dimanche 10 novembre 2013

Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (1) par le groupe de travail sur la présence de la France dans une Afrique convoitée,

10 PRIORITÉS ET 70 MESURES POUR RELANCER LES RELATIONS DE LA FRANCE AVEC LES PAYS AFRICAINS FONDÉES SUR DES INTÉRÊTS COMMUNS DANS UN
PARTENARIAT RÉNOVÉ

Première priorité : 
Tenir un autre discours sur l’Afrique et définir une stratégie ambitieuse et cohérente : il s’agit de quitter le « vieux récit » sur une Afrique du passé, comprendre et mettre en valeur les mutations économiques en cours, développer un narratif plus juste des liens unissant la France à des pays africains qui ne sont pas seulement partie prenante de notre histoire, mais aussi
des éléments clés de notre avenir.

1) Définir la relation de la France aux pays africains d'abord en fonction de nos intérêts partagés : des millions de Français qui sont d'origine africaine, ou vivent ou ont vécu en Afrique, des intérêts économiques et stratégiques, un enjeu pour la sécurité de la France comme de l’Afrique.

2) Se départir des préventions postcoloniales et assumer le fait que l’Afrique n’est pas seulement partie prenante de notre histoire, mais aussi un élément clé de notre avenir.

3) Établir une stratégie africaine de la France sous la forme d’un Livre blanc sur l’Afrique en associant des membres représentant le Parlement, les administrations, les opérateurs, les ONG intervenant en Afrique et des personnalités qualifiées françaises, étrangères et notamment africaines.

4) Créer un programme de soutien « pour une écriture franco‐africaine d’une histoire partagée » afin de promouvoir le travail d’équipes mixtes francoafricaines sur l’étude de notre histoire commune.

5) Poursuivre l’ouverture des archives sur la période coloniale.

Deuxième priorité : Améliorer le pilotage de la politique africaine et la cohérence des actions menées sur le terrain. Devant le constat d’une politique éclatée à tous les niveaux, le groupe de travail souhaite renforcer le pilotage de la politique africaine. En dehors du Livre blanc dont l’objectif est de fédérer toutes administrations sur des objectifs communs, il propose :

6) De créer un ministère de la coopération internationale et du développement de plein exercice rassemblant les services concernés du ministère des affaires étrangères et du ministère des finances.

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7) D’instaurer une structuration régionale de notre dispositif diplomatique avec la nomination d’ambassades chefs de file régionaux et la mise à jour régulière de «stratégies‐régions» validées au niveau interministériel.

8) D’étudier la possibilité dans certains pays de mutualiser notre dispositif diplomatique avec certains partenaires européens afin de constituer des ambassades communes.

9) De mettre en place une cellule de haut niveau en charge de la gestion civilo‐militaire des situations de crise afin d’assurer une véritable coordination entre les responsables du développement et de la sécurité là où la France est présente. Cette cellule aura pour fonction de coordonner les actions de prévention des crises ou de gestion des situations post‐crises afin de favoriser le rétablissement des services publics et privés essentiels au fonctionnement normal d’un pays.

Troisième priorité : Renforcer nos liens économiques avec l’Afrique qui décolle.
Le groupe de travail estime qu’il faut désormais accentuer notre regard sur les opportunités économiques qu’offre le décollage d’une partie du continent africain. Pour cela, il propose de :
10) Structurer une démarche internationale par géographies et par secteurs qui correspondent aux besoins des marchés africains, renforcer nos moyens de soutien aux entreprises dans les pays les plus dynamiques tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, la Côte d’Ivoire, et le Kenya, mais également l’Éthiopie, le Ghana, le Botswana, la Tanzanie ou le Mozambique

11) Développer la pratique du portage des PME par les grands groupes présents sur le continent dans une démarche adaptée aux réalités africaines.

12) Développer des stratégies de conquête des marchés africains par le bas de la Pyramide et créer avec Proparco un fonds d’investissement en partenariat public privé sur ce type de stratégie « le bas de la Pyramides » impliquant des nouvelles technologies et des entreprises françaises.

13) Mettre fin à l’hémorragie des services économiques en Afrique, établir des stratégies régionales avec l’ensemble des services intervenant dans le domaine économique, renforcer les synergies entre Ubifrance, les Missions économiques, les Chambres de Commerce et d'Industries (CCI), en France et à l'étranger (Uccife), les conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF), Oséo, Coface, Pacte PME International, et les Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI). Soutenir les postes dépourvus de service économique ou de soutien commercial.

14) Inscrire dans le COM de l’AFD un mandat dans le cadre de sa mission au service du développement de dialogue avec les entreprises privées et les bureaux d’études français et de promotion de l’économie française autour de l’expertise.

10 PRIORITÉS ET 70 MESURES 
15) Fixer à PROPARCO des objectifs de co‐investissement avec des entreprises françaises et soutenir son développement en renforçant ses fonds propres et lui garantissant une plus grande autonomie organique par rapport à l’AFD.

16) Plaider au sein de l’OCDE et du G20 pour une clause de réciprocité sur l’ouverture des marchés financés par l’APD afin de pousser les pays émergents à délier leurs financements ou, le cas échéant, à exclure leurs entreprises des appels d’offres financés par l’APD.

17) Renforcer les exigences environnementales et sociales dans les dossiers d’appel d’offres pour les marchés financés par la coopération française afin de permettre aux bénéficiaires de ces financements d’éliminer, au stade de la pré‐qualification et de l’évaluation des offres, des entreprises ou des propositions qui ne seraient pas conformes techniquement sur le volet responsabilité sociale et
environnementale et de sanctionner une entreprise qui ne respecterait pas ses engagements lors de l’exécution de son marché.

