appelle communisme de mouvement, le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement. « L'Idéologie allemande, Karl Marx et Friedrich  Engels », éd. La Pléiade, Œuvres, 1845, t. 3, p. 1067. Cet espace public d’expression, par lequel ce blog me permet de vous proposer cinq idées majeures (la première a été sur le rôle de la QUESTION), qui constituent les leçons du communisme de mouvement. Bien entendu vos enrichissements sont souhaités, recommandés et attendus. Il ne s’agit pour moi en l’occurrence, que d’exposer les grandes lignes, les développements interviendront au cours de nos conversations stratégiques.

1- De l’obéissance passive des peuples avec la dictature à l’obéissance active des jeunes africains 
 
La mondialisation et surtout la « diplomatie de connivence » au niveau mondial a ses effets induits depuis 2010 en Afrique francophone. L’effet le moins visible, mais le plus structurant de la mondialisation sur le plan politique est l’usure des dictatures et de la démocratie conditionnée . En 2012, il n’est plus bon ton d’être un homme fort, un tortionnaire, un despote. Nous sommes dans un village planétaire où la maîtrise de l’image et de sa communication politique du fait de l’information sans frontière deviennent un enjeu stratégique. Tuer des masses n’est plus sans conséquences. Affamer son peuple, disposer de biens mal acquis, ne pas être à la hauteur des circonstances, ne participe plus, en 2012, à la bonne image d’un  homme fort. Cela calme les ardeurs des acteurs politiques pour qui ôter la vie de l’autre n’est qu’un jeu d’enfant. La violence brute pour réprimer toutes expressions populaires n’est plus le bon réflexe à avoir devant la face du monde. Ce qui nécessite de changer de logiciel dans la brutalité et de développer dans un délai court un « logiciel moins sanguinolent » et surtout une lourde capacité d’élever son intelligence politique et de valoriser de nouvelles valeurs humaines. 
 
Or un système sans réelle contradiction, c’est-à-dire un « système fort », malgré ses apparences, reste fragile. En effet, vus du peuple les « démocraties à l’africaine » ou les « régimes forts » apparaissent souvent invulnérables. Les services de renseignements, la police, les forces militaires, les prisons, les milices et les escadrons de la mort sont sous le contrôle d’un petit nombre de personnes puissantes. Les finances d’un pays, ses ressources naturelles et ses capacités de production sont souvent arbitrairement pillées par l’homme fort du régime qui s’en sert pour satisfaire sa volonté. En comparaison, les forces démocratiques d’opposition apparaissent souvent extrêmement faibles en plus de leur manque de conviction, de culture et stratégie politique, inefficaces et impuissantes. Ce sentiment d’impuissance face à l’invulnérabilité du système, vu du peuple, rend improbable l’émergence d’une opposition efficace. Les faibles d’esprit (les fameux opposants) se complaisent dans « une opposition par le ventre ». Mais les apparences d’un régime fort ne suffisent plus, il suffit de changer de lunettes de lecture (Tunisie et Égypte par exemple) et d’élever enfin la réflexion-action en allant plus loin…
 
Pourquoi aller plus loin ?
 

