lundi 23 décembre 2013

Sommet de l'Elysée: Contre-propositions afro-françaises pour une néo-décolonisation africaine - réponse au rapport Védrine-Zinsou


LE PROCESSUS DE NÉO-DÉCOLONISATION AFRICAINE

Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique
Mouvement de Néo-Décolonisation de l'Afrique Francophone (MNDAF)


La ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, a souligné que « les investissements de la Chine et de l’Inde sont de plus en plus importants. Nos partenaires traditionnels devront travailler dur pour nous convaincre de coopérer avec eux. La France peut, par exemple, jouer un rôle essentiel en nous aidant à relever le défi des infrastructures » 


La France en 2013 dispose t-elle de la culture stratégique, de projets structurants, des moyens financiers pour relever le defi des infrastructures, d'une vision politique pour l'Afrique afin de mieux épouser les courbes de l'émergence des économies africaines ?


Face à la Chine, les initiatives économique incohérentes, les réformettes, la démocratie imposée ou orientée et la volonté politique ne suffissent plus.

Le président François Hollande.  « L'Afrique est le continent de demain, de l'avenir. C'est une opportunité pour les Africains eux-mêmes, mais aussi pour les grands pays industrialisés, même si les pays émergents ont eu plus de célérité à comprendre le changement qui se passe en Afrique.  Le temps de l'Afrique est venu. »


Voici en résumé, l’offre française de participation à l'émergence économique de l'Afrique

La conférence de Bercy « Pour un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France » a été organisée par le ministère de l’économie et des finances en partenariat avec le MEDEF International dans le cadre des manifestations du Sommet de l’Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique. C’est à cette occasion qu’a été remis le rapport « Un partenariat pour l’avenir ». Le document présente 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France.
Le rapport « Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France » a été rédigé, à la demande de Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, par cinq personnalités françaises et franco-africaines du monde politique et économique : Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, Hakim El Karoui, Jean-Michel Severino, Tidjane Thiam, Lionel Zinsou. 


Cette manifestation qui a eu lieu le 04 et 05/12/2013 a été marquée par la présence du président de la République, François Hollande, qui avait cloturé l’événement, accompagné de Macky Sall, président de la République du Sénégal, d’Alassane Dramane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire et de Jakaya Mrisho Kikwete, président de la République unie de Tanzanie.
Six cents participants, chefs d’entreprises, membres de gouvernements africains, représentants d’organisations régionales africaines et dirigeants d’institutions financières étaient présents à cette Conférence économique, consacrée aux partenariats économiques, industriels et financiers entre entreprises africaines et françaises.
La conférence de Bercy s’inscrit dans le cadre des manifestations du Sommet de l’Elysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique des 6 et 7 décembre 2013. Voici en résumé ce que la France en 2013 se propose comme moyens, outils et démarche pour épouser les courbes de l'émergence économique des pays africains, elle le propose aussi aux Africains pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France.
Quinze propositions
  1. Poursuivre et amplifier les mesures révisant la politique  française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ;
  2. Relancer la formation du capital humain, la coopération universitaire et de recherche, les échanges intellectuels et les orienter vers le développement ;
  3. Soutenir le financement des infrastructures en Afrique ;
  4. Réduire le coût de mobilisation des capitaux privés et des primes de risques appliquées à l’Afrique ;
  5. Contribuer au renforcement des capacités de financement de l’économie africaine ;
  6. Augmenter les capacités d’intervention de l’union européenne en faveur de l’Afrique ;
  7. Susciter des alliances industrielles franco-africaines dans des secteurs clés pour les économies française et africaine : agriculture, énergie, transport, développement urbain, biens de grande consommation, numérique, industries culturelles, santé, tourisme et sécurité ;
  8. Promouvoir l’économie responsable et l’engagement sociétal des entreprises ;
  9. Accompagner l’intégration régionale de l’Afrique ;
  10. Renforcer l’influence de la France en Afrique ;
  11. Réinvestir au plus vite la présence économique extérieure française en Afrique subsaharienne ;
  12. Intensifier le dialogue économique entre l’Afrique et la France ;
  13. Favoriser l’investissement des entreprises françaises en Afrique ;
  14. Faire de la France un espace d’accueil favorable aux investissements financiers, industriels, commerciaux et culturels africains ;
  15. Créer une fondation publique-privée franco-africaine qui sera le catalyseur du renouveau de la relation économique entre la France et l’Afrique.


FRANCE - AFRIQUE - 1960 -2013

DE LA CULTURE DE LA RENTE ET DES ZONES DE CONFORT ECONOMIQUE AU PACTE ECONOMIQUE DE DÉVELOPPEMENT MUTUEL FRANCO-AFRICAIN

En réponse à cette offre française pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France, nous proposons une contre-offre comme critique constructive visant à reformuler de manière globale et transversale les prérequis d'un vrai partenariat économique tant en France qu'en Afrique francophone. Mais avant, de manière très succincte, voici ce qui se passe loin des médias, des préjugés, des stéréotypes dans l'Afrique économique et démographique.

L’Afrique pourrait gagner des points de croissance supplémentaires avec de meilleures infrastructures, a estimé le 4 décembre  2013 à Paris, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka. Il s’exprimait  dans le cadre du Forum « Un nouveau modèle de partenariat économique entre l’Afrique et la France »,  volet économique du Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique.
Pour Kaberuka, les 5% de croissance actuels ne sont pas suffisants.  « Tout le monde se satisfait d’un taux de croissance de 5% du  PIB du continent depuis plusieurs années, a-t-il déploré. Mais ce n’est pas ce dont l’Afrique a besoin. Avec la forte croissance démographique, le niveau de croissance nécessaire devrait se situer à 7%. Cette différence entre 5% et 7% est due aux mauvaises infrastructures qui pénalisent le développement du continent. Donc, si nous avions de bonnes infrastructures, nous pourrions atteindre sans difficulté un taux de croissance de 7% par an.  Ce qui serait un bon départ pour l’Afrique. »
Un appel à la mobilisation du président de la BAD qui doit contribuer à éliminer les statistiques qui parlent d’elles-mêmes. Un Africain sur dix n’a pas accès à une route et le coût de l’énergie est deux fois plus élevé sur le continent que partout ailleurs dans le monde. L’Afrique produit à peine 2% de l’électricité mondiale et 600 millions d’Africains n’ont pas accès à cette source d'énergie. 
Résultat: Le manque d’infrastructures affecte la productivité des entreprises du continent de 40% !
Pour résorber ces manques et doter l’Afrique d’infrastructures à la hauteur de son développement, 120 milliards de dollars sont nécessaires. Dont les deux-tiers sont à investir dans de nouvelles installations (routes, aéroports, etc.) et un tiers destiné à l’entretien et la maintenance de ces équipements. Et il faut trouver le reste  qui se situe entre  45 et 50 milliards de dollars.
« Le chiffre peut paraître énorme, mais il n’est pas insurmontable », a insisté Donald Kaberuka.  Et le président de la BAD de préciser : « Le défi de BAD est de constituer un outil en trois points. 
  • Le premier doit permettre que les projets d’investissements dans les infrastructures deviennent rentables, sérieux et viables. 
  • Le deuxième est de mettre en place des investissements dont le risque a été atténué. 
  • Et enfin, le troisième point est d’utiliser nos propres ressources pour trouver des capitaux supplémentaires. »
Si le temps de l'Afrique est venu c’est parce qu’elle recèle d’immenses opportunités, avec sa population d’un milliard, jeune et urbanisée, et un marché émergent extrêmement dynamique, dans des secteurs tels que les technologies de l’information notamment. 

