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jeudi 10 octobre 2013

2013…Le temps de l'Afrique francophone est pathétique




Par Patrice PASSY


Au nom de l'histoire commune

Nous avons avec la Côte d’Ivoire et la Libye en 2011, une mise en lumière de  l’activisme des intérêts économiques français. Ce phénomène est de mieux en mieux perceptible par tous les africains. C’est à la fois l’élément matériel de la puissance et de la domination  durable française, qui a réussi le tour de force d’être au gré des circonstances perceptible ou de générer une absence de perception. Tout au long de cette « histoire commune », les stratégies françaises d’optimisation de leurs intérêts divers ne sont malheureusement pas perçus par les populations françaises et pire par les africains eux-mêmes. 

D’où la pauvreté des débats sur l’impact de la présence française et ses effets directs sur le sous-développement patent de l’Afrique francophone. Cette non conscience est le fruit du génie français qui a fabriqué une histoire générale africaine « habitable » par les africains mais qui concourent aux objectifs des intérêts français. Car, cet « habitable » créé par l’esclavage, enchaîné par la colonisation a mis en place des mécanismes de production et d’acquisition des connaissances, ainsi qu'un système modulaire et modulable de dépendance intégrale, le tout dans une logique d’accoutumance au niveau individuel, tout en se déroulant dans ces États d'Afrique francophone.

Les effets de la classification française

L’Afrique francophone a été construite à cause, grâce, avec et autour des intérêts français. L’homo africanus n’est qu’un produit de cette construction, phagocyté, reconditionné, classé et enfin normé, il a été façonné pour servir et se soumettre. Les États d’Afrique francophone ne sont qu’une évolution historique et économique logique de ceux-ci. 
Le temps africain est pathétique parce que la dernière livraison française en Côte d'Ivoire a été pathétique car, fruit de la classification française. Il n'y a qu'en Afrique francophone qu'on voit les événements d’un Etat indépendant se dérouler ainsi. L’Afrique francophone a été classée, divisée, étiquetée, normée selon les critères français qui définissaient le normal, mieux la démocratie française en Afrique francophone. La norme française devient ainsi le maître étalon du jugement du plus fort et de sa morale.  Depuis les "indépendances" de manière consciente cette classification ouvrait dans plusieurs domaines, l’espace des choix de domination et les orientations d’assujettissements y afférant. Classer, normer a substantiellement modifié, dilué, décomposé l’Africain en faisant naître un nouvel homo africanus.  Car la domination française par sa manière de délimiter la norme du pays colonial a définit l’Afrique française et son contenu politique, économique et culturel d’aujourd’hui.

Classés, nommés, conditionnés, sélectionnés, vandalisés, les africains n’ont pas été simplement qu'une description ou une exigence scientifique, politique ou économique. Cette classification a créé, transformé, puis favorisé l’émergence de monstres politiques, des dictatures, des dictateurs ainsi que les gènes à l’origine des malformations congénitales à la naissance des Etats africains. Elle a valorisé une zone de moins-value sur le long court, à savoir la zone franc. 

Celle-ci a jalonné le parcours des timides évolutions des années zéro de développement. Elle a asséché la pensée, invalidé les identités et contribué à l’appauvrissement des intérieurs. Par  voie de conséquence,  nous sommes au cœur de la conséquence primaire et des conséquences secondaires du fait colonial. Dire que ce n’était pas le but c’est nous mentir ou se mentir à soi-même.  « L’Afrique appartient presque entièrement aux européens, surtout aux français et aux anglais »  lit-on dans un manuel intitulé «La géographie par l’image et la carte n° 126. Section préparatoire et classes enfantines en 1930», les élèves d’hier étaient et sont encore pour certains, les responsables  politiques de la France d’aujourd’hui et leurs enfants l’élite française actuelle. Par conséquent, il est plus aisé de comprendre le mépris de cette frange de l'élite française a envers les intérêts africains. Nul doute que, l’héritage psychologique, intellectuel, culturel, philosophique, social et religieux est toujours porteur à l'égard des africains, de l’ancienne interaction dominants-dominés.