Parce qu'en réalité les régimes forts sont en fait des « régimes gruyère » c’est-à-dire truffés de faiblesses, les plus récurrentes sont les suivantes: 
  1. L’analyse de ces systèmes politiques a prouvé que tout système qui dépasse 10 ans de gestion du pouvoir, s’installe dans la routine et perd sa capacité à s’adapter rapidement à de nouvelles situations. 
  2. Le personnel et les ressources qui sont affectés à des tâches existantes peuvent avoir du mal à se rendre disponibles pour de nouveaux besoins. 
  3. Le béni oui-ouisme a pour conséquence la mauvaise circulation de l’information, la diffusion-rétention de l'information. Par crainte de déplaire à leurs supérieurs, des subordonnés peuvent ne pas rapporter les informations précises ou complètes dont les « hommes forts » ont besoin pour prendre des décisions. 
  4. 10 ans, 20 ans, 30 ans après les exigences et les effets des politiques antérieures du régime peuvent limiter quelque peu sa capacité à s’engager de nouveau dans des politiques conflictuelles. D’où les pratiques comme le clientélisme, le népotisme, le trafic d’influence, etc…
  5. L’idéologie ou disons la base justifiant ce régime s’érode toujours avec le temps, les mythes et symboles du système deviennent ainsi  instables. 
  6. La détérioration de l’efficacité, la non valorisation des compétences et la lourdeur de la bureaucratie, ou des contrôles et règlements excessifs, peuvent rendre inefficaces les politiques et les opérations du système. 
  7. Sans oublier l’impact des conflits institutionnels internes, des rivalités ou hostilités personnelles pouvant nuire au fonctionnement du régime fort ou même la déstructurer.  
  8. Le peuple déçu et mécontent en général est devenu, au fil du temps, indifférent, sceptique, ou même hostile à l’égard du régime. Ce mécontentement est souvent exacerbé par les différences que la gestion du pouvoir étalent au grand jour deviennent des sources de rejet. Ces différences sont de classes, tribales, et générationnelles ou du fait de la région d’origine.
  9. 10 ans, 20 ans ou 30 ans de gestion de pouvoir, il y a des milliers de décisions prises par si peu de personnes dans la gestion de la cité sans contre-pouvoirs, sans contrôle véritable et démocratique, cela expose aux erreurs de jugements, de politiques et d’actions.
  10. Pour éviter ces dangers, le régime fort décentralise les contrôles et les pouvoirs de décision, car il ne peut faire autrement, il perd ainsi lentement de sa maîtrise sur les leviers centraux du pouvoir au bout de 10 ans, 20 ans ou 30 ans.  
La seule faiblesse du peuple est le manque d’information, d’où le rôle central de la gestion de l’information dans le silence. Si le peuple pouvait aller plus loin pour mieux voir et comprendre au-delà des apparences (force militaire, l’unité de façade, les promesses…) en disposant d’une bonne information de la réalité du pouvoir, il chercherait à exacerber ces « talons d’Achille » afin de changer radicalement le système ou de le désintégrer. N’oubliez pas que pour le peuple dont le pays va mal, le communisme de mouvement n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, ni un idéal auquel la réalité devra se conformer. Le communisme de mouvement signifie pour eux, le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. La désobéissance civile quant à elle, pour les fanatiques de la comparaison, ne prône pas le renversement du système, mais sa « correction ». La guerre civile n’a jamais apporté le changement du système souhaité par le peuple, juste un remplacement des cupides par d’autres hyper-voraces.
 
Les masses qui portent les vrais basculements politiques sont toujours jeunes. Quand un pays atteint un taux d’alphabétisation élevé, quand une société commence à pratiquer le contrôle de naissance, quand la permanence des faims, développe dans le peuple une bonne dose d’initiative privée, il y a un moment où les mécanismes d’autorités s’effondrent. Les fils savent lire, contrairement à leurs pères, les rapports entre hommes et femmes se modifient. Les jeunes sont donc porteurs de toutes les modifications culturelles liées au mécanisme de transition démographique et politique. Le silence organisé et structuré doit porter cette information de la réalité du pouvoir aux jeunes, à travers la « technique du parasite ». La jeunesse a été un élément moteur dans le départ des présidents Sénégalais d’Abdoulaye WADE, et Tunisien, Ben ALI…
 
La jeunesse africaine francophone est arrivée à un constat : les systèmes politiques (dictature, démocratie) ont failli lourdement et sont créateurs d’injustices, d’instabilités et de vulnérabilités. Il y a certes une demande démocratique de la jeunesse qui réclame des réponses urgentes aux thématiques sociales, un avenir clair et bien fléché. Mais est elle bien consciente que la démocratie importée ou conditionnée, confrontée à la réalité de l’exercice du pouvoir en Afrique francophone, a montré très tôt ses limites.
 
Face à ces limites, dans un pays qui va mal, au manque d’espace d’expression, à l’absence de voix, d’expression et de vitalité les peuples d’Afrique dans le SILENCE de leur réflexion, de leur patience, de leur faim se posent actuellement quatre questions :
  1. Le silence peut-il être un moyen pertinent pour changer la donne dans les démocraties de façade ?
  2. Y a-t-il des formes de résistances possibles et nécessaires dans une démocratie de façade ?
  3. Pourquoi les élites au pouvoir ont-elles peur de la démocratie lorsque celle-ci exige de respecter pleinement le choix de chaque citoyen ? 
  4. Peut-on penser le désordre comme vecteur d’une réelle démocratie endogène ? 
Premier étage du communisme de mouvement 

La méthode : LE SILENCE 

M01: Le silence « Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. » d’Euripide
 