Si le temps de l'Afrique a sonné, c'est aussi parce qu'elle est capable de proposer à la France son offre d'émergence économique dans une logique d'offres et de mutualisation d’intérêts d'Etat et des peuples.

 1-Sommet de l'Elysée: Contre-propositions afro-françaises pour une néo-décolonisation africaine - réponse au rapport Védrine-Zinsou
Tous droits réservés 
Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique
Mouvement de Néo-Décolonisation de l'Afrique francophone

Concrètement

Janvier 2014
Appel à contribution aux contributions franco-africaines sur la néo-décolonisation africaine de la France                                 
Lancement, organisation et gestion du processus africain de néo-décolonisation africaine de la France
  • Débat public afro-africaine sur l’opportunité ou non de poursuivre les rapports privilégiés avec la France
  • Création des commissions nationales de néo-décolonisation, management des ressources par pays, par sous région
  • création des commissions de coordination interne et de gestion des interfaces 
  • Campagne de communication, de recrutement des spécialistes des questions militaires, économiques, stratégiques, diplomatiques, géostratégiques 
  • Etablissement des objectifs politiques, économiques, militaires, scientifiques, linguistiques etc…
  • Ingénierie financière du processus, gestion du planning, des aléas et contraintes                                                     
Février
Réunions interministérielles sur les  Assises de la Néo-Décolonisation de l’Afrique francophone (ANDA) à Brazzaville en tant qu'ancienne capitale de la France Libre

Le « New Deal Economique Franco-Africain »

 Diagnostic des vulnérabilités multidimensionnelles et multisectorielles, multifactorielles, interculturelles 
  • Définition par pays du périmètre des intérêts stratégiques partagés avec la France et des intérêts stratégiques nationaux non partagés - Analyse des marges de manœuvres, des goulots d'étranglements, des espaces d'expression, des complexités par pays dans le cadre de l’émergence économique, présentation d’une nouvelle
  • Etablissement des intérêts collectifs entre les pays de la sous-région
  • Proposition d’un nouveau mode de gouvernance des rapports France – Pays
  • Présentation de la politique africaine des pays francophone pour la France (par pays, sous régionale, régionale, dans le cadre des relations bilatérales)
Mars
Réunion interministérielle sur le diagnostic de l’image de l’Afrique francophone Forum The New Homo Africanus (NHA) à Yaoundé

Création de la Charte de l’image et de la communication du New Homo Africanus

   Stratégie de positionnement et de communication du continent globalement et par pays selon sa diversité, son histoire, son image, ses périodes sombres, ses exemples, ses échecs, son émergence économique, ses religions, ses langues

Avril

Groupes de travail 1: (France et les 17 pays) sur la réécriture des manuels d’histoire, de géographie, de de sciences politiques, économiques, humaines et sociales. 

Chantiers opérationnels par pays d'Afrique francophone sur la langue française: conformité, aménagement ou dépassement

Etat des lieux et moyens d’action 

Le rayonnement et l’influence de la France en Afrique

Le rayonnement et l’influence des langues et cultures des ex Républiques sœurs d’Afrique en France

Mai
Groupes de travail 2
La QUESTION FRANÇAISE en Afrique francophone à Kinshasa 

Le Pacte de Développement Mutuel franco-africain

Pour une intelligence africaine de la question française: 
  • Analyse des forces, faiblesses, menaces, et opportunités de la coopération française vue d’Afrique
  • Management par projet et par objectif par pays, par sous région ou zone monétaire ( Zone NZIBU par exemple) des objectifs assignés à la nouvelle charte de coopération africaine pour la France – Création d’un Institut de coopération internationale franco-africaine 
Juin
Groupes de travail 3
La révision de tous les accords coloniaux et post-coloniaux en Afrique francophone à Dakar

La Politique Militaire de la France en Afrique a pour fondements les raisons suivantes :-Economiques – Culturelles - Géostratégiques et Politiques

Le groupe de travail doit permettre l’analyse de la faisabilité de création dans chaque pays d’Afrique francophone d'un « chantiers opérationnels d’émergence économique » en intégrant ces facteurs bloquant et déstabilisant en vue de déboucher sur l’établissement d’un AGENDA 18 (Les 17 pays d’Afrique francophone et la France) avec pour objectif un plan d’action du Pacte de Développement Mutuel franco-africain par pays, par sous région, dans une logique d'offres de partenariats et de collaboration non toxiques pour les gouvernements et peuples africains

Juillet
Groupes de travail 4:  
Chantier opérationnel sur les nouvelles zones monétaires d’Afrique francophone (CEMAC - UMOA) à Abidjan

Mise en plan d’un chantier opérationnel destiné à définir les modalités ''concrètes'' de mise en œuvre d’une nouvelle monnaie africaine (CEMAC ET UMOA) ou à abandonner le nom "zone franc" et l'établissement d'un régime flottant vis-à-vis de l'euro.

