mercredi 11 avril 2012

COMPÉTITIVITÉ ECONOMIQUE ET PROTECTION DU PATRIMOINE NATIONAL DE L’ETAT (2)

 


COMPÉTITIVITÉ ECONOMIQUE ET PROTECTION DU PATRIMOINE NATIONAL DE L’ETAT (2)




Par Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique
 
COMMENT ?
 
        Un état des lieux des vulnérabilités congolaises en 2012, relatif à la protection du patrimoine économique congolais, nous aidera à mieux définir le périmètre des intérêts stratégiques de l'Etat à défendre et à valoriser.
             
             Les vulnérabilités de l'État et des entreprises
1.   Méconnaissance du rôle de l’Etat dans la protection du patrimoine immatériel de l’Etat
2.   Non maitrise des concepts sur l’Intelligence Economique
3.   Promotion des intérêts économiques insuffisante dans le monde et au Congo
4.   Insuffisance de la réglementation (droit des affaires, droit du commerce, coopération interentreprises, contrôle des investissements, droit du secret, périmètre stratégique de l’Etat, etc…)
5.   Absence d’un environnement favorable à l’émergence d’une offre de services privés aux
entreprises dans le domaine de l'audit, le conseil, le lobbying, l’Intelligence Economique
6.   Absence d’une réflexion nationale sur l’Intelligence Economique, le périmètre stratégique des intérêts de l’Etat, les pôles de compétitivité économique, la nouvelle économie et ses risques pour l'Etat congolais…)
7.   Manque de cycles de formation
 
Conséquences dans les rapports entre les acteurs économiques et le marché captif (l’Etat)

1.     Difficultés d’accès à l’information à haute valeur ajoutée
2.     Incohérence des bases d’informations (Présidence, gouvernement, ministères, organismes publics, chambres de commerce, ambassades, etc…)
3.     Absence de sensibilisation et d’information sur  les enjeux et le rôle de l’information dans l’entreprise et les organismes de proximité
4.     Manque de formation des techniciens et des cadres sur les métiers de souveraineté (conseil, audit, négociations, expertises pointues)
5.     Intérêts divergents entre l’entreprise privée et les institutions publiques
6.     Manque de cohésions des équipes au sein de l’entreprise
7.     Manque de coordination opérationnelle des stratégies et mesures de l’Etat
8.     Absence d’organisation et de management des priorités économiques par projet
          Cela fait peser plusieurs menaces sur le Congo-Brazzaville, je n’ai répertorié trois (liste non exhaustive) :
Les menaces financières
        L’OMC dont l’objectif consiste à favoriser le libre-échange, prévoit la possibilité pour les Etats de se doter de dispositifs spécifiques afin de préserver les intérêts essentiels de leur souveraineté. Ces dérogations aux principes du libre -échange figurent aussi dans les statuts du FMI
 
Que constatons-nous au Congo-Brazzaville dans la préservation des intérêts essentiels de sa souveraineté :
1.     Inexistence d’une loi sur les relations économiques extérieures
2.     Absence d’un cadre juridique, fiscal, financier, universitaire clair et précis favorisant et accompagnant  la mise en œuvre des pôles économique, industriel, technologique, informatique, universitaire…
3.     Absence d’un concept sur les entreprises stratégiques au Congo
4.     Vulnérabilité du capital des entreprises congolaises classées stratégiques
5.     Insuffisance des contrôles de certains investissements internationaux
6.     Imperfection du dispositif réglementant les relations financières avec l’étranger
 
Les menaces juridiques
 
1.     Le secret économique n’est pas suffisamment garanti
2.     Le secret des affaires n’est pas du tout bien compris, ni préservé
3.     Une gestion malhabile de contraintes juridiques internationales
4.     Absence d’une loi assurant la protection des entreprises nationales et des particuliers contre le vol du secret d’affaires
5.     La cohérence et l’efficacité de textes de lois restent imparfaites
6.     Absence de loi sur le crime économique, la fraude économique, l’espionnage économique, le commerce électronique, etc…
7.     La coopération inter-entreprises est rarement en faveur des nationaux
8.     Des entreprises sont parfois victimes de procédures judiciaires étrangères
Les menaces sur les matières premières

Vous vous posez certainement la question qu’est-ce que c’est la guerre économique au Congo ?

