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jeudi 5 janvier 2017

L'INJUSTICE NORMALISÉE ET SES RISQUES EN AFRIQUE


Il y a deux choses que se partagent largement les peuples africains : la pauvreté et l’injustice. Si la pauvreté fait l’objet de nombreux programmes nationaux et internationaux tous aussi pauvres en efficacité qu'en justice, l’injustice est devenue un souci grandissant porté dans les sociétés africaines par ses populations. L’opinion y est sensible, le citoyen scandalisé, les politiques à la fois attentifs et amnésiques, les sociétés civiles aphone et atone. Les médias inféodés jouent leur rôle de griot du pouvoir avec moins de conviction, tandis que les philosophes conseillers des hommes politiques ne s’inquiètent plus du tout des fondements… on peut parler, sans verser dans l’excès, d’un vif sentiment d’injuste des peuples, des jeunes, des classes moyennes et surtout des sans voix. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, sans oublier le Centre, on ne saurait évidemment déplorer un chapelet d’actes, d’activités et d’actions et une ambiance si bien disposée qui cultivent l’injustice. En semant volontairement à travers le temps l’injustice, il est clair que les bourgeons du vif sentiment d’injustice sont apparus depuis la fin des années 90.  Il est évident que ce vif sentiment d’injustice n’est pas sans effets secondaires.

L’injustice normalisée est de plus en plus ressentie comme une véritable future déflagration
Volontairement niée, politiquement cachée, momentanément anéantie et pourtant totalement existant, subie, violemment vécue, l’injustice ou ce qui est ressentie comme telle, est en voie de devenir une véritable déflagration.  On en perd les mots, le souffle, le mouvement.
Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Pourquoi cet aveuglement volontaire ? Mais qu’est ce qui se passe ? Toutes les formes d’injustices sont rassemblées dans les capitales africaines, administrations publiques, assemblées, entreprises, collectivités publiques, représentations diplomatiques, régies financières, provinces, décuplées même ; corps et esprit saisis, vrillés. Animée par le choc de sa propre malfaisance, l’injustice en Afrique est d’une puissance insoupçonnée. Arme de démotivation massive, elle corrompt, ramollit, distant, dérègle le tissu social. L’injustice éloigne et vous éloigne du peuple, elle rompt la communication, piège l’avenir et ruine tout effort.  

Le plus étonnant est cette promotion volontaire, consciente et inconsciente de l’injustice, une telle affirmation peut choquer, mais qui parmi nous a attiré dans un discours structuré, l’attention des élites et décideurs sur les risques et les incertitudes que génèrent actuellement la promotion des injustices sociales, juridiques, administratives, etc...                              
Qui a théorisé sur l’injustice galopante dans nos sociétés ? L’élite est préoccupée par la course à la redistribution sociale et politique des rentes économiques. Qui a pensé à mettre hors champ le sentiment d’injustice ? En 30 ans nous sommes passés du sentiment d’injustice au vif sentiment d’injustice, partout, dans tout et pour tout. Pourquoi ?

"L'injustice est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle." Adolphe Thiers.

Expérience par nature paroxystique. Le vif du sentiment d’injustice a atteint depuis longtemps un niveau supérieur, nous sommes passés du sentiment d’injustice au vif sentiment d’injustice qui au fil des situations se muent en états d’injustice, en injustices durables. Celles qui font désormais partie de l’ordre des choses et qui, systématiquement, empêchent aux sans voix, de prendre part au « jeu » collectif. Les états d’injustice structurés et organisés, les injustices durables maintenues au-delà du raisonnable, font naître les grandes colères. Celles qui font peur aux décideurs, celles dont on sait qu’après le temps de l’informe violence, elles peuvent s’organiser en combats très articulés. La morsure de l’injustice est un révélateur à plusieurs entrées. Elle représente un risque réel, pour la société, pour l’individu. Bien sûr, il est tentant et raisonnable de dire que l’injustice éprouvée doit être réévaluée, qu’il faut prendre de la hauteur, changer de perspective, dépasser sa colère, la convertir, la surmonter – mais à condition que le sentiment de sa propre dignité n’ait pas été déjà réglé par d’autres : à condition que, touché au vif, il reste cette ardente exigence qui vaudra de se battre personnellement pour s’en sortir.