Août
Groupes de travail 5:  
L’Afrique francophone et l’enjeu Chinois
Somment Chine – Afrique – France à Kinshasa

Offre africaine d’émergence économique (CEMAC et UMOA):« New Deal Economique Afro-français» 

Septembre – Octobre – Novembre
  • Remise des rapports des groupes de travail et réunion des commissions interministérielles pour validation et préparation du sommet France – Afrique francophone
Le processus de néo-décolonisation de l’Afrique francophone va donc avoir pour contenus:
  • Le Nouvel Homo Africanus
  • Le Pacte de Développement Mutuel Franco-Africaine
  • New Deal Economique Afro-Français
  • L’Agenda 18 (France et les 17 Etats francophone) pour élaboration d’un plan triennal sur les trois points précédemment cités.
  • Communication des plans d’action dans chaque pays et organisation de la mise en cohérence des activités, planning, missions  et actions
  • Préparation de la base de travail, de négociation et d'accords lors du sommet des chefs d'Etat, préparation du sommet Afrique - France 
2- Propositions afro-françaises pour une néo-décolonisation française de l’Afrique
Tous droits réservés 
Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique
Mouvement de Néo-Décolonisation de l'Afrique francophone

Organisation du processus de néo-décolonisation africaine en France

Le temps de l'Afrique a sonné, sauf qu'il y a une grave crise du temps français en Afrique francophone http://ppassy.blogspot.fr/2011/08/la-crise-du-temps-francais-en-afrique.html), il n'est pas trop tard, mais les marges de manoeuvres sont bien entamées. Voici nos axes d'intervention pour "pour tout changer, sans rien changer".

Axes d’intervention: Les conversations stratégiques nationales sur l’Afrique francophone

Qu'est ce que c'est ? 

C'est un système de pose de questions stratégiques visant la recherche des solutions adaptées à l'émergence économique annoncée du continent  dans lequel l'influence, le rayonnement et les parts de marché français s'érodent de manière accélérée. (http://ppassy.blogspot.fr/2012/08/intelligence-des-crises-et-crise-des.html) 

Ces solutions doivent être participative, transversale, globale et décloisonnée. En l'espèce, c'est un ensemble de rencontres politiques, économique, financière, interculturelle, universitaire, sociale, technologique,  organisées en France de janvier et Décembre 2014. Les conversations stratégiques nationales visent à prendre des décisions à long terme en matière de néo-décolonisation de la France et des français de l’Afrique, en particulier pour restaurer la crise de confiance, de crédibilité, d'image de la France en Afrique. 

Cela passe par la mise en place:

  • d'une Agence Intergouvernementale de Management des Intérêts Franco-Africains (AIMIFA) de 2014 à 2020, grâce à des chantiers opérationnels par pays et par blocs régionaux, présentés par les pays de la zone franc et validés dans le cadre 
  • du Pacte de Développement Mutuel franco-africain
Axe la démarche

Le système de pose des questions stratégiques, cinq questions principales.

Axe politique
  • Démocratie et développement: pourquoi l’Afrique francophone est la seule zone au monde ou le taux de mort violente des chefs d’Etat en exercice est le plus élevé au monde ?
Axe culturel et langue
  • Culture française et responsabilité: Quel est le poids de la culture française dans la moins value de la zone Franc ?
Axe militaire
  • Frénésie interventionniste: Y a-t-il une alternative durable aux interventions militaires récurrentes françaises en Afrique francophone ?
Axe monétaire
  • Zone franc: Pourquoi la zone franc est la zone économique la moins compétitive d’Afrique ?
Axe mondialisation
  • Mondialisation et la place de la France dans son pré-carré: Enjeux, place et rôle de la France dans une Afrique concurrentielle ?
Un débat franco-français et afro-français sera organisé, via 5 collèges transversaux d’experts et membres de la société civile.

Chaque collège aura pour vocation de préparer les réponses aux questions sectorielles qui vont se poser dans les groupes ci-dessous:

Groupe 1 : Démocratie africaine et développement économique africain, comment s’arrimer à l’émergence économique de l’Afrique à l’horizon 2025 (offre française du « new deal économique » mutuel franco-africain)

Groupe 2 : La France et ses intérêts en Afrique francophone: la révision de tous les accords post-coloniaux, coloniaux en vue de leur adaptation aux nouvelles donnes, remplacement par le Pacte de Développement Mutuel franco-africain

Groupe 3 : Création de l’agence intergouvernementale de management des intérêts franco-africains de 2014 à 2020

Groupe 4 : Comment adapter la zone franc ?

Groupe 5 : Travaux préparatoire visant la présentation d’un « document d'orientation préliminaire » sur la création de 17 pôles universitaires, 17 écoles polytechniques en Afrique francophone, Instituts technologiques, instituts nationaux de défense, centres d’analyse stratégiques gouvernementaux.

Groupe : Histoire, image, communication, la langue: la néo-décolonisation française de l’Afrique francophone

Chaque groupe va travailler en «  ateliers  » ; par exemple, pour le groupe 1, en trois ateliers :
  • Atelier no 1 : Démocratie française et Démocratie africaine: comment respecter le choix des peuples tout en veillant aux intérêts français ?
  • Atelier no 2 : La nouvelle offre française: le new deal économique français avec l’Afrique francophone (par pays et par sous région)
  • Atelier no 3 : L’émergence économique de l’Afrique, comment épouser les courbes de son développement ?
Chaque groupe devait se réunir quatre fois, la complexité de certains sujets peut obliger des groupes à organiser une ou deux réunions supplémentaires.

Remise des rapports des groupes de travail a l'Agence Intergouvernementale de Management des Intérêts Franco-Africains (AIMIFA), synthèse faite au président de la République

Concertations nationales
  • Réunion des partis, de la société civile, des experts sur le processus de néo-décolonisation de l’Afrique
  • Communication nationale AVANT le Sommet France-Afrique sur la néo-décolonisation en vue de préparer l'opinion à mieux accepter les différentes réformes structurelles, organisationnelles et fonctionnelles des relations entre la France et les pays d'Afrique francophone  
LE PROCESSUS DE NÉO-DÉCOLONISATION DE L'AFRIQUE FRANCOPHONE PEUT AINSI DÉMARRER SUR DES BASES SAINES, DANS UN RAPPORT GAGNANT-GAGNANT.
Patrice PASSY
Directeur associé de DB CONSEILS
Conseil en Intelligence Economique
Mouvement de Néo-Décolonisation de l'Afrique Francophone (MNDAF)


Nous commençons dès Janvier 2014
Le champ est vaste, il me manque des ouvriers et des cadres bénévoles, à vous plumes, vos esprits et volontés.

