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mardi 19 novembre 2013

         DE L'INTELLIGENCE INDIVIDUELLE A LA RÉUSSITE COLLECTIVE  EN FRANCE : RÔLE ET ENJEUX DES RÉSEAUX
Un réseau, c’est moins qu’une société sécrète, mais davantage qu’un groupe d’amis. Ce sont des gens que l’ambition, ou l’entraide, l’intérêt, ou encore le besoin d’information parfois même le désir sincère d’être utile pousse à se côtoyer. Les membres de la diaspora ont atteint un niveau de compétences et de liens qui  les obligent à "sortir", "dire", "faire" pour être et exister en France.

Comment ?

Que ce soit pour vous aider à dénicher un emploi ou pour « vous trouver des papiers ou un appartement » ou vous sous-traiter des clients pendant la période des vaches maigres, un réseau de contacts, un réseau professionnel est indispensable, aujourd'hui plus que jamais pour les diasporas noires. Or, l’élite décisionnelle afro-française et les entrepreneurs franco-africains évoluent avec moins de bonheur que leurs homologues français dans ce type de relation. Pourtant, ils ont tout à gagner. Sachons que, les qualités sociales africaines toujours appréciées en France à savoir ; l’hospitalité, la fraternité, l’interconnaissance, la prédominance du groupe sur l’individu, l’esprit de camaraderie, le respect de l’autre, la force de caractère, l'intelligence des rapports humains, etc… sont un puissant levier pour un tissage des réseaux d’intérêts professionnels, communautaires et intercommunautaires.

Le réseautage, ça s'apprend !

"Réseauter, dit Lise Cardinal, c'est établir des liens, de façon intentionnelle et stratégique, qui permettent d'ouvrir de nouvelles avenues." Ceux ou celles qui intègrent un réseau le font pour toutes sortes de raisons:
  • Pour se faire des amis importants, devenir président ou ministre (ces lieux ou attributs de pouvoirs génèrent souvent un capital de rêves important chez nos cadres…),
  • faire carrière, militer, s’enrichir, conspirer, se fréquenter, s’entraider,
  • obtenir des renseignements de première main, bénéficier de privilèges financiers,
  • défendre leurs droits d’étrangers, ou de propriétaires,
  • se faire connaître d'un maximum de gens etc.
C'est quoi, un réseau ?
Un réseau, précise-t-elle, permet de s'entourer d'alliés avec qui partager des trucs, des connaissances, des expériences, même des préoccupations et des situations difficiles. Un réseau, c'est fait pour aller plus loin, plus vite. Il y a les réseaux "officiels" - chambres de commerce, clubs de toutes sortes, groupes de soutien et d’influence, les réseaux personnels, infiniment plus variés, qui regroupent toutes les personnes qu'on connaît assez bien pour les tutoyer: voisins, coiffeuses, ministres, amis des périodes difficiles, amis de nos frères, collègues de travail, parenté, etc.

La force d’un réseau ou les clés de sa durée :

C’est la discrétion de son fonctionnement, la qualité du contenu et l’adhésion du groupe aux objectifs fixés.

Le système doit fonctionner sur des bases égalitaires, non hiérarchisées, mais au contraire horizontales, transversales. 

Pour disposer d’appuis internes importants et variés dans le réseau, il faut patienter, ratisser large, tout en demeurant fermé afin de préserver la cohésion du groupe. La culture de l'immédiateté "tout... tout de suite" très présente dans les milieux d'affaires africains doit céder le pas à la culture des petits laboratoires et des petits ponts que nos amis chinois nous invite à apprécier à sa juste valeur.

N’en déplaise aux opportunistes, aux girouettes, aux affairistes. Signalons que le fait de connaître du « monde » ne veut pas dire que l’on dispose d’un réseau d’amis. Il est naïf de le penser surtout de le claironner partout, pas à château-rouge, à châtelet, dans une fête pseudo mondaine, ni à dans la l'Assemblée Nationale, en tout cas.