"Souvenons-nous de tous les effets démontrables des très fortes inégalités : diminution de l'espérance de vie, tribalisme, clientélisme, problèmes de santé, maladies mentales, criminalité en hausse, pauvreté et populations carcérales en augmentation, etc. Tous ces phénomènes sont les signes d'une montée vers le chaos. Chaque ajout d'un grain de sable d'injustice conduira - à un moment imprévisible - au cataclysme social et à l'effondrement." Susan George - Leurs crises, nos solutions - 2010, Page 357

"L'injustice de l'ordre économique mondial, fondé sur la primauté de l'argent et de la concurrence, se révèle particulièrement sur ce continent [Afrique], où ses dégâts se mesurent en termes de vie et de mort. Vue d'Afrique, la "mondialisation heureuse" apparaît comme ce qu'elle est : une sinistre escroquerie." L'Atlas du Monde Diplomatique - 2006 - Afrique, miroir du monde

L'injustice est muette, et la justice crie

  1. Parler ainsi, est-ce lancer un inconvenant plaidoyer insurrectionnel ?        
  2. Est-ce prêcher la révolte ou des révolutions hors d’âge ?                           
  3. Surement pas !
C’est tenter de se tenir au plus près de la vie. Infiniment vulnérable est celui qui s’estime blessé par l’injustice, c’est-à-dire la victime. Il peut en être détruit ou construit Une victime est une personne ou une entité qui subit un dommage, un abus, ou un préjudice moral. Elle subit les mauvais traitements, les injustices d'autrui, ou subit les conséquences d'un accident, d'une catastrophe, d'un cataclysme.

  1. Sommes-nous prêts à être bousculés par ceux qui tentent d’exister vraiment ?
  2. Sommes-nous cohérents dans les échanges quotidiens ? 
  3. Savons-nous repérer et retenir les injustices dont nous sommes la cause ?
C’est leur répétition qui use, et le fait que, venant parfois de tous côtés, elles finissent par faire figure de destin écrasant. Le vif du sentiment d’injustice rejette le poids du destin. Le refus, l’indignation, la colère ont cette force. Seulement, voilà : nous ne sommes plus dans une époque qui fait place aux grandes colères. Nous sommes dans un temps d’apparente normalisation qui fait place aux victimes. La position de victime, elle, vous trace un destin en vous agrégeant à toute une catégorie de personnes qui partagent peu ou prou le même sort. Tandis que, dans le vif du sentiment d’injustice, c’est le sans-prix de sa propre existence que l’on éprouve, le prix sans pareil de son unicité, ce qui appelle à être reconnu, sa dignité. Il est bon, de temps en temps, que l’hors-champ puisse investir le devant de la scène, devenir vraiment présent à nos consciences et retenir tout notre attention. Sortir de l’état de victime requiert d’accepter que nous avons appris à le devenir. Le modèle peut provenir de la famille, de la religion, de l’éducation, des institutions politiques, cela n’a pas d’importance. L’importance c’est de reconnaître que l’on apprend à être une victime des injustices. La deuxième étape consiste à cesser de rendre les autres responsables pour tout ce qui ne va pas dans votre vie et d’accepter la responsabilité de prendre votre vie en main ! Pour sortir de l’état de victime il est nécessaire de réaliser que l’état de victime n’est pas un état d’être qui doit être permanent. Ce n’est pas une condamnation à perpétuité. Un autre aspect est de reprendre la responsabilité de votre vie et un troisième est de reprendre le pouvoir que vous aviez donné aux autres de diriger votre vie. Si vous n’avez pas le pouvoir de gérer votre propre vie par vous-même, quelqu’un d’autre détient ce pouvoir sur vous et vous êtes alors condamné à attendre après cette personne pour que des changements se produisent. Lorsque vous avez votre propre pouvoir, vous pouvez agir maintenant!