Janvier 2014

Appel à contribution aux contributions franco-africaines sur la néo-décolonisation africaine de la France                                 
Lancement, organisation et gestion du processus africain de néo-décolonisation africaine de la France

Travaux à faire pour ce mois
  • Débat public afro-africaine sur l’opportunité ou non de poursuivre les rapports privilégiés avec la France
  • Création des commissions nationales de néo-décolonisation, management des ressources par pays, par sous région
  • création des commissions de coordination interne et de gestion des interfaces 
  • Campagne de communication, de recrutement des spécialistes des questions militaires, économiques, stratégiques, diplomatiques, géostratégiques 
  • Etablissement des objectifs politiques, économiques, militaires, scientifiques, linguistiques etc…
  • Ingénierie financière du processus, gestion du planning, des aléas et contraintes

lundi 16 décembre 2013

"Doing Business" : pourquoi le rapport fait polémique

"Doing Business" : pourquoi le rapport fait polémique


Le classement de référence de la Banque mondiale est-il crédible ? 
Tout en y accordant énormément d'importance, un nombre croissant de pays africains commencent à critiquer le rapport "Doing Business".
"Je n'ai jamais rencontré les enquêteurs qui réalisent cette étude, et je m'interroge sur leurs sources. Leurs méthodes de collecte d'informations doivent être remises en question." Début novembre, Albert Yuma Mulimbi, patron des patrons de RD Congo et président de la Gécamines, n'y est pas allé par quatre chemins pour jeter le doute sur la crédibilité du rapport phare de la Banque mondiale : le "Doing Business", qui classe chaque année la quasi-totalité des États du monde (189 cette fois) en fonction de la facilité
Doing-Business info
Cliquez sur l'image.
 Il faut dire que son (Abert YUMA) pays stagne à la 183e place. Avant lui, au Sénégal, c'est Macky Sall lui-même qui est monté au créneau. D'après le chef d'État, l'édition 2014 de ce rapport ne reflète pas la réalité des progrès réalisés par son pays (178e). Sur le continent, la polémique commence à enfler. Frédéric Meunier, l'un des experts du "Doing Business", explique : "Le propre d'un classement, c'est que, quand certains montent, d'autres descendent. Si vous parlez avec les représentants de la Côte d'Ivoire (qui a gagné six rangs cette année), du Gabon (+ 6) ou du Burundi (+ 17), vous entendrez un autre son de cloche." Les bons élèves mettent en effet leurs performances en avant pour attirer les investisseurs. De nombreux États ont même créé des cellules consacrées à l'amélioration de leurs performances en la matière. C'est le cas du Burundi, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, du Togo et du Congo.

Que faut-il alors penser des récriminations ? 
À Washington, siège de la Banque mondiale, la question a déjà été prise en compte après des critiques formulées en mai 2013 par certaines puissances asiatiques : la Chine (91e en 2013 et l'un des principaux actionnaires de l'institution) et l'Inde (132e). Un comité, mis en place par l'institution et dirigé par Trevor Manuel, le ministre du Plan sud-africain, a ainsi passé au crible la méthodologie du "Doing Business". 
Ses recommandations 
  • Garder le rapport mais le renommer et, surtout, renoncer à classer les économies. 

Si Jim Yong Kim, le président de la Banque, a fermement rejeté ce conseil, il a néanmoins promis d'élargir certains critères et d'améliorer la méthodologie.
Car les résultats sont parfois incongrus, voire aberrants. 
Exemples : le Burkina Faso et la RD Congo sont mieux classés que le Canada en matière de raccordement à l'électricité tandis que Madagascar et le Nigeria se retrouvent loin devant la France en termes de protection des investisseurs (80e). 
Pour y voir plus clair, Jeune Afrique http://economie.jeuneafrique.com/index.php?option=com_content&view=article&id=20860 s'est penché sur la pertinence de certains des dix critères.
Accès à l'électricité
En matière de raccordement électrique, le Burkina et la RD Congo sont mieux classés que le Canada !






Le raccordement à l'électricité est l'unique critère du "Doing Business" touchant aux infrastructures. Mais attention, la notation sur ce point concerne seulement la complexité des démarches pour être connecté au réseau, leurs coûts et les délais d'installation. Ni la production ni la disponibilité électrique ne sont prises en considération. Qui plus est, ces éléments sont examinés pour les entreprises installées dans les plus grandes métropoles d'affaires. L'accès à l'électricité dans les villes intermédiaires et les zones rurales n'est pas étudié par les experts de la Banque mondiale. Mohamed Amar, directeur général de la branche internationale de la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (Steg), conteste cette manière de procéder : "Avec cette technique, la Guinée (91e selon ce critère) est mieux classée que le Maroc (97e), alors qu'elle ne fournit, dans le meilleur des cas, que quelques heures d'électricité par jour à Conakry." Et d'ajouter : "Si un pays comme Maurice est aussi bien placé (48e), c'est aussi parce qu'il a un faible nombre de nouveaux raccordements à gérer sur un petit territoire. Ce qui n'est pas le cas en Afrique du Nord, où les progrès annuels sont importants et où le taux d'accès à l'électricité est plus élevé. En Tunisie (55e), nous recensons quelque 115 000 nouveaux raccordements par an... quand le Rwanda (53e) n'en compte que 1 000 à 2 000."
Autre écueil selon le Tunisien - qui a participé par le passé à la récolte de données pour le "Doing Business" dans son pays -, "les États qui ont fait le plus d'efforts pour investir, notamment en matière de production d'électricité, tel le Congo (175e), ne sont pas récompensés et restent dans les profondeurs du classement".
Environnement juridique
Via "la protection des investisseurs" et "l'exécution des contrats", les experts de la Banque analysent l'environnement juridique des entreprises. Le premier critère traite du cas où les actionnaires minoritaires d'une société cotée contestent un achat lancé par l'actionnaire majoritaire. Mais d'après l'avocat français Benoît Le Bars, cette situation est peu représentative des litiges portant sur la protection des investisseurs en Afrique. "Le nombre de sociétés cotées est extrêmement faible sur le continent. Le problème le plus courant en la matière, c'est la violation du pacte d'actionnaires, c'est-à-dire lorsque, dans le cadre d'un projet impliquant une société étrangère, l'une des deux parties ne respecte pas ses engagements", explique ce spécialiste de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), surpris du mauvais classement du Sénégal (170e), "pourtant pas plus mauvais élève que les autres pays ouest-africains".