Prenons le cas de la Libye et de l’Irak, dans ces deux cas, les interactions entre guerre et économie ont produit une dynamique favorable à la fois à la puissance militaire (test grandeur nature de nouvelles armes et tactique de combat) et à la richesse nationale (nouveaux marchés, nouveaux contrats, main basse sur l’économie des vaincus). Nous pouvons dire dans ces deux cas que la guerre a été au service de l’économie, mais aussi l’économie a structuré et organisé la stratégie de la conduite de la guerre.
« Pour le dire d'une autre façon, la guerre économique semble se dérouler sur trois étages :
il s'agit d'abord de produits : gagner des marchés, se procurer des biens nécessaires dans de meilleures conditions, mieux produire et vendre…
il s'agit ensuite de règles : imposer son code y compris sous la forme de normes juridiques internationales ou sous celle de normes intériorisées par les acteurs
il s'agit enfin de promouvoir des images (images de ses entreprises, de son pays, de sa culture, de valeurs  qu'il évoque et incarne) ou des images négatives du concurrent
Or ceci se fait par deux moyens combinés : ceux qui ressortent à l'autorité de l'État (sa faculté d'obtenir de l'obéissance sans avoir à verser de contreparties ou sans employer visiblement la force ou la menace), des moyens d'influence qui agissent sur la vision de la réalité que se forment des dirigeants ou des populations ». http://www.huyghe.fr/actu_694.htm
    Quelles sont les failles congolaises qui profitent à l’extérieur dans la conduite de cette guerre :
Manque de patriotisme national
Manque de confiance en soi
Insécurité juridique, fiscale et des affaires
Gestion malhabile de l’intelligence des affaires
Environnement des affaires jugé peu fiable
Faible industrialisation
Faiblesse de l’investissement privé direct
Insuffisance des infrastructures routières et portuaires
Faiblesse des communications
Main d’œuvre peu qualifiée
 Intégration régionale balbutiante
 Pouvoir d’achat des congolais dérisoire
Filière agricole traditionnelle non valorisée
La faible estime des Congolais de leur propre pays

        Avec toutes ces lacunes, ces insuffisances, ces difficultés et ce malgré notre pétrole, nous constatons que la mondialisation des rapports marchands se fait sans nous. Le marché congolais faible et fractionné n’offre pas de débouchés, que les grands groupes internationaux peuvent trouver dans d’autres pays émergents, comme la Chine, le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud, l’Argentine, l’Afrique du Sud par exemple. Le seul intérêt que représente le Congo sur le plan économique, stratégique et géopolitique aux yeux des entreprises multinationales, reste et demeure : le PETROLE[ii] et accessoirement d’autres matières premières (le bois, la potasse, l'or, le fer, etc...).
 
L      La question qui vient à l’esprit face à la violence, à l’étendue et aux conséquences de cette guerre pour l’avenir de la Nation Congolaise est :

          QUE PEUT FAIRE POUR LE CONGO AVEC SON PÉTROLE ET SES MOYENS LIMITES ?
 
          Voici nos quatre axes de la démarche

         Sécurité économique : Une mutation de l’Etat à accomplir avant 2014     
         Stratégie nationale et départementale de sécurité économique est nécessaire : création du Conseil National de Sécurité Economique avant 2014  
         Organisation structurelle et des textes est obligatoire mais progressive au Congo avant 2014
         Définition d'un périmètre stratégique de l’économie congolaise en 2012
 
       Axe 1 - De la Défense Nationale à la Sécurité Economique
 
         Schéma générale de la démarche
       
       N.B : Du fait de la complexité des interactions entre les différents départements et de la sensibilité de la question au Congo-Brazzaville, il est indispensable d’adopter la stratégique des petits laboratoires de  manière itérative avec comme mode opératoire le management par projet, en proposant pour chaque axe un « root », première approximation qu'on affine au fur et à mesure que s’accroît notre compréhension du périmètre stratégique de l’économie et des intérêts identifiés.
         
       Axe 2 - Une stratégie nationale et départementale de sécurité économique est nécessaire
       
       Principe : L’Etat doit agir par la commande publique, un nouveau cadre juridique doit remplacer les règles actuelles, obsolète et inadapté de passation des marchés publics. 
                   