18) Faire établir par le Comité pour les métaux stratégiques (COMES) et le SGDSN une étude des intérêts de la France en Afrique en matière d’approvisionnement stratégique et prendre en compte les conclusions de cette étude dans la définition de notre stratégie africaine.

19) Engager le processus formel d’adhésion à l’initiative sur la transparence dans les industries extractives (ITIE).

20) Engager la transposition par la France des dispositions des directives comptables concernant certaines obligations pour les entreprises extractives européennes de publier pays par pays et projet par projet les revenus tirés de l’exploitation des ressources extractives versés à des Etats et définir une stratégie d’exemplarité des entreprises publiques françaises intervenant dans ce domaine en
Afrique.
21) Soutenir les initiatives et les programmes des banques multilatérales de développement dans le domaine des industries extractives.

22) Renforcer notre coopération en faveur du renforcement de capacité au profit des programmes de l’UEMOA et notamment du Programme Économique Régional (PER).

23) Veiller à ce que la conclusion des Accords de partenariat économique (APE) ne nuise pas à l’intégration régionale, inviter la Commission européenne à faire preuve de plus de souplesse dans les négociations d'accords de partenariat économique régionaux afin de déboucher sur un aboutissement positif et un renforcement de la coopération européenne en faveur de l’intégration.

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Quatrième priorité : Contribuer à la stabilité et la sécurité du continent.
Le groupe de travail demande le maintien, en accord avec les États concernés, des points d’appui existants en Afrique pour les forces déployées dans la bande sahélo-saharienne et sur les façades est et ouest africaines afin de contribuer activement à la sécurité de ce continent. Il souhaite que des actions de coopération structurelle et opérationnelle permettent la consolidation des capacités militaires et des architectures de sécurité sous‐régionales africaines dans le cadre de l’Union africaine et, le cas échéant, la mise en oeuvre des résolutions des Nations unies et la protection des ressortissants français. Il propose que ces déploiements soient adaptés afin de disposer de capacités réactives et flexibles en fonction de l’évolution des besoins. Il préconise que soit dédiés de façon visible quatre pôles à la coopération avec les quatre organisations régionales, à Libreville avec la brigade  centre de la CEEAC, à Dakar avec la brigade de l’ouest de la CEDEAO, à la Réunion avec la brigade sud de la SADC et à Djibouti face l’IGAD afin d’afficher aux yeux des opinions publiques africaine et française le sens africain de la présence militaire française sur ce continent. Cette priorité se traduit donc par 7
mesures :

24) Maintenir huit points d’appui militaire en Afrique : Abidjan, Dakar, la zone (Mali, Niger, Burkina‐Faso), Libreville, Ndjamena, Bangui, Djibouti, et l’île de la Réunion.

25) Dédier quatre points d’appui militaire à la coopération avec les 4 organisations régionales, à Libreville avec la brigade centre de la CEEAC, Dakar avec la brigade de l’ouest de la CEDEAO, la Réunion avec la brigade sud de la SADC et Djibouti avec l’IGAD, afin d’afficher clairement la volonté française de participer à l’architecture de sécurité africaine.

26) Ouvrir les pôles de coopération français à des participations de partenaires européens et internationaux à l’instar de ce qui a été fait pour les écoles nationales à vocation régionale (ENVR).

27) Dépasser la distinction entre OPEX et forces prépositionnées au profit d’un dispositif global où les effectifs de chaque base évoluent en fonction des besoins avec un repositionnement autour du Sahel et dans les pays accueillant une forte présence de ressortissants français.

28) Doter chaque point d’appui de moyens de coopération structurelle et opérationnelle aussi bien en bilatéral qu’au niveau régional ainsi que la possibilité d’une projection en cas de crise.

29) Renforcer les crédits de la direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) et développer les ENVR avec des financements croisés de l’ensemble des ministères concernés et un recours croissant aux financements européens, multilatéraux, voire à des partenariats avec des pays qui partagent notre vision de l’Afrique, comme le Canada, ainsi qu’à des financements des pays
africains qui en ont les moyens.

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30) Renforcer les moyens de suivi et de coopération avec l’Union africaine en redéployant des effectifs vers l’ambassade d’Addis Abeba et en consacrant de l’assistance technique ou des projets bien ciblés de renforcement de capacité.

Cinquième priorité : Promouvoir le pluralisme politique.
Tout en conservant à l’esprit les exigences de stabilité du continent, le groupe de travail estime que, sur le long terme, la démocratie, les droits de l’homme, le pluralisme, et l’éthique sont des facteurs d’épanouissement des populations et de cohésion sociale et politique. C’est pourquoi il propose dans le prolongement du discours de la Baule de renouveler le discours français sur la démocratie en centrant ce discours non sur la procédure formelle d’élections, mais sur la notion de pluralisme et de contre‐pouvoirs. Il souhaite également tirer les leçons pour notre diplomatie des printemps arabes et d’un dialogue trop exclusivement centré sur l’Etat. Pour cela il propose de renforcer le dialogue avec
les sociétés civiles, notamment à travers les ONG et les collectivités territoriales françaises. Ces deux derniers acteurs ont tissé des liens sans équivalent avec les populations et les territoires africains.