Le silence constaté par tous les africains face aux « régimes dits démocratiques » est la plus grande révélation des "sans voix" en cette période de marchandisation croissante de TOUT en politique. Plus rien ne compte dans ces démocraties importées, si ce n’est que l’argent, le paraître et le béni-oui-ouisme. L’argent facile (rente, prostitution politique, intrique, montage financier bidon, corruption généralisée etc. Continuer la liste est cruelle… !). Vous l’avez compris, nous sommes dans l'univers du moindre effort dans lequel, le sens des valeurs a été inversé, la culture de l’immédiateté, la culture du pesa ga (donne-moi), la culture de la main tendue, la culture de la facilité (sexe, argent et pouvoir) a vite eu raison du sens du service public, du sens de la parole donnée, du sens de l’effort, de la loyauté, du courage politique, du respect de ses convictions, du patriotisme économique, de la fraternité, de l’amour de soi. Ce qui est choquant c'est de constater que même l'amour de son propre pays  a disparu de l’intelligence politique de l'élite. Saviez-vous qu’il n’y a plus d’adversaire politique en « démocratie à l’Africaine », il n’y a que des ennemis parce que vous commettez l'impensable, à savoir : penser autrement. Or en Afrique francophone dans le silence de son courage, un ennemi, on le tue, pardon…disons on le neutralise. Le respect de l’autre peine à s’ériger en valeur, ainsi que la vie de l’autre et du respect de  ses opinions. 

Les raisons du silence du peuple
Choqué, vilipendé, moqué, trahi, méprisé, tenu à distance par cette élite qui se croit tout permis, le peuple s’est muré dans le SILENCE. Car habile est le peuple qui garde le silence, ce silence nous le savons angoisse sérieusement l’homme politique. Face au silence, le politique se pose depuis le début des années 90, la question suivante: « On étouffe les clameurs, mais comment se venger du silence ? » Alfred de Vigny. 
 
Pourquoi ?
 
Parce que, malgré leur force apparente, tous les régimes forts ont des faiblesses, des inefficacités internes, des rivalités personnelles, ethniques, des inefficacités institutionnelles et des conflits entre organisations et services. À la longue (10 ans, 20 ans, 30 ans au pouvoir), ces faiblesses tendent à rendre le régime moins efficace, moins réactif et plus vulnérable aux changements ou à une résistance délibérée. Ces régimes forts ne réussissent plus à accomplir tout ce qu’ils veulent. Ceci ne signifie pas que le communisme de mouvement va se réaliser sans risques et sans victimes humaines. Tous les types d’entreprises libératrices entraînent des risques.

Les nouvelles batailles à mener vont être gagnées faute d’armes et de moyens par le SILENCE. Gandhi[1]  a utilisé la non-violence comme moyen de vaincre la violence du colon britannique, il est TEMPS de faire du silence organisé et structuré, une arme de changement dans le communisme de mouvement. La défiance politique est la tactique souvent utilisée par les oppositions actuelles avec des effets très limités et sans capacités de mobilisation et de dynamisme déstructurant. 
 
Pour la simple raison que les oppositions africaines n’ont jamais trouvé la bonne réponse à la QUESTION : 
  • peut-on mobiliser, conscientiser un peuple, discipliner une opposition qui a sept fois FAIM ? 
Peut-on mobiliser une classe politique dont la corruption, comme un cancer a métastasé tous les leviers de l’action politique (réflexion, mobilisation,  convictions, l’idéologie, financement, etc…). 
La situation des oppositions actuelles m’incite à dire: NON.

Mais quoi de neuf avec le silence en 2012 ?
 
Le silence organisé et structuré est une tactique souterraine née de la mauvaise gestion des thématiques sociales des peuples, d’un désir profond et de liberté.  Car le communisme de mouvement se veut être une organisation horizontale, non hiérarchique, a-partisane, sans programme, et sans dirigeant. Certes en apparence pas efficace pour faire avancer les exigences du peuple…mais elle est la première fissure dans la violence que lui oppose les « régimes dits forts » depuis des années. Elle permet de gagner la première de toutes les batailles, celle de l’image, de l’unité (élément essentiel dans un mouvement populaire) en disposant ainsi d’une solide fondation : la motivation populaire. 
 
Nous sommes dans une société de l’image et l’information sans frontière permet de voir et d’attirer l’attention, les effets du silence peuvent être spectaculaire et paralysant. La pertinence de cette démarche est donc à raffiner comme un produit pétrolier, c’est-à-dire de manière complexe pour une plus grande et large consommation. 