Le sentiment d’injustice ne suffit pas pour vaincre l’injustice. François Mitterrand.
  

jeudi 29 décembre 2016

Le professeur des Universités Placide MABAKA rejoins l'Université des Connaissances Africaines

UNIVERSITÉ DES CONNAISSANCES AFRICAINES
NOUS BÂTISSONS L'AFRICANISATION FUTURE DU MONDE


mercredi 18 mai 2016

Qui fait la norme en Afrique, tiendra un marché de 2 milliards 450 000 000 habitants en 2050

2 milliards 450 000 000 d’habitants en 2050 
Les exigences des normes africaines pour des enjeux démographiques, financiers, industriels, environnementaux colossaux

Parler ne fait pas cuire le manioc, agissons !!! Patrice PASSY
La normalisation est un accélérateur d’innovations. En amont, elle fournit des méthodes et des résultats de référence, constituant des bases solides et un gain de temps dans le process d’innovation. En aval, elle facilite la diffusion des idées d’avant-garde et des techniques de pointe. Elle crée un climat de confiance en faveur des innovations chez l’utilisateur final. L’enjeu actuel en cours de négociations dans le monde entre les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et l’Europe est dans 20 ans : la maîtrise des normes et des standards. Celui qui arrivera à imposer ses standards au reste du monde gagnera les marchés et la bataille du leadership mondial.
La norme : définition et intelligence économique

Une norme est essentiellement une manière convenue de faire quelque chose. Elle peut concerner la fabrication d'un produit, le management d'un procédé, la prestation d'un service ou la fourniture de matériel. Les normes couvrent un gigantesque éventail d'activités réalisées par des entreprises et mises au service des clients. Les normes définissent une forme de sagesse accumulée et distillée par des experts dans leur domaine, qui connaissent les besoins de l'entreprise qu'ils représentent, notamment les fabricants, les vendeurs, les acheteurs, les clients, les associations de commerce, les utilisateurs ou les organismes de réglementation. Les normes sont synonymes de connaissance. Les normes sont de puissants outils pour stimuler l'innovation et accroître la productivité. Elles contribuent à mieux faire réussir les entreprises et à rendre la vie quotidienne plus facile, sûre et saine.

La normalisation est un précieux outil d’intelligence économique offensif en Afrique

La guerre pour le leadership mondial est désormais économique, la notion de sécurité économique a rejoint la question de la sécurité nationale. Les connaissances et le savoir représentent l’avantage comparatif du XXIe siècle et fondent la richesse des pays. L’influence sur ces règles du jeu internationale est une composante essentielle, quoique peu visible de la compétitivité des multinationales entreprise et de leurs États. Elle est aussi une composante du soft power, des puissances économiques, cette attractivité des États qui peu à peu pénètre les esprits-cibles et forge les opinions nationales. Il faut donc considérer l’activité normative comme un investissement : les coûts d’entrée dans le système normatif sont des frais d’établissement, les frais qu’elle occasionne sont des frais commerciaux indispensables et l’ensemble des sommes qui y sont consacrées sont des investissements immatériels, au même titre que la recherche. La norme n’est jamais innocente, c’est d’abord un outil de la compétition. Les normes sont une passerelle entre l’innovation et le marché : celui qui contrôle le point de passage détient une position clé. 

La stratégie est la suivante : dès qu’il y a une innovation, il faut travailler la norme. Car le pays où le produit final se développera prendra la norme qui existe. Les normes génèrent un vrai business. Le processus est simple : inventer une méthode, lui donner un acronyme, la faire valider par une autorité normative, en vendre la certification, la formation, les livres, les audits…


La stratégie de puissance économique des pays se joue aussi dans les instances de normalisation. Ces très discrets comités techniques internationaux sont le théâtre de stratégies d’influence où chaque pays cherche à promouvoir ses intérêts. La France allié traditionnel des pays de la zone franc figure en bonne place. Elle se hisse à la troisième place, derrière les États-Unis, mais devant le Royaume-Uni, le Japon et la Chine. Ce classement, peu connu du grand public, prend toute son importance quand on connaît l’impact des normes sur l’économie mondiale. Près de 100 % des normes concernant les entreprises africaines sont décidées au sein d’enceintes internationales dont 90 % des nouvelles normes sont d'origine européenne (EN) ou internationale (ISO). L’Allemagne est en effet le pays qui détient le plus de secrétariats dans les comités techniques de normalisation (CT). Les comités techniques désignent les instances où se font et défont les normes. Ils rassemblent des dizaines de pays désireux de faire prévaloir leurs intérêts dans le plus grand nombre de domaines possibles : aéronautique, produits alimentaires, chimie, poids et mesures…