Pour que cette force se traduise en action, il vous faut régler 6 préalables à savoir:
  1.  Le respect des engagements, une meilleure gestion du temps, des délais et des contraintes.
  2. Le respect de l’autre, la valeur de l'autre ne se mesure pas par ce qu'il A, mais par ce qu'il EST. Les illusionnistes sont légion à Paris, Londres, Bruxelles et dans les capitales africaines, ne vous laissez pas abuser.
  3. La tolérance, toute crise est une opportunité pour prendre les bonnes décisions au bon moment, l'intolérance liée au sexe, à l'origine, la couleur, l'argent, le diplôme est une grave erreur de positionnement, d’identité, de prise de parole et de communication.
  4. La loyauté, elle est définie par rapport à un système relationnel qui relie un individu à un autre ou à un groupe. Dans le cadre d'une communauté d'intérêts, il s'agit d'une fidélité inconditionnelle à respecter les règles de fonctionnement et d'organisation d'une famille. Les affairistes sans foi ni loi, les anarcho-profito-situationnistes n'ont pas droit de citer.
  5. La vision stratégique, au départ un réseau est une constellation de projets individuels et de comportements différends, la vision stratégique  annonce les intentions d’une communauté quant à ce qu’elle entend accomplir. « Une vision stratégique est une représentation du futur souhaité, à la fois rationnelle et intuitive, englobante et prospective » (Caron et Martel, 2005 :6). Elle ne se décrète pas, elle va donc être le fruit d’une réflexion collective menée par l’ensemble des composantes de la communauté.
  6. La confiance mutuelle. La crise globale de confiance est la plaie béante des communautés africaines et afro-françaises. Je déplore sa rareté dans les réseaux existants, et pourtant la confiance mutuelle est parmi les plus grands dons qu’un être humain peut recevoir. Toute structure qui se propose de faire des grandes œuvres doit prêtre capable de mettre en place des règles de procédures pour faire face aux faiblesses humaines, et développer des idées, des œuvres, et des actions qui fondent l'esprit du groupe. L’absence ou le non-respect des éléments cités est souvent à l’origine des dislocations de « sociétés » ou communautés d’intérêts organisées intentionnellement et stratégiquement en vue de s’ouvrir de «nouvelles avenues.»

Pour nous, la France est et reste le champ d’action de nos possibles dans un monde des possibles. 

La complexification croissante de son économie nous oblige à améliorer nos déficits afin de renforcer notre croissance. L’isolement, la barrière linguistique, culturelle a été souvent la source de nos déficits, de "nos non-décollages", le regroupement par intérêt, proximité ou amitié et non par communauté devient une nécessité stratégique, urgente et fondamentale.

Pourquoi a-t-on besoin d'un réseau d’entrepreneurs franco-africains ?
La complexification croissante de l’économie française implique pour nous de créer et maintenir des organisations communautaires et non communautaristes pour s’approprier les bénéfices de cette évolution bien que complexe.

Parce qu’il faut rassembler autour de projets dynamisant par une stratégie de réseau afin de consolider nos acquis, renforcer notre présence et tisser des liens et mettre en place des têtes de pont au sein des nœuds décisionnels utiles à nos besoins émergents.

Parce que parler ne fait pas cuire le manioc !!! AGISSONS.

Parce que les temps sont difficiles, les revendications identitaires prennent de plus en plus de place dans l’espace public français. L’on ne doit plus compter sur l’égalité des chances, mais instruire une méthode et des outils de visibilité pour apprendre à nous valoriser et valoriser nos images.« Ni lobbies parce que dépassant la stricte alliance d’intérêts conjoncturelle, ni structure associatives parce qu’évitant soigneusement toute institutionnalisation, les réseaux ne méritent ni excès de fascination, ni excès de d’indignité. Simplement elle joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de la société française ». Cette société nous en sommes une des composantes, c’est pourquoi il faut s’investir, donner de son temps. Donner pour recevoir.

Pourquoi s’investir ?

Parce que le réseau se construit et s’entretient au quotidien. Autrefois apanage des cadres sup’, le « réseau » est désormais le sésame incontournable pour s’ouvrir toutes les portes.

En investissant dans son réseau, on tisse des liens, on rencontre des gens qui, eux aussi, ont leur propre réseau de contacts. Selon mon expérience la plupart des entrepreneurs ont en moyenne 20 contacts réels à partager, pour qui le premier pas, vers l'atteinte d'un objectif est de le faire connaître, au plus grand nombre de gens possible.