Comment faire du silence une nouvelle capacité de contester un régime en crise d’usure ? 
 
Actuellement, l’organisation verticale des modes d’expression politique, cantonne la parole pour le plus grand nombre qu’au moment des votes. Ce mode d’expression a fait long feu et le principe démocratique d’un gagnant et d'un perdant en Afrique est dès le départ inapproprié, clivant et source de tensions lourdes et récurrentes. Il faut non plus s’approprier de la démocratie qui est en fait la source de tous les maux politiques actuellement, mais inventer un nouveau mode d’expression (euh oui..., nous devons être capable d’inventer et c’est plus que possible aujourd'hui. La Chine n'est ni démocratique, ni communiste, elle a trouvé sa voie autour de 8 idées fortes.) qui ne divise plus, ni ne sépare, ne prépare pas à la guerre, mais de manière collégiale et tournante, assure à tous sur la base d’un système complexe à parfaire, au cours des expériences, l’accès de tous à la gestion de la cité. Nous allons aborder la question le moment venu. 
 
La démocratie importée avec sa mascarade d’élections ne doit plus jamais être retenue comme mode d’expression de la voix du peuple, elle ne suffit plus à rendre compte des aspirations du pays réel, du peuple. Le silence dans le communisme de mouvement est donc le refus de la hiérarchie, de la délégation des pouvoirs et de la démocratie représentative. Le silence qui, à ce jour, ne s’exprime qu’en désordre par le refus d’aller voter, par l’abstention, doit être mûri, réfléchi, construit par une nouvelle idéologie comme réponse culturelle endogène et technique  autour des valeurs correctives nées de nos échecs, de nos retards, de nos mauvais débuts et faux départs. La démocratie ou la dictature n’étant plus à même d’assurer des conditions de vie minimales pour tous, de compenser l’injustice, pourquoi accepterait-on ces organisations verticales ?
 
Le silence oblitère tout dans un pays. Le silence coupe tout émetteur d’un récepteur. Sans récepteur toute communication politique est rompue et le marketing politique inopérant. Hors qui peut gouverner longtemps loin du temps ? Or le temps est une donnée politique centrale. C’est là sa force. S’il est pour certains un aveu conscient des peuples de ses incapacités du moment, il traduit surtout pour tout observateur averti, un désaveu populaire.  En l'espèce, il est une période propice aux rencontres sans but, ni intérêt, aux constats, aux diagnostics, à l'expérimentation de l'appareil de solutions, une préparation à l’insurrection des consciences. En d’autres termes une période favorable à la préparation d’un mouvement populaire. Que les seuls excès des élites, soulèveront comme une vague déferlante sur leurs incapacités, excès, violences, pauvretés essaimées grâce à leur démocratie importée. 
 
Le silence est l’âme des peuples trahis, le signe d’un peuple qui souffre des incapacités de ses élites. Mais il ne demeure pas moins, le remède à tous les maux causés par les élites au pouvoir de plus en plus irresponsable et irrespectueuse de l’âme du peuple. C’est ainsi que la vérité future sera faite du silence des morts de demain. Le silence relevé face aux élections, aux constitutions déglinguées, aux sept faims d’Afrique francophone  est certes une complicité imposée, un aveu d’impuissance et d’incapacité, mais il doit être plus perçu en cette période, comme le dernier refuge de la vraie liberté du peuple, la liberté de penser, d’imaginer, de préparer, de se préparer au sacrifice suprême pour sa libération…
 
Le silence signifie que le peuple n’a pas d’espace d’expression, pas de place dans la société de débauche, de luxure, de facilité, et d’antivaleurs que la culture du béni oui ouisme (de Dakar, Lomé, Niamey, Bamako, Conakry à Libreville…) veut imposer au vrai peuple qui se lève tôt, qui travaille dur pour élever leur enfants, dans la dignité et la fierté de leur identité. D’où l’idée d’occuper le seul espace disponible devenu l’espace public et sécurisé par excellence : le silence du peuple. 
 
Le silence devient ainsi un lieu de rassemblement, de reconnaissance, un lieu d’échange de codes et de tradition. Un lieu source de mémoire, une école de la patience et un cadre d’organisation. Cette stratégie à la fois involontaire, inconsciente et consciente est essentielle. Elle est le premier étage du communisme de mouvement qui au fil des répressions, des injustices, des inégalités et des intimidations va développer: LA PUISSANCE ÉMOTIONNELLE constituant ainsi le socle des « overdoses révoltantes ». 
 