Les connivences d’intérêts et les normes internationales : Le monde des experts de l’ISO ressemble plus à un univers d’ONG qu’à un réseau inter étatique. Il faut y faire du réseau et y convaincre sur la durée. Dans les cercles normatifs et réglementaires, les relations individuelles sont essentielles. Il faut être reconnu. Tous les gouvernements du monde sont d’accord sur un point : il faut déployer des stratégies d’influence dans les instances de normalisation. Dans ces instances malheureusement, tout est fait pour nous africains, sans nous, en d’autres termes contre nous. Il nous faut donc investir dans l’économie de la connaissance.

La guerre des normes s’intensifie en Afrique

Nous avons relevé, au cours de nos missions de conseil en Afrique, que ce continent qui va devoir gérer en une génération près d’un milliard d’individus en plus, croule sous le poids des normes internationales. Le fait marquant est que la demande de normes et règles est en croissance constante et de plus en plus d’acteurs publics et privés africains participent à leur mise en œuvre à travers leurs agences nationales de normalisation, sans prendre conscience des enjeux cachés. Les États africains sont des acteurs faibles et pas singuliers dans cette compétition. Une lecture attentive des enjeux réglementaires et normatifs peuvent être désormais considérés comme une opportunité pour l’Afrique. L’occasion de rebattre les cartes de l’éternel face-à-face avec l’Europe et parfois l’affrontement entre la BRICS, l’Europe et les États Unis. Sachons aussi que la compétitivité-coût de l’Afrique va devenir une réalité avant 2050. Elle sera fondée sur sa capacité de production de normes dans la protection de son patrimoine économique ainsi que de ses matières premières.
A cela s’ajoute le fait que l’Afrique, en général, est aujourd’hui régie par des règles et normes presque intégralement européennes et internationales, qui elles aussi évoluent sans cesse. Ces régulations de toutes natures déterminent les marchés africains et fixent des types de gouvernance de leur organisation. Les normes en Afrique ne sont jamais innocentes, que leurs auteurs cherchent à devancer la concurrence, à la freiner, ou à exporter des contraintes, elles participent à l’atteinte des objectifs fixés par la guerre économique que se livrent les puissances du monde dans leur course au leadership en Afrique. Les régulations peuvent faciliter les affaires des multinationales ou au contraire, limiter les accès à des pays dans leur zone de confort économique (la zone franc par exemple). Elles transportent des approches techniques, financières, juridiques, de gestion et d’éthique qui favorisent ou défavorisent les autres intervenants sur ce marché.

La faible capacité à normaliser dans les pays africains n'est-elle pas liée à leur poids économique ? 
Il se livre dans ce domaine une véritable concurrence entre les pays en Afrique. Mais chacun peut concourir avec ses alliances et ses arguments. Ainsi la normalisation en Afrique a des atouts spécifiques ; la francophonie constitue un véritable réseau qu’on peut valoriser et mieux exploiter. Les pays africains doivent définir des priorités stratégiques africaines de normalisation en associant un nombre croissant de partenaires - métiers, consommateurs, TPE, PME, - notamment par le biais de consultations sur Internet par exemple, sur les produits forestiers non ligneux par exemple, l’habitat, les villes intelligentes des années 2050. Cette normalisation doit aussi de plus en plus répondre aux enjeux de société : ingénieries financières innovantes pour financer les émergences économiques, financer les développements des infrastructures, la création des villes africaines nouvelles, les mobilités du futur. Exemple : les nouvelles architectures des villes vont très probablement nécessiter des travaux de normalisation pour mieux définir les niveaux de services attendus.
Est maître d'un marché, celui qui organise la consommation.
La normalisation est-elle une arme pour les entreprises occidentales ?
Dans le monde, l'Afrique ne dispose pas d'une bonne capacité de contribution aux travaux internationaux de normalisation, ce qui préoccupe naturellement les spécialistes nationaux. Généralement, ce sont les nouveaux inventeurs qui demandent la normalisation de leurs produits ou méthodes. Il est donc probable qu’une Afrique importatrice de produits ou services lance des travaux de normalisation de ces produits, notamment pour ne pas se laisser imposer des standards propriétaires. Cela est possible car retenons, sauf exception, aucune norme n'est coercitive.
 La démarche chinoise peut servir d’exemple
Pour les Chinois, la normalisation fait partie de la diplomatie économique et donc de la diplomatie tout court et ils multiplient les coopérations normatives bilatérales sur les sujets les plus divers, avec de nombreux pays. Alors qu’elle n’a pris ses premières responsabilités qu’à partir de 2004, la Chine assure d’ores et déjà la présidence d’une trentaine de comités et sous-comités à l’ISO (environ 6 %). Dès qu’un siège est vacant, elle présente sa candidature. Son implication dans les structures techniques a également beaucoup progressé.
"Comment combler le 'trou structural ?"