2013…Avec la mondialisation: le temps d’Afrique francophone est donc pathétique

Le pathétique africain est cette dialectique en vase clos, forme d’allée et venue incessants vers un but non définit par des actions volontairement désordonnées et désorganisées. Ce temps traduit et exprime la difficulté des élites et des hommes au pouvoir, à réaliser à travers leurs péripéties existentielles, l’harmonie entre le déploiement de l’être africain dans le monde conçu par l’Autre, et y construire son nécessaire équilibre, pour asseoir ses intérêts. En tant que Peuple ayant subi un dommage à ses intégrités substantielles évident pour lui même, et, pour son évolution historique, par un agent causal externe, les nouveaux horizons en 2011 sont embués par du "trop de pauvretés".

Ce temps est pathétique à cause du refus africain d’une victoire réparatrice sur lui-même.

 Parce que sans politique commune de réparations des crimes coloniaux (viols des imaginaires, viols des cultures, viols des consciences…) point de rédemption individuelle et collective. L’absence de toute « stratégie collective  des réparations post-coloniales » ou de politique nationale de décolonisation (une sorte de psychanalyse collective sur la colonisation, la décolonisation et leurs effets) par l’éducation est la preuve manifeste du refus africain d’une victoire réparatrice sur lui-même et sur son passé. Cette étonnante absence de travail de fond, ces refoulements et évitements collectifs sont l’expression, le témoignage, la mémoire vive des « impossibilités africaines » http://ppassy.blogspot.fr/2011/12/2012-le-drame-africain-le-da-la.html passées, présentes pour le déploiement de leur être dans le monde. La conscience des africains francophones s'allie ainsi aux importations obligées ou proposées.

 Le temps africain est celui de la chute

Il pathétique en 2013, parce que, le temps africain est celui de la chute : c’est à dire la chute existentielle de la mosaïque francophone. Celle-ci est la conséquence des failles spirituelles. En ce sens que toute réparation, toute construction, toute fierté, toute estime de soi ne peut venir que de l’esprit . La colonisation est un un brise-lien,  parce qu’elle à fait perdre aux colonisés le lien avec l’Être Véritable. Cette dimension infinie avec laquelle, par nature, ils étaient reliés. La colonisation a été un viol des intégrités et intimités africaines, elle a  éloigné de toutes dimensions, au fur et à mesure que ses politiques de domination, d’assujettissement puis d’assimilation identifiaient le colonisé à sa propre forme, sa propre culture, sa vision du monde. Le fait colonial a amenuisé le pouvoir de création du colonisé, qui lui dépendait de la clarté de leur conscience. Ce choc a plongé le colonisé dans un cycle de non conscience et aussi dans un cercle vicieux dans lequel leurs actes toujours plus décalés les enfermaient dans une souffrance toujours plus grande qui, elle-même créait une forte impression sur leur esprit en solidifiant pour longtemps l’enfermement.  
       
Ce temps est pathétique parce que la souffrance africaine est ontologique

Cette chute à laquelle nous avons « toujours participé » selon les africanistes est une force continue irrésistible du fait de nos faiblesses depuis 53 ans. L’Afrique francophone devient ainsi une zone de confort stratégique français où toutes logiques anti-économiques, les comportements anti-démocratiques, ainsi que le mépris français pour tout développement économique sont en pilotage automatique. C’est pourquoi parler de liberté, de démocratie réelle et de développement économique intégrale de la zone franc à l’Elysée ou au quai d’Orsay est un affront intolérable aux intérêts français qui se réprime de manière brutale....

Ainsi commence, CAFÉ HISTOIRE AFRIQUE, lieu de pollinisation mutuelle, d’échanges d’expérience et de connaissance sur l’Etat franco-africain,  l'histoire d'Afrique francophone, l'enjeu chinois et l'union africaine, etc...


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