Il  exprime l’intérêt général des sans voix, traduit l’idée simple que le citoyen n’a plus son mot à dire sur des choix politiques qui concerne sa propre vie et sont devenus l’apanage des politiques mal préparés à la gestion de la cité et des experts étrangers sans compétence interculturelle ni maitrise des liens organiques des sociétés cibles de leur expertise. 

Le silence face à la violence d’État
 
À ce jour la violence est du côté de l’État, car à chaque manifestation de rue, le peuple compte dans le silence de sa patience, ses morts (mort de faim, des violences policières, armées, de rêves inassouvis...). Depuis l’imposition de la démocratie en Afrique francophone, l’élite est rentrée en guerre ouverte contre le peuple.  Cette réponse répressive face aux sept faims des peuples d’Afrique est la marque d’une élite qui a peur, qui se protège des « gueux » qu’elle a elle-même engendrée.  Une guerre pour maintenir l’obéissance passive du peuple (le peuple DOIT avoir peur de l’homme fort), alors que les effets secondaires de la mondialisation (nouveaux rapports marchands, information sans frontières, évolution des mentalités, partage des connaissances, mutualisation des communications…) imposent à l'élite l'organisation vers l’obéissance active (qu’est-ce que je gagne dans ce que tu promets, quel est mon intérêt dans ton élection ? répond le peuple en écho). 
 
Ce silence a permis tout de même de dévoiler la violence cachée et souvent instrumentalisée de la démocratie importée dans les États d’Afrique francophone. Nous constatons que la démocratie importée et la dictature, n’aiment pas le silence du peuple, il l’achète à présent à coups de millions lors des campagnes présidentielles. 
Mais est-ce suffisant ? 
Le silence du peuple coûte trop cher pour le muer en soutien populaire ?
 
Le silence souvent critiqué des peuples africains ou même bêtement qualifié de résignation, est en fait un acte politique individuel inhérent à la rupture du lien entre l’élite et le peuple. Il traduit l’ « état de santé » entre le peuple et l’homme fort au pouvoir. Le silence dans les campagnes, les banlieues des grandes villes, dans les régions oubliées par le « régime fort » est l'expression d'une prise de distance du peuple envers celui qui a trahi toutes les raisons de son arrivée au pouvoir. C’est aussi une manière subtile et moins douloureuse de faire savoir qu’il y a  une dissonance (ne plus se reconnaître dans la parole portée par ses dirigeants sans pouvoir faire entendre sa voix discordante, ne plus consentir à certaines actions conduites par l'ordre social auquel on appartient plus). 
 
Cet acte politique marque le fait que la délégation de pouvoir, le consentement qu'on octroie à des représentants sont révocables. Car, les principes, les valeurs, les « impératifs moraux » supérieurs auxquels on tient (liberté, travail, égalité, justice, dignité humaine, respect de l’autre...) sont bafoués. C'est donc une forme exigeante de la vision endogène du partage du pouvoir (voire radicale, sans compromission) que prônent le silence des peuples d’Afrique francophone. 
 
Quand  les thématiques sociales sont en jeu, lorsqu'on assiste à un déferlement des antivaleurs dans une société, le peuple se réserve le droit de « retrait de la société des vainqueurs d’élections» en appliquant au pouvoir jouissif: le silence comme réponse aux campagnes et discours démagogiques.
 
Dans cette perspective, le silence apparaît comme l'ultime moyen (non institutionnel) de résistance pour gérer une dissonance entre ce à quoi, le peuple croit profondément et ce qui est politiquement mis en pratique dans la société, alors même qu’il est exclu de la « conversation » qui lui aurait permis d'exprimer son désaccord, de faire valoir son point de vue, son « dissentiment ». 
Dans le communisme de mouvement, il n'y a pas de pouvoir et d'opposition, car il y a bien longtemps que le peuple a compris que l’opposition n’est pas le peuple, non plus la voix du peuple.  Elle est un « conglomérat d’anarcho-profito-situationniste » qui comme un groupe de charognards s’acharne sur les miettes laissées par le pouvoir. Un conglomérat d’opportunistes sans crédibilité, ni épaisseur politique, sans conviction, ni intelligence politique pour faire face à la gestion des  complexité née des rapports et enjeux du moment ainsi que de la lourdeur des efforts à consentir. 
 