L’Afrique, secteurs public et privé confondus, ne dispose ni de compétences remarquables ni de savoir-faire pointus dans plusieurs domaines clé de son développement. Elle n’a donc pas développé d’expertise dans la compréhension et l’analyse des enjeux des partenariats économiques (les Accords de Partenariats Économiques nous le rappellent douloureusement), ni associé ses élites dans la production des connaissances stratégiques participant à la mise en place d’une intelligence économique et d’influence à long terme, portant notamment sur la normalisation et l’action sur les règles du jeu. Les acteurs économiques et politiques africains, dans leurs accords de partenariats, marquent  trop peu d’intérêts à la guerre des normes qui se déroule dans ces pays. La normalisation en Afrique doit être associée de manière cohérente aux autres stratégies commerciales, aux actions d’influence étatique ou africaine, à la défense de nos intérêts dans les accords de libre-échange, à l'action régulière au sein des organisations internationales, à la préparation de la sécurité économique de nos marchés domestiques, et aussi à la conquête des marchés internationaux, donc de nos emplois. Il faudra que nos responsables privés et publics accordent à ces questions l’importance que leur donnent, depuis longtemps, leur meilleur allié traditionnel

Quel partenariat entre l’État et les entreprises ?
L’implication dans l’activité normative par l’État se fait lentement et de manière désarticulée, avec comme malformations congénitales de faibles visées défensives et structurantes. Les entreprises ne se sont pas organisées pour en faire leur sujet, le laissant à l’État qui faute de connaissance et de moyens ne fait pas de la normalisation un levier complémentaire d’émergence économique. La présence tutélaire de l’État est, comme dans d’autres domaines, la raison principale pour laquelle les entreprises ne se sont pas approprié la normalisation ni l’influence normative. Il est curieux que l’État soit toujours en première ligne malgré ses déficiences et lacunes.


vendredi 6 mai 2016

Au nom des milliers de morts innocents, il faut savoir nous éviter des conflits et impérativement terminer une guerre civile

LES SOUFFRANCES DES PEUPLES EN DÉBAT
La multiplication des guerres civiles ces 20 dernières années et l'incapacité des grandes puissances à proposer une solution dans chaque cas, voire leur responsabilité dans le déchaînement de ces conflits, amènent à s’interroger sur la spécificité de ces guerres, du rôle de la mondialisation et des intérêts en jeu, sur la lecture politique qu'en font les occidentaux. La particularité et complexité que génèrent une guerre civile est le fait que l'Etat  (dictatorial ou démocratique) perd son monopole de la violence physique légitime. En ce sens qu'en temps normal, l'Etat est la seule organisation qui peut user de la violence de façon légitime, légale. Lors d'un situation de crise, plusieurs factions affrontent le pouvoir en place, ou s'opposent entre elles. Émergent alors plusieurs factions, milices qui plongent dans le chaos  le pays dans une espèce de guerre civile totale, nous assistons tous souvent impuissants la destruction de nos familles, de la vie sociale, économique, culturelle par une guerre de tous contre tous. La sortie de la guerre civile et le retour à la paix ne peuvent donc s'opérer que par un rétablissement du monopole de la violence légitime.
Trois possibilités
Première possibilité: la victoire militaire d'un camp sur l'autre