Commerce avec l'étranger
En revanche, l'avocat juge pertinent "l'exécution des contrats", critère qui apprécie le mode de résolution d'un litige entre un vendeur et un acheteur qui refuse de payer des marchandises non conformes. "Sur ce point, que le Cap-Vert (35e dans ce cas) et le Rwanda (40e) soient bien positionnés, ou que l'Angola (187e), le Bénin (181e) et la Centrafrique (180e) figurent en bas du tableau, le fonctionnement des systèmes judiciaires de ces pays est bien reflété", estime-t-il.
Exporter, mais aussi importer :
La Banque mondiale donne des bons points aux économies les plus ouvertes. Pour en juger, le "Doing Business" tient compte du nombre de documents indispensables pour expédier ou recevoir des marchandises par voie maritime, mais aussi du temps nécessaire et des coûts pour un conteneur équivalent vingt pieds (EVP). Parce que leurs économies sont très liées aux marchés européens, la Tunisie et le Maroc font figure de bons élèves en la matière (respectivement 31e et 37e). A contrario, les pays subsahariens sont, une fois encore, beaucoup plus bas. Le Gabon se situe par exemple au 135e rang et la Côte d'Ivoire au 165e. Abidjan exige par exemple neuf documents pour exporter et dix pour importer, quand la Tunisie n'en demande respectivement que quatre et six. Pis, le délai pour faire entrer une marchandise sur le territoire ivoirien est de trente-cinq jours, contre seulement seize dans un port marocain. Sans surprise, la situation est encore plus difficile pour les pays enclavés comme le Burkina Faso (174e) ou le Niger (178e), où le trajet jusqu'au port le plus proche entraîne des frais supplémentaires.
Création d'entreprise
Est-il facile de lancer sa société ? C'est l'une des questions phares auxquelles tentent de répondre les enquêteurs. Dans la plupart des États africains, le nombre de procédures administratives exigées reste important, tout comme celui des jours nécessaires pour les effectuer, le coût cumulé de toutes ces démarches et le montant minimum du capital requis pour constituer une entreprise. Même dans les pays mal classés, ces critères font peu débat. En ouvrant un guichet unique qui limite les formalités à cinq (contre dix auparavant), la Côte d'Ivoire a réduit le délai d'obtention des sésames de trente-deux à huit jours. Elle est ainsi passée de la 176e place en 2013 à la 115e en 2014. Reste que, en ne prenant en compte que les investisseurs nationaux, l'enquête de "Doing Business" sous-estime les difficultés rencontrées par les étrangers. Ainsi en Algérie, l'obligation qui leur est faite de trouver au moins un partenaire local (à hauteur de 51 %) constitue un sérieux obstacle.


lundi 9 décembre 2013

POUR UNE INTELLIGENCE AFRICAINE DE LA QUESTION FRANCAISE

La gestion des complexités en Afrique francophone de 2013 à 2020  les six tendances lourdes à comprendre puis, à gérer.

   Par Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique et Communication d'Influence

Depuis l’année 2000, la seule constance en évolution dans le monde et plus particulièrement en Afrique francophone c’est le changement.  Tous les hommes politiques dans le monde lors des échéances électorales dans les processus démocratiques, prônent, proposent, font miroiter une seule chose : le changement. Si le changement devient un espoir, une exigence, une promesse et même une source de victoire (Obama), cela veut simplement signifier que l’immobilisme, le statu quo, les attentes et les impatiences des peuples deviennent insupportables, ingérables et source d’angoisse politique en Afrique. L’Afrique francophone a faim, elle souffre des sept faims qui sont : 
1.   La faim pour se procurer un toit décent
2.   La faim pour se nourrir
3.   La faim pour s’habiller
4.   La faim pour éduquer et s’éduquer
5.   La faim pour gagner mieux sa vie
6.   La faim pour vivre heureux

Ces faims ont une particularité pour un chef d'Etat ou un gouvernement, ils génèrent un taux de gestion des urgences très élevé. Il est difficile dans ce cas de respecter sa planification ou son programme politique. Or la gestion des urgences n'est pas une politique cohérente globale et structurante. Elle est en Afrique francophone une dynamique déstructurante qui dresse deux obstacles face aux sept faims du peuple qui en retour réclame le « besoin de changement ». 
Il s’agit de :
·  l’immobilisme politique avec son corollaire le poids des intérêts multidimensionnels qui agitent les puissances étrangères, animent, et orientent le fonctionnement des Etats, structurent l’organisation et l’obéissance passive des actes et acteurs diplomatiques.
Mais le changement est une force naturelle irascible à la fois imprévisible et prévisible qui peut brusquement se réveiller ou très lentement se structurer. Les deux cas se conjuguent de plus en plus en Afrique, la grève générale au Nigéria suite à la hausse du prix du pétrole nous rappelle que le feu couve et le peuple a de moins en moins peur de se sacrifier pour les générations futures. Pour la première fois en Afrique les "sans avenir" sont prêts à mourir pour laisser à leur enfant un avenir meilleur, c’est une évolution dangereuse et inhabituelle dans l'agir des peuples.

En 2013, nous relevons une reprise de la frénésie interventionniste militaire française dans son "pré-carré", cela nous renseigne que le rythme prévisible ainsi que les risques imprévisibles du changement ne cessent d’augmenter. Les alliances économiques, les partis politiques, les organisations, les entreprises, les structures  qui ne parviennent pas à épouser pour mieux gérer ce changement cesseront d'exister dans les 20 années à venir, c’est-à-dire avant 2033. 
Les 6 tendances dont je vais résumer volontairement le contenu [1], reflètent le changement radical que va subir de manière croissante et transversale l’Afrique au cours de ces 20 années à venir. 
Ces 6 tendances se déploient et s’exécutent dans les sociétés, par la technologie, l’environnement, la finance, l’économie et les systèmes politiques, la circulation de l’information. A ce jour, seul le Maroc a intégré rapidement ces tendances dans sa planification stratégique en fonction des assauts des priorités du peuple marocain et de la hiérarchie des besoins de base du peuple. Revenons à ce six tendances.
  
1ère tendance dans l’Etat franco-africain 
La fin des certitudes

Les spécialistes des questions africaines relèvent que la tendance lourdement prévisible en 2013 est la fin des certitudes, même la France bénéficiant des privilèges exorbitants dans sa zone de conforme économique (la zone franc) ne peut espérer vivre longtemps de sa situation de rente. Elle est de plus en plus contrainte de supporter son nouveau rival principal : la Chine, de contrôler les intrusions répétées et de mieux en mieux coordonnées de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud. La France et ses alliés traditionnels, vont devoir progressivement inventer d’autres « vaches à lait économique » pour compenser le manque à gagner en Afrique francophone. 