Cette priorité se traduit donc par 4 mesures :

31) Intégrer dans les discours français sur l’avenir de l’Afrique un discours renouvelé sur la notion de pluralisme et de contre‐pouvoirs.

32) Aider à la constitution de fondations en faveur de la vigilance citoyenne, des contre‐pouvoirs, des médias, des parlements, et de la « société civile ».

33) Renforcer le dialogue avec les sociétés civiles et poursuivre l’engagement de doublement du montant de l’aide qui transite par les ONG.

34) Soutenir les actions de coopération décentralisée en faveur de l’Afrique et étendre le dispositif de la loi Oudin‐Santini aux ordures ménagères pour financer des actions de coopération dans ce domaine dans une Afrique en urbanisation rapide.

Sixième priorité : Moderniser notre coopération au développement.
Constatant que l’enjeu n’est pas de construire une coopération d’héritage, mais de construire une coopération dont la France et l’Afrique ont besoin, le groupe de travail propose à la fois une réallocation des moyens et une rationalisation du dispositif.
S’agissant des moyens : le groupe de travail estime qu’il faut redresser l’équilibre des contributions bilatérales et multilatérales de façon à retrouver un niveau d’intervention bilatérale sous forme de subventions supérieur à 500 millions à la fin du triennum budgétaire par redéploiement et développement des financements innovants. Il propose également un renforcement des fonds propres
de l’AFD et la suppression du plafond des effectifs d’un établissement qui ne - 14 - L’AFRIQUE EST NOTRE AVENIR bénéficie d’aucune subvention de fonctionnement et finance son activité grâce à
son résultat bancaire.

Sur le plan institutionnel, en dehors de la création d’un ministère de plein exercice, qui exercerait la responsabilité des programmes budgétaires, qui sont actuellement gérés, l’un par Bercy, l’autre par le Quai d’Orsay, le groupe de travail propose de simplifier l’organisation du réseau de coopération, de poursuivre la réforme de 1998 et de la mener à son terme, en poursuivant les transferts de
compétence opérationnelle au profit de l’AFD et en mettant fin à la double compétence des SCAC et des agences de l’AFD, afin de renforcer la cohérence des actions à mener et de réduire le coût du réseau.

Cette priorité se traduit donc par 14 propositions :

35) Confier à un ministère de la coopération internationale et du développement la responsabilité des programmes 110 et 209 et les services qui les gèrent.

36) Simplifier l’organisation du réseau en mettant fin à la double compétence des Services de coopération et d’action culturelle (SCAC) et des agences de l’AFD et réduire ainsi son coût en s’appuyant principalement sur les agences de l’AFD sous l’autorité des ambassadeurs.

37) Poursuivre les transferts de compétence opérationnelle au profit de l’AFD de façon à ce que les Fonds de solidarité prioritaire (FSP) (hors domaine strictement régalien (police et justice)) soient gérés par l’AFD.

38) Mutualiser des fonctions support entre les représentations des instituts de recherche pour le développement dans un même pays des opérateurs du développement.

39) Resserrer le réseau des opérateurs de recherche pour le développement autour de représentants régionaux, responsables d’une agence.

40) Mieux intégrer les besoins opérationnels dans la programmation des organismes de recherche pour le développement.

41) Redresser l’équilibre des contributions bilatérales et multilatérales de façon à retrouver un niveau d’intervention sous forme de subventions supérieures à 500 millions à la fin du triennum budgétaire.

42) Accroître la part de la taxe sur les transactions financières (TTF) française affectée à la coopération.

43) Achever le processus d’adoption de la taxe sur les transactions financières européenne et s’assurer qu’une partie sera consacrée à la solidarité internationale.

44) Poursuivre le travail de conviction pour l’adoption d’une transactions financières au niveau mondial.

45) Consacrer le rééquilibrage de l’aide bilatérale en partie à de l’aide projet sous forme de dons destinés aux pays pauvres prioritaires et en partie aux financements d’expertises en amont des projets.

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46) Procéder à un renforcement comptable des fonds propres de l’AFD.

47) Intégrer un nouvel accord sur une diminution de la distribution des dividendes dans le prochain contrat d’objectifs et de moyens.

48) Supprimer la détermination en valeur absolue des effectifs de l’AFD.

Septième priorité : promouvoir l’expertise technique française.

L’Afrique bénéficie aujourd’hui d’un afflux de capitaux privés et publics, si bien que l’avantage comparatif de bailleurs de fonds relativement modestes comme la France est aujourd’hui la diffusion à travers ces financements d’une expertise pertinente, performante, compétitive et adaptée aux enjeux de
développement de l’Afrique. Cette expertise est un enjeu de développement et d’influence. Elle permet de déployer dans ce continent des normes, des habitudes et des valeurs qui peuvent nous lier aux pays africains et favoriser les échanges à la fois intellectuels et commerciaux. Or, dans ce domaine, la France avance en ordre dispersé aussi bien en matière de financement que d’opérateurs.

Le Groupe de travail propose de :

49) Créer un fonds dédié à l’expertise internationale géré par l’AFD et destiné à des opérateurs privés ou publics français qui rassemblent l’ensemble des financements dédiés à l’expertise à l’international, mieux articuler les instruments d’aide liée et définir une stratégie géographique et sectorielle pour les assistants techniques.

50) Regrouper dans un groupement d’intérêt public tous les opérateurs d’expertise technique publics.
Par ailleurs, le groupe de travail propose en matière de coopération au développement :

51) D’établir un bilan de nos modes d’intervention dans les pays fragiles à faible maîtrise d’ouvrage et de définir une méthodologie adaptée.