               Définir une stratégie nationale de sécurité économique
               Conseiller le Président de la République sur les politiques économiques nationales et internationales
               Définir les orientations de la politique menée dans le domaine de la sécurité économique et d’en fixer les priorités
               Assurer la cohérence et la coordination des actions menées par les différents pôles et ministères 
               Procéder à la revue des projets annuels et l’évaluation des exécutions, enfin veiller à l’adéquation des moyens mises en œuvre 
               Soutenir la conquête du marché intérieur et extérieur


                                                                  Démarche générale
 
        Axe 3 : Une organisation structurelle et des textes est obligatoire mais progressive au Congo avant 2014
 
L’on ne change pas la société par décret. Par contre, le droit peut et doit être changé ou réadapté par la société ou l’Etat et ce chaque fois que le besoin se fait sentir à l’occasion d’une évolution technologique, d’une découverte scientifique ou de l’évolution des rapports économiques mondiaux. L’évolution du droit doit aller de pair avec les processus économique, social, politique, commercial, culturel, idéologique, etc. Si le législateur congolais  peut mieux briller par une réactivité législative, cette dernière par contre ne peut de par elle-même conduire à un changement radical et en profondeur de la société. Le changement dans le droit doit être précédé d’une évolution dans la société congolaise. La difficulté dans la société congolaise est que les mentalités évoluent TRÈS lentement et aiment faire de la résistance à toutes nouveautés susceptibles de bousculer les intérêts individuels.
 
Un droit qui ne correspond plus à la situation économique à laquelle il s’applique est un véritable frein à la compétitivité économique, au progrès et au développement économique, commercial, politique, culturel, humain, etc. La création d’unités de recherche ayant pour objet de suivre toutes évolutions sociales est dès lors fort indiquée, pour la réadaptation du droit, dans l’intérêt du progrès, du développement et de la paix sociale. Encore faudrait-il créer ces relations conventionnelles nécessaires entre, d’une part, l’ingénierie juridique et la sociologie du droit et, d’autre part, les politiciens du droit.
 
               Axe 4 :Les quatre laboratoires en vue d’une définition d'un périmètre stratégique de l’économie congolaise en 2012

Les quatre laboratoires
 
Root 1 : Dimension stratégique 

Exemple 1 
 
  1.         Etat des lieux des intérêts stratégiques nationaux
  2.         Analyse stratégique du contexte et de l’environnement actuel
  3.         Définition d’une stratégie globale et transversale de sécurité économique
  4.         Définition d’un périmètre stratégique de l’économie
  5.         Proposition d’un cadre législatif et d’un cadre référentiel
Root 2 : Dimension opérationnelle
 
Exemple 2

  1. Mettre en place une cartographie décisionnelle et informationnelle de chaque entreprise, organisation, institution…
  2. Disposer d’une cartographie des besoins des entreprises et des compétences disponibles
  3. Créer une direction centrale de contact et de soutien aux entreprises
  4. Créer une bourse de compétences congolaises
  5. Organiser un guichet unique d’information stratégique à haute valeur ajouté

Root 3 : Cœur national stratégique
 
Exemple 3
 
  1. Sensibiliser les décideurs politiques, économiques, les PME congolaises aux nouvelles pratiques de la compétition internationale
  2. Développer les axes de développement selon les compétences congolaises et les ressources disponibles
  3. Fédérer les institutions nationales autour d’une démarche de compétitivité économique, recherche et développement, d’Intelligence économique, cohésion nationale et non cohésion tribale
  4. Professionnaliser les entreprises stratégiques à la culture du partage de l’information stratégique
  5. Organiser les réseaux institutionnels de connivence d’intérêts
  6. Développer de nouveaux paradigmes autour des notions : cohésion nationale, Nation Congolaise, tribu, vivre et agir ensemble, Unité Nationale, développement de l’homme congolais etc…
Root 4 : Dimension prospective
 
Exemple 4
 
  1. Organiser la réponse de l’Etat par projet stratégique à définir
  2. Créer des lieux de pollinisation mutuelle sur les thèmes suivants : Analyse stratégique, intérêts congolais, lobbying, transfert de connaissances, intelligence économique…
  3. Réfléchir sur la stratégique de développement économique et la cohésion sociale
  4. Organiser nos connaissances et surveiller les variables économiques a effet direct et indirect sur l'ensemble de l'économie congolaises.
 Cette contribution est volontairement succincte, mais assez explicite pour comprendre les enjeux du Congo. Celles et ceux qui souhaitent disposer de plus de détails sur certains points, nous nous feront un réel plaisir de leur apporter les éléments de compréhension de notre stratégie de petits laboratoires.