Or les situations de rente économique ne sont pas extensibles à souhait, ni éternelles, il faudrait donc se préparer à livrer de violentes batailles pour la protection des intérêts de l’Etat chacun à son niveau ou s’aligner sur la volonté du maître pour être et durer au pouvoir. A chacun de nous, de choisir comment écrire son histoire avec son peuple et le monde qui aime l’écrire à votre place. Disons, que nous allons tous assister, entre 2013 et 2017, dans beaucoup de cas (entreprises, partis politiques, intérêts d’Etats, relations bilatérales entre Etat) à la récurrence d’une tension diffuse entre le besoin de changement des peuples et le refus de la fin des certitudes. La Côte d’Ivoire, la Centrafrique et la Lybie sont les meilleurs exemples en ce début du 21e siècle.

2ème tendance 
Une nouvelle organisation des structures de l’Etat et du fonctionnement des  politiques permettant un repositionnement permanent

La France a bien compris depuis la fin des années 90 que pour gérer au mieux ses intérêts en Afrique, une nouvelle forme d'organisation s'impose pour naviguer sur les courants forts et déstabilisants du monde multipolaire du 21ème siècle. Les pays d’Afrique francophone accuse un net retard dans leur capacité d’adaptation, alors que les événements de Libye et de Côte d’Ivoire ont bien fait comprendre à tous les dirigeants africains qu’une nouvelle ère s’est écrite avec des bombes, du pétrole, la finance internationale, la communication d’influence et le droit d’ingérence non plus humanitaire, mais économique. Une nouvelle ère s’incruste dans le droit d’ingérence économique international, avec pour paravent, les droits de l’homme, couplé avec l’arrogance du maître qui s’octroie le droit de manipuler par l’information et la communication, le droit du plus fort sur les plus faibles, enfin le droit de tuer et d’envahir les plus faibles mais riches.

Dans cette nouvelle jungle de missiles, de satellites, de normes, de technologies, de prédation économique, de montages financiers complexes, le principal défi des stratèges africains et des conseillers dans les palais présidentiels sera d'optimiser la capacité de l’Etat à réagir promptement et de manière significative aux brusques changements que leur environnement compétitif direct génère, aux menaces insidieuses et indirectes, aux attaques frontales selon l’angle  imposé par les intérêts étrangers ou ennemis intérieurs. Ces réactions devront, en outre, être créatives et s’articuler avec le peuple. Libérer la créativité d’un peuple, de ses forces vives et enfin de ses compétences peut assurer à l’Etat un  repositionnement rapide et un regroupement du peuple éclairé autour de ses intérêts et du chef de l’Etat. En clair cela sous-entend que les relations internes entre le peuple, l’élite, le pouvoir, et la vision du chef de l’Etat soient basées sur de nouveaux principes.

Il s’agit principalement d’écrire le contrat politique entre l’électeur et l’élu du peuple à savoir : un mandat présidentiel pour 10 contrats fondamentaux à réaliser en cours de sa législature (5 ans). C’est à dire une implication collective dans un projet d’intérêt mutuel plutôt que qu’un mandat truffé de relations transactionnelles pour sa propre réélection. Le repositionnement aura inévitablement un effet sur les positions des uns et des autres à l'intérieur du système politique ou de l'organisation de l’Etat. Nous y reviendront plus tard.

La sauvegarde d'acquis individuels, tout à fait légitime, ne doit pas contrecarrer la réaction de l’Etat face à ses ennemis internes et externes. Dès lors, les rapports au sein du pouvoir doivent idéalement quitter le mode transactionnel (je te nomme à un poste, par exemple, et je reçois en échange ce que je demande ou j’attends) pour migrer vers un dynamique relationnelle basée sur l'implication commune par rapport au projet de l'Etat, dans une logique de besoin du peuple de changement, qui une fois réalisé inscrit le groupe (Etat-peuple-leader politique) face un objectif commun ou intérêts divers dans un rapport gagnant-gagnant.

3ème tendance 
 Information is power : une approche plus « consumériste » pour le peuple
Arendt (Hannah) « Faire de la présentation d’une image la base de toute politique, - chercher, non pas la conquête du monde, mais à l’emporter dans une bataille dont l’enjeu est « l’esprit des gens », -, voilà quelque chose de nouveau dans cet immense amas des folies humaines enregistrées par l’histoire. »

        La fin des certitudes impose ses choix en fonction de son propre confort, ainsi va la mondialisation. Cependant, pour les Etats franco-africains l'information doit se mettre au niveau du peuple et l’architecture du système d’information nationale doit refléter les objectifs de la stratégie de l’Etat... A ce jour faute de stratégie nationale de management de l’information, tous les Etats africains naviguent à vue et font du réactif épidermique en cas de situation à fort impact médiatique par exemple. 
Il est temps que les technologies permettant la collecte, le traitement, la diffusion de l’information deviennent à la fois disponibles (programme d’incitation et de vulgarisation), à bas coûts et durables. L'information, énergie vitale d'un pays, organisée comme une industrie à part entière est une véritable matière première. Sa production, sa diffusion  et son exploitation ne sont jamais neutre et l’erreur courante dans les stratégies visibles en rapport avec la question est de censurer l’information au lieu de noyer la capacité d’analyse du peuple par un flux d’information. 

Cette méfiance des politiques face à « l’information hors contrôle politicien » est la conséquence de ignorance d’un principe efficace : les nouvelles technologies modernisent l'information et diversifient les média en offrant une plus grande maîtrise de l’infosphère et de la médiasphère. La production de l’information comme arme défensive et offensive au service des Etats devra faire partie d’un programme national de gestion de l’information stratégique dans chaque pays francophone. 

Exemple technique: Si les pays africains concernés par la question des biens mal acquis avaient fait de l’information une arme offensive contre les différentes campagnes médiatiques en France et sur internet, ils auraient développé la maîtrise des outils de visualisation des menaces et attaques sur le sujet et gagneraient en rapidité dans la structuration d’une cellule riposte dédiée. En clair, si ces Etats avaient voté des lois sur les biens mal acquis, fait tourner les commissions de biens mal acquis à plein régime et communiquer sur l’inexactitude de certains faits, je vous assure que les flux d'informations déstructurés venant des personnes connectées, les campagnes médiatiques et les enquêtes judiciaires n’auraient  pas submergé les organisations de la réponse. Les conseillers n’ont pas su éviter l'indigestion médiatique, et ont manqué d’un outil de visualisation et d'aide à la compréhension en vue d'un faisceau de décisions coordonnée et cohérent.