52) De relancer les dispositifs de capital investissement dans les PME en redynamisant le Fonds d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (FISEA).

53) De créer une alliance avec les pays africains en vue des prochaines négociations sur le climat.

54) De développer des coopérations triangulaires en collaboration avec des partenaires sans passé colonial (Canada, Australie…), avec les émergents démocratiques (Afrique du Sud, Brésil, Inde), comme avec la Chine.

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Huitième priorité : Renforcement de notre action en faveur de la francophonie.
Le groupe de travail constate qu’il n’y aura pas de dividendes démographiques automatiques si nous ne formons pas des maîtres d’école dans les pays francophones. C’est pourquoi il estime qu’il faut absolument établir un véritable diagnostic sur l’état de la Francophonie en Afrique et renforcer notre
participation au partenariat mondial pour l’éducation, et promouvoir des partenariats public‐privé en faveur du développement de systèmes de formation professionnelle francophone qui répondent directement aux besoins des pays africains. Cette priorité se traduit par 5 propositions :

55) Renforcer sa participation au Partenariat Mondial pour l’Education.

56) Promouvoir des partenariats public‐privé en faveur du développement de système de formation professionnelle en Afrique.

57) Créer une université francophone pilote à l’image de l’université Paris‐Sorbonne‐Abou Dhabi.

58) Encourager le développement de thèses en cotutelle franco‐africaine.

59) Développer des universités numériques en coordination avec les partenaires francophones.

Neuvième priorité : rétablir une cohérence entre notre politique d’influence et notre politique migratoire
Il y a eu ces dix dernières années une incohérence entre notre politique d’influence, qui visait à former et à tisser des liens forts avec les élites africaines, et notre politique migratoire qui a détourné de la France non seulement des étudiants, mais également des artistes et des hommes d’affaires. Le groupe de travail propose d’assouplir le code de l’entrée et du séjour des étrangers de façon à instaurer des visas pluriannuels calqués sur la durée des études, à permettre l’exercice d’une première expérience professionnelle pour les étrangers juste diplômés d’un établissement d’enseignement supérieur français, et enfin d’accorder un visa illimité aux étudiants ayant obtenu un doctorat en France.

Ces réformes doivent être accompagnées notamment d’une redynamisation de la politique d’accueil des personnalités d’avenir, de la gestion du réseau des anciens élèves des lycées français à l’étranger.
S’agissant de l’immigration économique, ou de celle en provenance de zones désertées par le développement ou soumises à des régimes autoritaires comme l’Erythrée, le groupe de travail souligne que la solution de long terme réside dans le développement harmonieux de l’Afrique, mais qu’en attendant, il faut renouer le dialogue avec les pays d’origine sur les questions migratoires et
adopter des positions et des politiques cohérentes au niveau européen.

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60) Modifier le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) visait à favoriser les conditions d'gers toexercice des premières années d'expérience professionnelle –expérience qualifiante– pour les étranut justendiplômés d'un établissement d'enseignement supérieur français.

61) Instaurer des visas pluriannuels, calqués sur la durée des études.

62) Élaborer dans chaque ambassade un plan d’accueil des demandeurs de visas.

63) Redynamiser la politique d’accueil de personnalités d’avenir

64) Développer le dispositif « Quai d’Orsay/Entreprises »

65) Entreprendre une gestion dynamique du réseau des anciens élèves des Lycées français à l’étranger et des anciens boursiers etc.

66) Relancer le dialogue avec les pays d’origine sur les questions migratoires, avec la constitution de groupes de suivi paritaires et définir des positions et des politiques cohérentes au niveau européen.

67) Redéfinir une stratégie de promotion du développement solidaire.

Dixième priorité : Définir une stratégie africaine de la France dans les instances multilatérales et européennes.
Le groupe de travail estime qu’il faut convaincre nos partenaires européens qu’une Afrique de 2 milliards d’habitants à 14 km du sud de l’Europe avec autant d’opportunités et de risques devrait être une préoccupation centrale de l’Europe. Il souligne que la France n’a pas de stratégie globale dans les instances européennes et multilatérales, ce qui l’empêche évidemment d’avoir une stratégie
concertée sur les questions africaines :

68) Définir une stratégie africaine de la France dans les instances européennes.

69) Définir une stratégie française en faveur de l’Afrique dans les instances
multilatérales.

70) Promouvoir la voix de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.

En conclusion, le groupe de travail a la conviction qu’une partie de l’avenir de la France est en Afrique. 

mercredi 23 octobre 2013

Risque Géopolitique : La marine chinoise à la conquête du monde

L’Occident va devoir composer avec une grande puissance navale. En sécurisant ses lignes commerciales, Pékin bâtit une grande marine.
 C’est un vieux navire, mais il inquiète les voisins de Pékin. La Chine vient de présenter au monde son premier porte-avions. Racheté au gouvernement ukrainien, ce bâtiment de 300 mètres de long a fait sa première sortie mercredi, et son ombre devrait désormais rôder dans les mers d’Asie de l’Est. Tout un symbole. En soi, ce porte-avions ne va pas changer la donne dans la région. À eux seuls, les États-Unis en possèdent onze, et ce gros navire est « une cible de choix » pour les pays qui détiennent des armements sophistiqués, explique Jonathan Holslag, chercheur au centre d’études sur la Chine de la Vrije Universiteit Brussel (BICCS, VUB). « Ce qui est plus significatif, c’est le développement par la Chine de bateaux lance-missiles, de destroyers, de missiles sophistiqués… » Car le porte-avions n’est que le symbole d’une marine en plein développement: la Chine part à la conquête des mers.
source Wall Street Journal 
EN LIEN :