Pour réussir avec ce club de rencontres, il nous faut :
  1. Réduire les conflits d’intérêts personnels.
  2. Initialiser la confiance réciproque malgré les ratés.
  3. Se dépasser pour mieux s’investir dans la mise en œuvre des projets.
  4. Croire en l’avenir et avoir confiance en soi.
  5. Développer la modestie et le sens du partage des informations.
  6. Savoir être humble et tolérant
  7. Améliorer ses propres compétences
  8. Réduire au maximum les pulsions de jalousie entre membres et se serrer les coudes.
  9. Etre capable d'investir financièrement pour un avenir commun
  10. Tout le monde ne peut pas être chef, accepter l'autorité des plus brillants retenus par le groupe et se soumettre à l'ordre et la discipline du groupe.
Africaines en réseau ! Une ressource essentielle pour les afro-français

Les femmes africaines n'ont commencé à s'éveiller au réseautage qu'au milieu des années 90, lorsqu'elles ont décidé de prendre leur place dans le monde des affaires. Les tontines, les clubs de femmes, prennent forment et donnent naissance à de nombreuses actions louables, mais insignifiantes  à l’échelle nationale du fait de la faiblesse de leur maillage national. Elles souffrent dans ce genre d'organisation d'une chose : l'inconstance dans l'effort. Un réseau doit être et durer. Un réseau n'est pas une association d'une personne pour son village, sa circonscription ou son "église", un agrégat d'intérêt personnel, c'est une dynamique, soutenue par des idées claires et fortes visant la satisfaction de l'intérêt du réseau qui en retour apporte satisfaction et épanouissement à ses membres. Un réseau est donc un ensemble de nœuds (intérêts multiformes) reliés entre eux par des liens (passerelles d'interconnexion).

Beaucoup de femmes s'aperçoivent en 2013 que talent, compétence et surtout charme ne suffisent plus pour atteindre les échelons supérieurs de la société française et même de leur pays d’origine. Résultat, dans tous les milieux, dans toutes les villes en île de France, dans tous les métiers, les réseaux de femmes fleurissent. Elles sont cadres, anciennes des grandes écoles, franc-maçonnes, rosicruciennes, dirigeantes de société, scientifiques, créatrices d'entreprise, banquières, hauts fonctionnaires, magistrates, architectes, avocates, ancienne prostituée, femme de ménage, femme au foyer, milieu associatif. 

Elles ont bien compris que point de salut sans mécanique de réseau. A ce jour, le bilan, faute de vision stratégique est loin d'être satisfaisant. L'absence de stratégie de l'araignée a souvent été la source "des retards d'allumage".  Le droit de réponse est ouvert.

Comment bâtir son réseau ?

C’est à la fois complexe et long
Généralement l’on n’aime pas ce qui long, sûrement par manque de culture d’investissement. Très souvent l’on veut tout, tout de suite, la culture de l’immédiateté est à l’origine de nos choix erronées et des décisions non stratégiques. Il est cependant, impossible de tirer profit d'un réseau si on en ignore l'étendue.
  • On commence donc par faire l'inventaire de nos contacts.
  • On dresse, au besoin plusieurs listes selon leurs intérêts et la vision stratégique dégagée et les champs d'activité: économique, travail, politique, loisirs, famille, ami cible, etc.
Ce simple exercice mener de manière méthodique vous permettra de mesurer les forces et les faiblesses du futur réseau. L’esprit mouton c’est-à-dire le suivisme (le péché mignon des entrepreneurs de la diaspora) ou l’effet de mode (qui exprime notre difficulté à prendre des risques, à les prévoir, les gérer puis les assumer) n’est pas recommandé dans cette démarche.

Il faut :
  • prendre le temps d’édicter les règles du vivre et d’agir ensemble afin de définir la vision stratégique du réseau.
  • Donner à ces rencontres un contenu suffisamment désintéressé ou intéressé susceptible de mobiliser ou de fédérer, etc. Si vous êtes de nature peu sociable, votre réseau risque d'en souffrir.
Comment remédier à la situation sans changer de personnalité ?
Rappelons-nous qu'à la base d'un réseau, on trouve plus de solidarité, d’échange et de coopération que d'opportunisme.