Le silence du peuple est donc le recours, interne dans une « société démocratico-violente », de ceux qui se sentent dépossédés d'une voix dans leur histoire. Le silence des peuples est en quelque sorte le moyen d'expression ultime des « inaudibles », de celles et ceux qui sont exclus des « conversations stratégiques de la Nation », qui ne sont pas reconnus socialement, ni invités aux réjouissances nationales. Au final, parce qu'il met en exergue les dérives de la démocratie importée, qu'il dénonce la « trahison » des élites du « régime fort, le silence serait le fondement même du communisme de mouvement en Afrique francophone. Il serait au fil des perfections et des apprentissages en quelque sorte sa « bonne conscience », son expression éthique.
 
 Le mode de croissance du silence est particulier en ce sens qu’il se nourrit à la fois des erreurs, injustices, et meurtres des élites et des rancœurs, des sept faims  du peuple. Il n’a besoin d’aucun budget, ni de personnel, ni de membres, il est diffus et tapis au fond des peuples qui souffrent et attendent l’élément déclencheur. Il n’est mobilisable par aucun opportuniste politique, il a son autonomie propre et à sa propre vie comme dans un système social. Le communisme de mouvement va donc être sa forme raffiné et exploitable…


Patrice PASSY 
Directeur général de M.I.Q Conseil                  
Conseil en Intelligence Economique et Communication d’influence
Ancien conseiller de Premier Ministre
patrice.passy@hotmail.fr 



 
La semaine prochaine
 
Comment transformer une crise majeure, en opportunité politique en Afrique francophone ?
 
[1] « Alors qu'une bonne action doit appeler l'approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l'acte, qu'il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c'est là un précepte que l'on applique rarement, s'il est aisé à comprendre ; et c'est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L'ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n'est pas de jour où je ne m'aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l'ahimsâ. S'opposer à un système, l'attaquer, c'est bien ; mais s'opposer à son auteur, et l'attaquer, cela revient à s'opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recélons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c'est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. »
— Mahatma Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité59.


lundi 27 août 2012

COMMENTAIRES DES LECTEURS : Intelligence des crises et crise des intelligences en Afrique francophone


 
Pour l'appuyer, si je regarde l'Afrique noire francophone des points relevés autour de cette  gestion de la Question, en tant que Consultante et spécialiste de l'accompagnement, je me positionne favorablement sur l'intérêt d'accorder une place pointue et prépondérante à la réflexion, et donc aux questions à se poser et à poser.
 
1. AVONS-NOUS LES MOYENS DE LA RÉFLEXION ? (question d'un commentaire de TLC)
 
Hommes et Femmes ne sommes pas idiots. Nous avons la capacité de réfléchir, de rechercher des lieux et endroits adéquats pour réfléchir, de prendre le temps de réfléchir, de vouloir réfléchir par exemple à l'information qui nous manque et sur celle que l'on reçoit, sur comment faire pour l'obtenir, sur comment approfondir un sujet,  sur comment gérer telle difficulté, sur les feed-back que l'on nous donne. Nous avons mille et une bonnes raisons de réfléchir. Se remettre en question, c'est réfléchir.  
 
On réfléchit : cela veut dire qu'on pense activement, qu'on examine une situation, un problème sous différents angles grâce aux évènements et questions auxquels nous sommes confrontés. Si nous nous empêchons de réfléchir : 
  • quel sens cela t'il pour nous  ?  
  • Quels bénéfices en retirons-nous ?  
Ces questions méritent qu'on s'y attardent car derrière chacune de nos actions :
  • ne pas réfléchir est une action (tout comme dormir)- se cachent des bénéfices voilés.
Dans la non-gestion de la Question posée dans ce billet, donnons-nous les moyens de réfléchir, tel un miroir qui réfléchit notre image et l'image de nos leaders.
 
Aussi me vient la question : quels sont nos moyens ?
A laquelle je répondrais … D'abord Nous-même : du  droit, de l'exigence et la volonté de s'accorder un moment et un espace de réflexion; de les rechercher et de les prendre.
Pourquoi nous ? Parce que nous sommes les principaux acteurs du changement. C'est l'Homme qui amène et conditionne le changement.

2. Posons un regard sur la Question 

Q pour signifier qu'elle est multiple, qu'il y a plusieurs types de questions et qu'elles ne revêtent pas le même habit quant à leur utilisation (manoeuvre) ni le même déshabillage quant à leur portée (but).
Toutes les questions sont stratégiques. 
 