Risque géopolitique/Chinamerica : L’inquiétante expansion de la marine chinoise

PLUS DE CHINAMERICA EN SUIVANT :
Intérêts commerciaux
C’est la conséquence logique du développement économique chinois. « Alors que la Chine s’est muée en une nation commerciale aux ambitions mondiales, ses intérêts de sécurité nationale se globalisent également », résume Jonathan Holslag. Or, jusqu’au milieu des années 2000, « le pays donnait l’impression qu’il deviendrait la première grande puissance à ne pas utiliser la force militaire pour soutenir sa croissance économique », rappelle le chercheur dans une publication sur le sujet (« The military implications of China’s economic global policy »). Pékin a opéré un revirement stratégique: après avoir misé sur la sécurisation de ses 22.000km de frontières et de ses 880.000 km² de zone économique exclusive, la Chine se concentre à présent sur la défense de ses intérêts stratégiques mondiaux.
Le pays est hautement dépendant de ses importations de matières premières et tente de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement. C’est notamment pour cela que la Chine incite ses entreprises à construire leurs propres chaînes d’import/export: « Pékin est mal à l’aise avec le fait que des entreprises étrangères contrôlent 57% des exportations nationales », note Holslag. Par-dessus tout, c’est la sécurité des liaisons maritimes qui préoccupe Pékin. Quelque 87% des exportations chinoises et 88% de ses importations de pétrole se font par voie maritime. Or Pékin a toujours en tête l’incident de Yinhe, au cours duquel l’US Navy avait immobilisé un navire marchand chinois en route vers l’Iran pendant trois semaines. Et les Chinois sont « particulièrement inquiets du développement des capacités de la marine militaire indienne », souligne Holslag.
Parallèlement, de plus en plus de Chinois travaillent à l’étranger: le ministère chinois des Affaires étrangères s’attend à ce que plus de 100.000 Chinois soient employés outre-mer à l’horizon 2020. Or la sinophobie grandit dans certaines régions. Ces dernières années, une cinquantaine de Chinois ont été tués par des sinophobes, avance Holslag avant de citer une source au sein du ministère chinois du Commerce: « La Chine va devoir développer la capacité de garantir la sécurité de ses travailleurs dans les pays instables. »
Dans un tel contexte, l’ex-Empire du milieu serait « condamné à l’échec face à la concurrence mondiale si elle se concentrait étroitement sur sa sécurité frontalière », a indiqué Zhang Wenmu, un expert en sécurité, à l’agence Chine Nouvelle. Pékin s’emploie donc à développer ses capacités d’intervention.
L’armée populaire de libération s’entraîne à des opérations intégrées air-terre, à des manœuvres à longue distance, à des assauts éclair et autres « opérations spéciales ». D’ici 2020, la Chine devrait produire elle-même un transporteur aérien militaire. Et sur le front naval, la commande de deux navires de remplissement Fuchi class d’une capacité de transport de 12.000 tonnes « va permettre à la marine chinoise de s’engager dans des opérations de long terme à distance », indique Holslag. Des exemples parmi beaucoup d’autres qui indiquent que la Chine est en train de diversifier sa capacité d’action et « trace la voie d’une utilisation plus robuste du pouvoir militaire dans sa politique de sécurité extérieure ».
Un défi pour l’Occident
Cette évolution confronte la Chine et les autres puissances militaires à un nouveau défi: la confiance. L’inévitable musculation de la Chine est considérée comme une menace par l’Europe et les États-Unis. Or Washington et Bruxelles n’ont d’autre choix que de s’y adapter. « Alors qu’il va être de moins en moins possible pour l’Occident de peser sur les choix politiques de Pékin, il devrait tenter d’entraîner les aspirations de la Chine vers une position collaborative », estime Holslag.
Il leur faudrait donc considérer la Chine comme un partenaire majeur de la stabilité mondiale, développer des partenariats militaires. Cela implique de faire pression sur Pékin pour obtenir plus de transparence, mais également de trouver une alternative à l’embargo sur les armes.
Décrété au lendemain du massacre de Tiananmen, il « n’est plus pertinent à un moment où les répercussions de la modernisation militaire chinoise ont lieu à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur des frontières ». Surtout, il « risque d’avoir un effet contre-productif dans la tentative de faire de la Chine un partenaire pacifique de la sécurité mondiale
Frédéric Rohart/l’Echo

lundi 14 octobre 2013

CONGO-BRAZZAVILLE: PÉTROLE ET PROTECTION DU PATRIMOINE ECONOMIQUE DE L’ETAT

INTELLIGENCE ECONOMIQUE

CONGO-BRAZZAVILLE 
PÉTROLE ET PROTECTION  DU PATRIMOINE ECONOMIQUE DE L’ETAT

Par Patrice PASSY 
Conseil en Intelligence Economique 


Qu’est-ce que c’est la guerre économique ?

Prenons le cas de la Libye et de l’Irak, dans ces deux cas, les interactions entre guerre et économie ont produit une dynamique favorable à la fois à la puissance militaire (test grandeur nature de nouvelles armes et tactique de combat) et à la richesse nationale (nouveaux marchés, nouveaux contrats, main basse sur l’économie des vaincus). Nous pouvons dire dans ces deux cas, que la guerre a été au service de l’économie, mais aussi l’économie a structuré et organisé la stratégie de la conduite de la guerre.