Lorsque la parole devient inopérante entre parties, c'est la  guerre civile,  c'est la solution simple politiquement, mais qui requiert un niveau de violence extrême puisque c'est une voie jusqu'au-boutiste. Celle-ci est souvent privilégie par le deuxième cercle d'influence autour du chef, par crainte des représailles ou pertes des avantages acquis. Leur raisonnement tient à un fil,compter sur l'unité à préserver de son camp et sur le manque de cohésion de la coalition adverse. 
Deuxième possibilité: la partition du territoire en plusieurs entités sur lesquelles chacun établit son autorité
C'est la marque de fabrique des Etats marqués par une faible cohésion nationale ou chaque faction (ethnique, religieuse, politique) va s'appuyer pour faire de sa base ethnique ou religieuse la base de son proto-Etat. Le séparatisme accompagne souvent ce genre de type de conflit. 
Troisième possibilité: une paix de compromis par laquelle les factions en présence se mettent d'accord sur un nouveau gouvernement d'union nationale
Solution souvent imposée, prônée par les grandes puissances après échec de leur stratégique de conquête d'un marché, d'un avantage géo-économique ou géostratégique, l'incapacité de disposer d'une position dominante. Depuis la guerre froide, nous constatons que cette solution est politiquement fragile, économique non rentable, démographiquement invivable, puisque la faiblesse récurrente des politiques à ne jamais tenir leur promesse, fait qu'au moindre désaccord entre ennemis politiques (en Afrique il n'y a pas d'adversaires politiques, il n'y a que des ennemis, et un ennemi on le neutralise, pardon on le tue). En clair un gouvernement d'union nationale est une violence politique différée. La vrai paix n’intervient malheureusement qu'aux termes de violents combats, mais surtout à l’épuisement généralisé des belligérants, des populations et des moyens. Pour que cette paix tienne, il faut que le sentiment national ait persisté malgré les atrocités, les rancœurs, et que chaque camp soit prêt à faire d'importantes concessions. Ces concessions sont sous conditions et dans la limite des lignes jaunes posées par les responsables réels des conflits. 
La lutte des objectifs négatifs contre les objectifs positifs
Les objectifs négatifs des grandes puissances  souvent gestionnaires de ces conflits est d'annoncer avant et pendant le conflit qui doit quitter le pouvoir, sans jamais nommer qui va le remplacer, diriger le pays. Celui qui n'a pas d'objectifs ne risquent donc pas de les atteindre. Ce qui donne à la souffrance des peuples une intensité particulière, longue et indéfiniment douloureuse. La réponse des pays occidentaux engagés dans la course vers le leadership mondial est donc de vendre leur démocratie et de vous obliger à s'en remettre aux élections générales. Elections comportant en elles-mêmes, les germes des futures fractures et contestations, sans résorber les rancunes et rancœurs nées des objectifs négatifs des faiseurs de guerres.
Les occidentaux qui selon les intérêts deviennent la communauté international, ou la coalition occidentale oublient en général les rudiments de la politique internationale aveuglés par leurs divergences d'intérêts qui paralysent leur choix. En d'autres termes, les parties en conflit et les peuples en souffrance attendent un choix clair d'une faction à aider avec un but politique, économique, connu de tous. 
Les objectifs positifs ont  le mérite d'avoir une position claire et cohérente quand on est un faiseur de guerre, c'est à dire clairement prôner la victoire d'un camp sur l'autre, avec un programme de gouvernement précis. L'objectif positif permet clairement de présenter ses intérêts, son homme et le programme économique qui permet de préserver ses intérêts  ou le maintien d'un allié. En conséquence, toute la diplomatie parallèle et les connivences diplomatiques et d'intérêts, participent à l'atteinte de ces objectifs. Les objectifs positifs d'un faiseur de conflit ou de guerre pour préserver ses intérêts ou anticiper les menaces des pays émergents permettent de d'occuper le "trou structural" généré par la rupture en général des négociations et des contacts.

Cela crédibilise l'action permet en général le rétablissement du monopole de la violence physique légitime.