Première exigence
Selon moi un réseau ça commence avec les voisins, ses frères, la diaspora, ses promos, sa région…Il importe d'intégrer un groupe avec lequel on a des affinités et à l'intérieur duquel on a du plaisir à évoluer. Pour que ça tienne, il faut une haute idée du but et des moyens pour y parvenir.

Etre membre ne suffit pas.
  • Pour que ça marche, il faut, comme dans n'importe quelle relation, s'impliquer, consacrer du temps, participer activement et se faire connaître, bien entretenir ses relations, soigner son image. Raison de plus de bien choisir son réseau.
Devenir membre d’un réseau, est-ce vraiment nécessaire pour un entrepreneur ?
  • Nécessaire oui, car toute réussite est une construction méthodique, passionnée, qui s’exécute dans la durée et la conviction. Quand il est efficace, le réseau d’affaires a un impact direct sur le dynamisme d’une entreprise. Il permet un contact direct avec des clients, des partenaires ou des financeurs potentiels. Il est l’occasion de renforcer les motivations des porteurs de projets, de confirmer ou d’infirmer des intuitions sur un marché, de mieux comprendre un environnement économique donné.
L’immédiateté est incompatible avec la construction que nous proposons de son propre organigramme de sa réussite individuelle. Cela exclu l’impréparation, l’absence de stratégie, de méthode et exige le respect des règles du vivre ensemble.

Deuxième exigence
  • La culture du secret. Toute structure semi-fermée fonctionne sur la base d’une bonne gestion du secret. Ce dernier conditionne le bon déroulement de l’action des membres du réseau, il garantit son activité, il est le gage de la prudence et de l’intégrité d’exécution des choix qui y sont décidés. Il permet aussi de circonscrire la transmission des codes et la communication du sens. Cela tout simplement pour garantir l’efficacité du réseau, mais aussi sa durée. Les intérêts entre chefs d’entreprises sont tout aussi imprévisibles qu’évolutives, le secret devient devant cette logique de fait un facteur d’unité, de liaison et d’identification dans la tourmente des intérêts et de la faiblesse humaine.
Face à cela une règle d'or s'impose
  • Si l'on veut en bénéficier des biens fait d’une telle mise en commun des intérêts, l’on doit assister à un minimum d'activités organisées par ce « collectif de substitution », participer activement à la mise en œuvre des stratégies établies expliquent Sophie Coignard et Marie Thérèse Guichard.
Ce n’est que de cette façon, que la nécessité d’un réseau se fait comprendre notamment pour :
  • Se créer un réseau de contacts professionnels.
  • Développer une clientèle.
  • Rencontrer des gens pratiquant d'autres métiers que le sien (Rencontrer ces gens à répétition permet à la longue de solidifier le réseau).
  • Aller chercher de l'information sur les métiers qui vous intéressent pour ainsi se tenir au courant de l'actualité en la matière.
Pour conclure

L’observation attentive de nos environnements et de l’histoire franco-africaine, nous permet de rappeler que nous sommes intégrés dans un système qui nous échappe, dont les grilles de lecture, les codes de communication et d’expression, les principes d’organisation, ainsi que les représentations collectives nous rappellent, même aménagés par les faits et les évolutions qu’aucune société ou communauté n’a réussi grâce aux aides, et à la bonne volonté des autres. 
La France a cessé d'être un supermarché des aides et allocations, elle a besoin de nous, de nos idées, pour continuer à être le moteur de nos possibles. A condition de s’organiser pour se créer de « nouvelles avenues ». La France à ceci de merveilleux c’est qu’elle nous fournit le choix des possibles et les conditions légales d’y parvenir, c’est là sa mission, qu’elle remplie bien d’ailleurs. A nous de nous créer notre monde des possibles comme le disait Popper.


Patrice PASSY
Consultant en Intelligence Economique et communication d’influence
Initiateur des événements de réseautage et des conversations stratégiques franco-africaines

Directeur associé de DB CONSEILS

1 commentaire:

Rotgé Marc a dit…

Extrêmement intéressant! Une vision réaliste des atouts du Réseau.Restons en contact!
Cordialement