Pour le dire d'une autre façon, la guerre économique semble se dérouler sur trois étages :
  • Il s'agit d'abord de produits : gagner des marchés, se procurer des biens nécessaires dans de meilleures conditions, mieux produire et vendre…
  • Il s'agit ensuite de règles : imposer son code y compris sous la forme de normes juridiques internationales ou sous celle de normes intériorisées par les acteurs
  • Il s'agit enfin de promouvoir des images (images de ses entreprises, de son pays, de sa culture, de valeurs  qu'il évoque et incarne) ou des images négatives du concurrent
  • Or ceci se fait par deux moyens combinés : ceux qui ressortent à l'autorité de l'État (sa faculté d'obtenir de l'obéissance sans avoir à verser de contreparties ou sans employer visiblement la force ou la menace), des moyens d'influence qui agissent sur la vision de la réalité que se forment des dirigeants ou des populations. Pour en savoir plus... http://www.huyghe.fr/actu_694.htm 
Pétrole Congolais et guerre économique

La notion de guerre économique se conçoit dans le contexte congolais, comme un tissu d’affrontements économiques entre les multinationales qui sont les bras séculier des puissances économiques dans les rapports marchands mondiaux et les intérêts de l'Etat Congolais. Car, si en cas de guerre les Etats ou les alliances d’Etats se font la guerre jusqu’à la victoire totale, les entreprises, quant à elles, peuvent être tout à la fois concurrentes et partenaires. Dans ce contexte d’affrontements économiques exacerbés, le Congo aiguise depuis la fin des années 90, l’appétit des majors pétroliers. Sa position géostratégique fait de lui  un pivot stratégique dans le Golfe de Guinée. L’arrivée de la Chine pays faisant partie du BRICS dans les rapports économique entre le Congo et le monde extérieur donne à la guerre économique qui se déroule dans le Golfe de Guinée, une intensité particulière au Congo-Brazzaville. Sauf que les Congolais subissent cette guerre sans toujours prêter attention aux subtilité de celle-ci, ni ne disposent d’outils et méthodes de traitement et gestion des situations induites. Cette guerre est bien réelle puisqu'elle a déjà causé beaucoup de morts et de troubles politiques et économiques partout dans le monde. 

En 2013, le Congo-Brazzaville est donc au centre de la nouvelle géopolitique pétrolière et des stratégies de développement des majors. La cherté du baril brut et la nécessaire diversification des sources d’approvisionnements donnent à Pointe-Noire,  une importance stratégique de premier ordre. Nous ne pouvons continuer à être les spectateurs de cette lutte violente pour le leadership mondial, sans amorcer une réflexion-action profonde au niveau des structures de décisions de l'Etat. Nous regrettons que depuis l’indépendance, plusieurs partenariats interentreprises ont été réalisés ainsi que des politiques de coopérations mises en place ou imposées, avec pour objectif principal: acquérir les matières premières congolaises aux prix fixés par l’acheteur.

Comment cela a-t-il été possible ?

Si je peux me permettre de résumer la structuration de ces mécanismes, je m’exprimerai ainsi : aux malformations congénitales des suites d’une « œuvre de civilisation » à tâtons (la colonisation) et d’une décolonisation bâclée, c’est-à-dire structurellement non préparée, s’ajoutent les handicaps institutionnels congolais que renforcent les handicaps culturels. 

Handicaps institutionnels

La myopie stratégique de l’Etat 

1 Il eût fallu d’abord que l’État congolais construise une doctrine : qu’il identifie les intérêts économiques et scientifiques majeurs du Congo, puis qu’il mette en place les outils destinés à leur promotion et à leur défense. Nous n'avons pas développé ce qu'on appelle une culture stratégique dans tous les domaines de souveraineté de l'Etat en 52 ans d'indépendance, malgré nos diplômes.
   
   Il eût fallu ensuite que les administrations publiques soient conduites, voire contraintes, à collaborer entre elles, que l’information circule de manière horizontale et non exclusivement de manière verticale. Que les cloisons en somme disparaissent (le fonctionnement en silos), et que s’atténuent les rivalités et les jeux de « corps » et les tribus afin qu’apparaissent et se développent une gestion en réseaux d’intérêts transversaux et une connivence nationale d’intérêts divergents et convergents entre les centres d'intérêts.
  
  Les pouvoirs publics s’arrogent le monopole de la défense de l’intérêt général ; les entreprises dénoncent de leur côté l’incapacité de l’État à comprendre les réalités du marché et la psychologie de ses acteurs… Et méconnaissent les atouts des entreprises en tant que levier fondamental de croissance et de développement économique.
       
   L’impulsion politique n'a jamais été une tendance lourde et puissante, pour favoriser les convergences d’intérêts entre le secteur public et le secteur privé.

    L’État n’a jamais défini ni les secteurs d’activités stratégiques en termes de souveraineté, d’emplois, d’influence –, ni nos besoins technologiques s’y rattachant, et n’a toujours pas rendu public, les forces et les faiblesses de la recherche et des industries congolaises dans les dits secteurs.
    