Résultat : une défense à l’emporte-pièce exclusivement juridique alors que la bataille de l’image  qui était la toile de fond de l’attaque médiatique, fut perdue faute d’une lecture globale et transversale des enjeux et des subtilités des luttes d’intérêts. Bernays (Edward) " Si nous comprenons les mécanismes et les mobiles propres au fonctionnement de l'esprit de groupe, il devient possible de contrôler et d'embrigader les masses selon notre volonté et sans qu'elles en prennent conscience. La manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions organisées des masses est un élément important dans une société démocratique. Ce mécanisme invisible de la société constitue un gouvernement invisible qui est le véritable pouvoir dirigeant de notre pays. Ce sont les minorités intelligentes qui se doivent de faire un usage systématique et continu de la propagande ".

4ème tendance 
L’obligation pour les Etats africains de proposer un modèle politique propre tout au long de la chaîne de valeur dans les nouveaux rapports mondiaux
Dans son célèbre ouvrage « L'impérialisme, stade suprême du capitalisme », LENINE comme un prophètecritique l’impérialisme et annonce le sort des peuples dominés« Ce qui caractérise notamment le capitalisme actuel, c'est la domination des groupements monopolistes constitués par les plus gros entrepreneurs. Ces monopoles sont surtout solides lorsqu'ils accaparent dans leurs seules mains toutes les sources de matières brutes, et nous avons vu avec quelle ardeur les groupements capitalistes internationaux tendent leurs efforts pour arracher à l'adversaire toute possibilité de concurrence, pour accaparer, par exemple, les gisements de fer ou de pétrole, etc. Seule la possession des colonies donne au monopole de complètes garanties de succès contre tous les aléas de la lutte avec ses rivaux, même au cas où ces derniers s'aviseraient de se défendre par une loi établissant le monopole d'État. Plus le capitalisme est développé, plus le manque de matières premières se fait sentir, plus la concurrence et la recherche des sources de matières premières dans le monde entier sont acharnées, et plus est brutale la lutte pour la possession des colonies. » 
Tous les chefs d’Etats africains ont conclu que les faits seuls en politique déterminent la décision, la communication et les stratégies politiques, plutôt que les dogmes idéologiques. La France, la Chine, les Etats Unis doivent devenir le dernier critère dans la détermination des choix politiques, économiques et militaires. Nous savons tous, à ce jour, que ni l’ancien modèle communiste soviétique, ni le modèle démocratique occidental, encore moins le système capitaliste ne peuvent s’appliquer à la modernisation d’un pays en développement, et que la démocratisation ne précède pas la modernisation mais le plus souvent la suive. En conséquence, les Etats francophones doivent décider à l’issue d’un forum inter régional (CEEAC et UMOA) d’explorer la nouvelle voie africaine de développement afin d’adopter une approche pragmatique d’essais et d’erreurs pour leur programme de modernisation massive. C’est ce que j’appelle la nouvelle chaîne de valeurs africaines de modernisation massive.

     Comprendre, développer, s'approprier et diffuser la nouvelle chaîne de valeurs africaines de modernisation massive s'avèrent, dans l'avenir, un défi quotidien. A ce titre, l'innovation d’un « politic model » à la fois global (les pays de la zone franc) et local (pour respecter le degré d’appropriation pour chaque pays) devient stratégique pour tous les pays de la zone franc. Cette évolution n'est pas sans conséquence sur l'organisation même des Etats ainsi que sur leurs structures politiques, économiques et financières. Une plus large implication des élites participeraient à la colossale dynamique d'innovation que cette longue construction du développement national impliquerait. La pression des instances de financement, des structures de contrôle monétaire, le système d'écoute des exécutifs africains toujours en vigueur, de contrôle des gouvernements, de la médiacratie occidentale, sans oublier la pression concurrentielle chinoise et des pays de la BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ainsi que la concurrence politique couplée aux exigences des peuples pressent les marges de manœuvre et de négociations des Etats africains à la baisse.

    Il faut donc accompagner ou soutenir ce qui vient d’être écrit par un modèle de pensée propre, j’ai la faiblesse d’avoir une préférence pour la pensée holistique [2] Ce système de pensée convient mieux au contexte africain et à la logique de raisonnement, il serait le plus adapté pour permettre l’établissement  d’une stratégie holistique de modernisation des Etats africains. Le but assigné est d’établir un modèle d’ensemble de priorités et de séquences pour les différentes étapes de la transformation, avec des réformes facilessuivies par des réformes plus décisives et difficiles, à la différence de la politique populiste, à court terme, imposée par les échéances électorales et souvent simplement scandée par des hommes politiques véreux et inconscients de l’énormité de la tâche. Cela veut dire disposer des institutions politiques fortes, installées pour et dans la durée.

5ème tendance 
 L’Etat attaché au développement

L’Etat doit être une vertu nationale et nécessaire. Or l’Etat est un concept inconnu dans nos campagnes et villages. Oui il en existe, me diriez-vous, certainement dans les villes, mais le citadin a une représentation floue de l’Etat, et nous sommes tous conscients que souvent un Etat  ethnique, communautaire, faible, morcelé ou incompétent.
2014 risque d’être fort mouvementé pour certains Etats africains, si l’Etat ne s'attèle pas à la transformation du pays grâce à la colossale dynamique d'innovation pour la construction du développement national. L’Etat en Afrique francophone n’est pas encore capable de susciter un consensus national, il se refuse d’indiquer la marche à suivre à l’ensemble du peuple pour la simple raison que nos Etats sont des Etats gestionnaires et non stratèges. Exemple : imposer des dures réformes ou stimuler la recherche, l’économie de base, les exportations vers les pays de la sous-région, parce que l’attachement au développement de l’Etat est encore faible ou embryonnaire. Un Etat fort ne veut pas dire un Etat militarisé.

6ème tendance 
Des relations bilatérales et multilatérales entre les Etats aux connivences diplomatiques entre groupes d’intérêts supranationaux.

"Le Pouvoir et les richesses, à l'échelle de l'histoire passent toujours de ceux qui y ont titre à ceux qui y ont droit et le droit c'est le droit du plus fort"

Dans le domaine des relations internationales, nous connaissions le E2E (relations bilatérales entre Etats) et le E2CI (relations multilatérales entre un Etat et les éléments du système international), nous constatons de manière éclatante avec le cas de la Lybie, de la Côte d’Ivoire l’essor de la CD (connivences diplomatiques). C’est la prétention des plus « grands », formalisée à partir de 1815 à travers une « diplomatie de concert », à se partager le pilotage du monde. On retrouve aujourd'hui cet entêtement oligarchique dans les nouveaux « directoires du monde » que seraient le G8 puis le G20, qui renouvellent pourtant les blocages, génèrent les guerres et les pauvretés. Bertrand BADIE.  
Le G20 n’est pas un organe légitime du point de vue du droit, ses décisions sont arbitraires. Tout Etat qui n’a pas été coopté au sein de ce cénacle oligarchique ressent son exclusion comme une injustice. Loin d’incarner la gouvernance mondiale, le G20 symbolise son absence. Telle est la thèse de Bertrand Badie dans La diplomatie de connivence.