- La stratégie de la Question
La stratégie étant l'art de planifier, de diriger et de coordonner des actions pour atteindre un objectif. L'objectif étant une étape pour arriver à un but, on peut dire qu'un des objectifs de la question -mais en fait cet objectif un but- est d'avoir une réponse.
… Pourquoi ?
Regardons cela de plus près : la raison d'être de la Question, càd la raison pour laquelle elle naît, vit et surgit, provient du fait que nous sommes en interaction constante avec une ou des personnes et un ou des environnements.  Tenant compte de ces éléments, la Question n'est pas neutre et ne peut être neutre. Et lorsque nous la posons elle à une intention : le but qu'elle cherche à atteindre.
Des facteurs (internes, ex : nos états d'âme et de pensées) et externes (l'environnement) l'influencent. C'est ainsi que lorsque nous posons une question, soit inconsciemment ou consciemment (Les transactions et les règles de la communication, cfr. Eric Berne) nous tentons de coordonner sa trajectoire de 4 objectifs principaux et fondamentaux  :
  • le 1er :  d'être entendu 
  • le 2ème :  d'être compris
  • Qui amène le 3ème : la satisfaction de notre besoin de sécurité et de reconnaisssance 
  • Et un 4ème : l'auto-satisfaction/la réalisation 
  • (cfr. La théorie des besoins Maslow et Herberg)

Un exemple :  Avez-vous soif ?
Techniquement on dira que c'est une question fermée, c'est la plus simple car elle amenée à avoir une réponse courte et précise :  oui ou non.  

Aussi je dirais également que tout comme la Question
La réponse est stratégique.

Ainsi me vient une question : à quoi sert la stratégie ? (qui plus est est un nom féminin, hé, hé, hé !)
- A mettre en place une politique d'actions, attaque et défense, pour atteindre un objectif… 

Revenons au billet,

Les leaders qui connaîtront le succès seront ceux qui considèrent que les peuples  constituent des réseaux vivants de conversations et de recherche collective d’une signification permettant de créer de nouvelles connaissances et d’ouvrir la porte d’un avenir en construction.

N'est-ce pas un bel objectif ? Je le soutiens.

Duquel j'en vois précisément 2 à clarifier  :
1. Une signification : que veut dire, que sous-tend ce terme ?  
2. Quel avenir voulons-nous, dans quel but et sous quelles formes ?

Si je regarde le leadership de nos Leaders et par eux notre propre leadership
 
Nous avons sous notre contrôle - si nous voulons bien la regarder et la prendre en charge- une capacité d'influence qui nous est propre à la fois consciente et inconsciente, elle est appelée communément séduction, d'autres diront charisme. Nous avons également des zones d'influence (professionnelles, relationnelles, amicales et autre, ex. La Diaspora noire africaine) d'où découle un pouvoir d'influence que l'on exerce à petite, moyenne ou grande échelle. Nous avons tous également à notre portée la capacité d'oser, de nous affirmer, de nous confronter, de nous donner des permissions, de nous donner des moyens pour mettre en oeuvre des actions … N'appelle t'on pas cela aujourd'hui dans le monde des affaires, de l'entreprise et politique  … avoir du Leadership ? 
 
En Afrique noire comme ailleurs Il est difficile de bousculer nos "zones de confort" que sont nos "schémas et carte mentales".(cfr. PNL), en fait notre culture.
 
Si nous devons, avons, voulons modifier quelque chose en nos chers pays noirs africains, n'est-il pas opportun de nous donner les moyens de réfléchir au Leadership  de notre propre culture ? 
A ce propos  j'ouvre ici une petite parenthèse, tel un clin d'oeil 
Regardons-nous. Comment sommes-nous  habillés ?  … comme le Père blanc. Nous avons une voiture comme le …. Père blanc. Nous étudions et allons aux écoles de ?  … Père blanc. Nos diplômes recherchés sont ceux de ? … Père blanc.  Ils sont soulignés ou en mis gras  (oui, oui j'en ai vu !) dans nos Curriculum Vitae car signés de ? … Père blanc. Notre habitât est comme celui de ? …. Père blanc. Notre religion chrétienne tant glorifiée vient de ? … Père blanc. Nos Gsm, smartphones, télévisions, lectures viennent de ?.… Père blanc !! etc, etc …
                                                                               
OU EST PERE NOIR ?
J'ouvre encore la parenthèse : pourquoi regardons-nous notre couleur à l'apprécier, la juger belle ou pas selon qu'elle est claire ou sombre ?
Pourquoi la femme noire éclaircit t'elle sa peau ?  Pourquoi aujourd'hui encore avons-nous à parler à qui veut bien l'entendre de notre couleur ?  Elle ne se voit pas ?
 Autrement dit : Comment gérons-nous notre complexe d'être noirs ?
 