     Handicaps culturels
  • Nos élites, issues de la fonction publique ou de l’entreprise, n’ont été formées que superficiellement aux transformations de notre environnement économique international, aux complexités du monde la finance et des économies dominantes. Les décisions des pouvoirs publiques sont souvent aveugles, et quand elles ont la chance d'exister, elles ne sont le fruit que d’une accumulation d’opportunités et d'opportunismes.
Comment protéger le patrimoine national de l’Etat ?

Un état des lieux des vulnérabilités congolaises en 2013, relatif à la protection du patrimoine économique congolais, nous aidera à mieux définir le périmètre des intérêts stratégiques de l'Etat à défendre et à valoriser. 
     
Analyse de l'existant
  • Méconnaissance du rôle de l’Etat dans la protection du patrimoine immatériel de l’Etat
  • Non maîtrise des concepts sur l’Intelligence Economique
  • Promotion des intérêts économiques insuffisante dans le monde et au Congo
  • Insuffisance de la réglementation (droit des affaires, droit du commerce, coopération interentreprises, contrôle des investissements, droit du secret, périmètre stratégique de l’Etat, etc…)
  • Absence d’un environnement favorable à l’émergence d’une offre de services privés aux entreprises dans le domaine de l'audit, le conseil, le lobbying, l’Intelligence Economique
  • Absence d’une réflexion nationale sur l’Intelligence Economique, le périmètre stratégique des intérêts de l’Etat, les pôles de compétitivité économique, la nouvelle économie et ses risques pour l'Etat congolais
  • Manque de cycles de formation
Conséquences dans les rapports entre les acteurs économiques et le marché captif (l’Etat)
  • Difficultés d’accès à l’information à haute valeur ajoutée
  • Incohérence des bases d’informations (Présidence, gouvernement, ministères, organismes publics, chambres de commerce, ambassades, etc…)
  • Absence de sensibilisation et d’information sur  les enjeux et le rôle de l’information dans l’entreprise et les organismes de proximité
  • Manque de formation des techniciens et des cadres sur les métiers de souveraineté (conseil, audit, négociations, expertises pointues)
  • Persistance des intérêts divergents entre l’entreprise privée et les institutions publiques
  • Manque de cohésions des équipes au sein des entreprises
  • Manque de coordination opérationnelle des stratégies et mesures d'accompagnement
  • Absence d’organisation et de management des priorités économiques par projet
Cela fait peser plusieurs menaces sur le Congo-Brazzaville, je n’ai répertorié trois (liste non exhaustive) :

Les menaces financières

        L’OMC dont l’objectif consiste à favoriser le libre-échange, prévoit la possibilité pour les Etats de se doter de dispositifs spécifiques afin de préserver les intérêts essentiels de leur souveraineté. Ces dérogations aux principes du libre -échange figurent aussi dans les statuts du FM
I
Que constatons-nous au Congo-Brazzaville dans la préservation des intérêts essentiels de sa souveraineté :
  • Inexistence d’une loi sur les relations économiques extérieures
  • Absence d’un cadre juridique, fiscal, financier, universitaire clair et précis favorisant et accompagnant  la mise en œuvre des pôles économique, industriel, technologique, informatique, universitaire…
  • Absence d’un concept sur les entreprises stratégiques au Congo
  • Vulnérabilité du capital des entreprises congolaises classées stratégiques
  • Insuffisance des contrôles de certains investissements internationaux
  • Imperfection du dispositif réglementant les relations financières avec l’étranger
Les menaces juridiques
  • Le secret économique n’est pas suffisamment garanti
  • Le secret des affaires n’est pas du tout bien compris, ni préservé
  • Une gestion malhabile de contraintes juridiques internationales
  • Absence d’une loi assurant la protection des entreprises nationales et des particuliers contre le vol du secret d’affaires
  • La cohérence et l’efficacité de textes de lois restent imparfaites
  • Absence de loi sur le crime économique, la fraude économique, l’espionnage économique, le commerce électronique, etc…
  • La coopération inter-entreprises est rarement en faveur des nationaux
  • Des entreprises sont parfois victimes de procédures judiciaires étrangères
Quelles sont les failles congolaises qui profitent à l’extérieur dans la conduite de cette guerre :
  • Manque de patriotisme national
  • Manque sécurité juridique, fiscale et des affaires
  • Gestion malhabile de l’intelligence des affaires
  • Environnement des affaires jugé peu fiable
  • Faible industrialisation
  • Faiblesse de l’investissement privé direct
  • Insuffisance des infrastructures routières et portuaires
  • Faiblesse des communications
  • Main d’œuvre peu qualifiée
  • Intégration régionale balbutiante
  • Pouvoir d’achat des congolais dérisoire
  • Filière agricole traditionnelle non valorisée
  • La faible estime des Congolais de leur propre pays  
Rôle et enjeu de l'intelligence économique dans ce contexte

L’intelligence économique peut nous aider – État, entreprises, collectivités territoriales, associations et fondations – à promouvoir collectivement nos intérêts dans les nouvelles enceintes de régulation et de normalisation. L’intelligence économique ne coûte rien, ou pour ainsi dire, pas grand-chose : son efficacité repose sur celle des réseaux, des circuits de l’information, sur la mobilisation des pouvoirs publics, l’élimination des conflits de chapelle et des cloisonnements, sur beaucoup de méthodes. Sur la valorisation aussi de celui qui donne l’information et non de celui qui la retient, sur la compréhension par les administrations publiques des enjeux de l’entreprise et, pour l’entreprise, des priorités de l’État et donc de la Nation.                   Bernard Cayron

QUE PEUT FAIRE POUR LE CONGO AVEC SON PÉTROLE ET SES MOYENS LIMITES ?