Mais que veut dire la connivence diplomatique ?
C’est ce qui reste quand la norme commune fait défaut ou paraît trop contraignante (arrestation de Gbagbo, mort de Kadhafi) pour ne citer que les exemples les plus récents, les chefs d’Etats africains à défaut d’accord ont fermé les yeux ou serrer les dents en cas d’incapacité à résister. C’est «l’accord tacite et relâché, ponctuel et circonstanciel», en lieu et place de «la participation franche à une œuvre commune, clairement matérialisée et identifiée». C’est, entre les membres du club de chefs d’Etats ou doyens de chefs d’Etat en Afrique francophone, «un climat de non-agression», exprimé par «une gestuelle faite d’accolades et de démonstrations d’amitié», des tenues décontractées, une familiarité ponctuée de blagues, le tout débouchant sur l’impression d’unité d’une élite autoproclamée.

L’extraordinaire conférence de presse des présidents français et américain à l’issue du G20 de Cannes, «Nicolas» déclarant sa fidélité à «Barack» et «Barack» son amitié pour «Nicolas», illustre le style de la diplomatie actuelle: le copinage à défaut de structure de décision.
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Des causeries au coin du feu aux millions de morts aux quatre coins du globe

        Les «G» sont une idée du président français Valéry Giscard d’Estaing et du chancelier allemand Helmut ­Schmidt. Aux prises avec les difficultés économiques des années 1974-1975 et la crise des institutions de Bretton Woods, les deux «amis» conviaient les dirigeants occidentaux à des «causeries au coin du feu», à l’abri de la presse, pour chercher des solutions. Le premier «G» eut lieu à Rambouillet en 1975, en présence des dirigeants du «groupe des cinq» du FMI (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon), plus l’Italie, cooptée. Ce «G6» devenait «G8» avec l’admission du Canada et de la Communauté européenne, nombre qui ne changea plus jusqu’à la grande cooptation de 2008 qui produisit le «G20».

Les dégâts de la diplomatie de connivence

Réfléchissant à ce «G20» de création spontanée, Bertrand Badie lui trouve de troublantes ressemblances avec cet autre objet apparu au début du XIXe siècle: le «concert des nations», inventé par les puissances victorieuses de Napoléon au Congrès de Vienne, en 1815. Après l’aventure française, les princes cherchaient un mode de gouvernance qui empêcherait toute récidive. Visant le «bonheur du monde», la Quadruple Alliance passée entre l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie instituait par son article 6 des réunions périodiques consacrées «aux grands intérêts communs et à l’examen des mesures les plus salutaires pour le repos et la prospérité des peuples et pour le maintien de la paix en Europe». C’était, dit Badie, l’ancêtre de la diplomatie de club. Elle traitait la plupart des problèmes du temps sous l’angle des intérêts oligarchiques de ses membres et fondait par-là «un monde d’interdépendance durable, source de contraintes et producteur d’un jeu commun». Un problème quelconque surgissait-il – la création de la Belgique, les limites du bassin du Congo, le statut de la Bosnie-Herzégovine – qu’il arrivait sur la table des négociations, mais soigneusement privé de sa signification sociale pour être ramené à un simple objet de tractation diplomatique. Les négociateurs bricolaient alors une solution, la moins mauvaise possible pour gagner du temps et sauver les mises. 

Il y eut des hommes politiques, des diplomates et des juristes pour affirmer dès le XIXe siècle que d’autres modalités de gouvernance étaient souhaitables, notamment par le droit et la norme produits par la délibération commune de tous les intéressés. Mais ce n’est qu’au cours de la Première Guerre mondiale qu’ont été dénoncés le caractère oligarchique du système international, sa nature exclusive, son fonctionnement non démocratique et dangereux. Le conflit terminé, les éléments d’un autre ordre ont pu être avancés, ceux du multilatéralisme institutionnalisé de la Société des Nations. Les relations de connivence n’allaient pas disparaître pour autant, note Badie. Elles ont perduré à travers la SDN qui, malgré sa nature inclusive, normative et démocratique, restait un organisme de vainqueurs solidaires; et à travers l’ONU, par le Conseil de sécurité qui accorde au club extrêmement connivent des puissances nucléaires un droit de veto sur toutes les grandes affaires.

Aussi négative soit-elle, la diplomatie de connivence reste ainsi le recours que choisissent les dirigeants politiques pour se dispenser d’avoir à penser de fond en comble l’ordre international requis par la mondialisation. Ils cohabitent ainsi dans un système de relations qui n’a pas de nom, pas de caractère, peu de lois sinon celles du plus fort, et peu de visée sinon celle de la survie. De «quartette» en «G20», de «groupe de contact» en «BRIC», de «G20» en «groupe de Shanghai», de «coalition of the willing» en «concert des démocraties», tous les arrangements sont bons pour échapper à la logique d’assemblée des 192 membres des Nations unies. Logique lourde et compliquée, Joseph Deiss le reconnaît, lui qui a commencé par exiger que tous les ambassadeurs arrivent à l’heure aux réunions dit-il avec Badie[3].

patrice.passy@hotmail.fr 
Prochainement : la crise du temps français en Afrique francophone (2)

[1] Ces thèmes vont être développés au cours de nos conversations stratégiques de 2012. Les dates et lieux vous seront communiqués sur le blog ultérieurement.
[2] « Le point de vue de chaque personne constitue une perspective unique à propos d'une plus ample réalité.     Si je peux "regarder" à travers de ta perspective et toi de la mienne, nous verrons quelque chose que nous n'aurions pas vu à seules » Peter M. Senge
Système de pensée pour lequel les caractéristiques d'un être ou d'un ensemble ne peuvent être connues que lorsqu'on le considère et l'appréhende dans son ensemble, dans sa totalité, et non pas quand on en étudie chaque partie séparément. Ainsi, un être est entièrement ou fortement déterminé par le tout dont il fait partie ; il suffit de, et il faut, connaître ce tout pour comprendre toutes les propriétés de l'élément ou de l'entité étudiées
[3] La diplomatie de connivence. Les dérives oligarchiques du système international. Bertrand Badie Ed. La découverte 2011