Qu'est-ce qu'un complexe ?

Un sentiment d'infériorité qui génère une conduite inhibée (Cfr.Larousse). D'un point de vue psychologique le complexe se traduit par une focalisation sur un défaut réel ou imaginaire, physique ou psychologique. La personne complexée entretient une image déformée d'elle. Tiens, tiens …
 
Nous noirs africains francophones, que nous soyons afro-européens ou métis-africain ou africain tout court dans notre pays, nos réponses d'aujourd'hui sur le complexe de notre couleur
sont : évasives ou souriantes ou détournées comme nous savons si bien le faire, ramenées en explications de notre passé -ce passé que nous connaissons par coeur- d'esclaves et du colonialisme, ce passé auquel nous sommes accrochés, avec lequel nou élevons nos enfants, duquel nous nous étalons en gémissements et victimisation ou que nous brandissons de leurs figures héroïques du XXè et XIXè siècle (Mandela, Obama), sans omettre ceux nombreux des domaines sportif et artistique.
La gestion de notre complexe :
Je vais citer 3 façons dont nous la mettons en oeuvre, 

  1. à être honteux d'avoir le complexe de notre couleur. La honte est un sentiment de fragilité et de reconnaissance de nos fautes qui lorsqu'elle se porte à notre couleur devient un renvoi négatif de notre amour-propre. Autrement dit nous ne sommes pas fier du peu d'amour-propre d'être qui nous sommes càd noir (e).
  2. dans le déni de ce complexe. "On est tous pareil, Nous Frères de couleur nous sommes frères et soeurs".  Ah oui ? Alors pourquoi dans nos cercles de connaissances, relationnels, amicaux ou de famille j'entends encore des termes tels que  : " ouh là là qu'est ce qu'il (elle) est noir (e) ! d'ou vient-il (elle)" ? (quand on ose l'exprimer ! car combien de fois n'est-ce pas tu mais pensé … - dixit être honteux d'avoir le complexe de notre couleur)

  3. Dans le besoin de s'affirmer par les études et le diplôme.  Vous me direz oui tout le monde aujourd'hui, partout dans le monde devons avoir fait ou faire des études et décrocher des diplômes pour le travail, avoir la possibilité d'avoir un travail, etc, OK . Mais nous noirs africain, derrière se qui est scandé par nécessité de sécurité, recherchons avant tout la RECONNAISSANCE de LA VALEUR D'ETRE NOIR(E) - qui cache une peur "surtout qu'on ne nous regarde plus comme des sauvages". Et j'ajouterais "ni encore moins qu'on le pense".
Nous pouvons continuer la liste tout doucement ou la boucler par exemple par le port du costume et cravate (attribut il faut bien le dire bien blanc) dans lequel derrière se cache ce besoin impérieux, cette nécessité de PARAITRE SERIEUX et respectable pour pouvoir être pris au sérieux de ce que l'on a à dire … 
 
Je ferme ici la parenthèse.
 
Le leadership ou l'art de fédérer et de mobiliser les énergies autour d'une action collective.

Si nos chefs d'Etats ne savent pas "structurer des questions stratégiques qui ouvrent la porte à une réflexion sur les possibilités  plutôt que sur la résolution de   problèmes" …  :  … "Combien d’entre eux n’ont pas peur de ne pas savoir quelque chose et savent adopter une attitude constructive pour aider les autres à faire valoir leurs connaissances collectives ?"

J'apprécie ce doigt pointé sur la non gestion d'une réflexion constructive…

Les composantes du leaderhip sont en entreprise : la communication, la responsabilité, la compétence, l'alignement et la mesure. Je ne vais pas les développer ici. Mais Leadership et créativité sont intimement liés  (cfr.  Robert Sternberg). D'une part, la créativité est une forme de leadership et, d'autre part, une des composantes essentielles du leadership est la créativité. Dans cette hypothèse : le leadership est une gestion créative. Aussi la réflexion et ses questions sont le socle de cette créativité.

Le leadership de nos chefs d'Etat noirs africains pose le cadre de mon regard de femme noire sur notre propre leadership à celui du leadership de nos pays d'Afrique noire d'AUJOURD'HUI à celui de DEMAIN . 

Consultante People & Self Management
Executive Coach
Formatrice