Voici nos quatre axes de notre démarche d'Intelligence Economique

Les prérequis

Sécurité économique : Une mutation de l’Etat à accomplir avant 2014
  • Stratégie nationale et départementale de sécurité économique est nécessaire, nous proposons le création du Conseil National de Sécurité Economique
  • Une organisation des textes est obligatoire mais progressive avant 2014
  • Définition d'un périmètre stratégique de l’économie congolaise dans le cadre d'un comité interministérielle de sécurité économique en 2014
Axes de la démarche

Axe 1 - De la Défense Nationale à la Sécurité Economique
  • N.B : Du fait de la complexité des interactions entre les différents départements et de la sensibilité de la question au Congo-Brazzaville, il est indispensable d’adopter la stratégique des petits laboratoires de  manière itérative avec comme mode opératoire le management par projet, en proposant pour chaque axe un « root », première approximation qu'on affine au fur et à mesure que s’accroît notre compréhension du périmètre stratégique de l’économie et des intérêts identifiés.
Axe 2 - Une stratégie nationale et départementale de sécurité économique est nécessaire

Principe : L’Etat doit agir par la commande publique, un nouveau cadre juridique doit remplacer les règles actuelles, obsolètes et inadaptées de passation des marchés publics.
  • Définir une stratégie nationale de sécurité économique
  • Conseiller le Président de la République sur les politiques économiques nationales et internationales
  • Définir les orientations de la politique menée dans le domaine de la sécurité économique et d’en fixer les priorités
  • Assurer la cohérence et la coordination des actions menées par les différents pôles et ministères
  • Procéder à la revue des projets annuels et l’évaluation des exécutions, enfin veiller à l’adéquation des moyens mises en œuvre
  • Soutenir la conquête du marché intérieur et extérieur
 Axe 3 : Une organisation des textes est obligatoire mais progressive au Congo avant 2014

·         L’on ne change pas la société par décret. En revanche, le droit peut et doit être changé ou réadapté par la société ou l’Etat et ce chaque fois que le besoin se fait sentir à l’occasion d’une évolution technologique, d’une découverte scientifique ou de l’évolution des rapports économiques mondiaux. L’évolution du droit doit aller de pair avec les processus économique, social, politique, commercial, culturel, idéologique, etc. Un droit qui ne correspond plus à la situation économique à laquelle il s’applique est un véritable frein à la compétitivité économique, au progrès et au développement économique, commercial, politique, culturel, humain.

Axe 4 : Les quatre laboratoires en vue d’une définition d'un périmètre stratégique de l’économie congolaise en 2012 par le comité interministérielle sur la sécurité économique

Les quatre laboratoires

Root 1 : Dimension stratégique
  • Etat des lieux des intérêts stratégiques nationaux
  • Analyse stratégique du contexte et de l’environnement actuel du Congo
  • Définition d’une stratégie globale et transversale de sécurité économique
  • Définition d’un périmètre stratégique de l’économie nationale
  • Proposition d’un cadre législatif et d’un cadre référentiel
Root 2 : Dimension opérationnelle
  • Mettre en place une cartographie décisionnelle et informationnelle de chaque entreprise, organisation, institution…
  • Disposer d’une cartographie des besoins des entreprises et des compétences disponibles
  • Créer une direction centrale de contact et de soutien aux entreprises
  • Créer une bourse de compétences congolaise de la diaspora
  • Organiser un guichet unique d’information stratégique à haute valeur ajoutée
Root 3 : Cœur national stratégique
  • Sensibiliser les décideurs politiques, économiques, les PME congolaises aux nouvelles pratiques de la compétition internationale
  • Fédérer les institutions nationales autour d’une démarche de compétitivité économique, recherche et développement, d’Intelligence économique, cohésion nationale et non cohésion tribale
  • Développer les axes de développement selon les compétences congolaises et les ressources disponibles
  • Professionnaliser les entreprises stratégiques à la culture du partage de l’information stratégique
  • Organiser les réseaux institutionnels de connivence d’intérêts
  • Développer de nouveaux paradigmes autour des notions : cohésion nationale, Nation Congolaise, tribu, vivre et agir ensemble, Unité Nationale, développement de l’homme congolais etc…
  • Sensibiliser les cadres à la gestion en contexte international des problématiques interculturelles pour toute communication, négociation, partenariat et mission à l’extérieur.
Root 4 : Dimension prospective
  • Organiser la réponse de l’Etat par projet stratégique à définir selon les besoins et priorités
  • Créer des lieux de pollinisation mutuelle sur les thèmes suivants : Analyse stratégique, intérêts congolais, lobbying, transfert de connaissances, intelligence économique…
  • Réfléchir sur la stratégique de développement économique et la cohésion sociale
  • Organiser nos connaissances et surveiller les variables économiques a effet direct et indirect sur l'ensemble de l'économie congolaises.
Patrice PASSY
Directeur associé de DB CONSEILS
  • Consultant - formateur en Gestion des problématiques interculturelles à DGC - MBA 1 & 2
  • Intervenant à lISEAM 3ème cycle / Msa 2 en Intelligence économique et compétitivité  de lentreprise
13 ans dexpérience internationale (Paris, Bruxelles, Shanghai, Vienne, Johannesburg, Abidjan, Brazzaville, Cotonou, Kinshasa, Dakar, Douala….)

Consultant-formateur en entreprise 
Conseiller d’acteurs politiques en Afrique Centrale