patrice.passy@hotmail.fr  

         De nombreuses autres filiales de majors sont présentes à Pointe-Noire, parmi lesquelles celles de l’italien ENI (ENI-Congo), du français Maurel & Prom, du franco-britannique Perenco (Congorep), du britannique Esso (Esso Exploration & Production Congo Ltd), des américains Chevron (Chevron Overseas Congo Ltd) et Murphy (Murphy West Africa Ltd), sans oublier la compagnie d’État, la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), qui a rejoint le rang des sociétés pétrolières opératrices en août 2010. Premier groupe du pays, la SNPC contribue à hauteur de 70 % au budget de l’État. Les activités d’exploration et d’exploitation, dont les permis sont délivrés par les autorités congolaises, sont menées dans le cadre de partenariats entre ces principaux opérateurs. C’est le cas, par exemple, du permis Mer très profonde Sud (MTPS), qui couvre plus de 5 000 km2 en haute mer (à quelque 180 km au sud-ouest de Pointe-Noire) et est opéré par Total E&P Congo (40 %), ENI-Congo (30 %) et Esso Exploration and Production Congo Ltd (30 %).

         Parmi les compagnies privées étrangères basées à Pointe-Noire, le premier opérateur est le français Total, via sa filiale Total Exploration & Production en République du Congo (Total E&P Congo), qui, à elle seule, assure environ 60 % de la production du pays, avec 160 000 b/j en 2009, sur neuf champs.                                                                                                                                     
         Source Internet : Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Congo : Pointe-Noire, vigueurs océanes | Hydrocarbures : rendez-vous des majors à Pointe-Noire.  http://www.jeuneafrique.com
 
        Les activités pétrolières attirent des groupes du monde entier. Elles génèrent des milliers d’emplois locaux, directs et indirects, et près de 80 % des recettes de l’État congolais. Une manne dont la ville aimerait profiter davantage. Depuis quarante ans, le nom de Pointe-Noire est associé à celui des plus grands majors pétrolières, dont les activités d’exploration et d’extraction se concentrent au large et sur les terres de la cité océane. Les revenus de cette filière représentent près des deux tiers du produit intérieur brut (PIB), 93 % des exportations et 76 % du budget de l’État congolais. En 2011, elles devraient lui rapporter plus de 2 000 milliards de F CFA (plus de 3 milliards d’euros). Le pétrole du pays est exploité depuis les années 1970, pour une très large part offshore. La production a atteint une moyenne de 88 millions de barils par an de 2000 à 2006. L’année 2007 a marqué un léger recul (avec 82 millions de barils), à la suite d’un accident sur le champ offshore de Nkossa, qui a entraîné une suspension des activités pendant plusieurs semaines, et de la baisse de rendement du gisement onshore de M’Boundi. Mais, depuis, la production a repris sa phase ascendante, pour dépasser 114,5 millions de barils (soit plus de 313 000 barils/jour) en 2010, soit un peu moins que la Guinée équatoriale, mais plus que ses voisins gabonais et camerounais.
         
         Source Internet : Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Congo : Pointe-Noire, vigueurs océanes | Hydrocarbures : rendez-vous des majors à Pointe-Noire.  http://www.jeuneafrique.com

samedi 3 mars 2012

Le CONGO-BRAZZAVILLE face aux menaces et opportunités du nouvel ordre économique mondial



INTELLIGENCE ECONOMIQUE



Par Patrice PASSY
Conseil en Intelligence Economique 

Le Monde se liquéfie, en cause :
 
  • La logique des rapports marchands dans le monde
  • La concurrence mondiale exacerbée entre les occidentaux et les pays émergents
  • Le fossé de plus en plus grand entre les riches et les pauvres à travers le monde
  • Les sept faims des congolais
  • L’Incertitude économique
  • Les Guerres et Famines
  • Les Guerres économiques (guerre des monnaies, le pétrole, la maîtrise des hautes technologies, les contrôles des espaces et des zones vitales aux puissances occidentales)
  • La compétitivité économique
  • Le nouvel ordre économique
  • La défense stratégique
  • L’abolition des frontières
  • L’information sans frontière
  • La course pour le leadership mondial (Chine- Etats-Unis)
  • Un monde multi-polaire (Etats-Unis, Chine, Union Européenne, Russie, Inde, Brésil etc…)
  • Les stratégies de contrôle et d’accès aux matières premières
  • Les stratégies de dépendance intégrale des néo-coloniaux pour le maintien des zones de confort économique en Afrique
  • Le poids des intérêts de la dette pour les pays pauvres, aux sols riches mais endettés
Le Congo-Brazzaville est au centre de la nouvelle géopolitique pétrolière et des stratégies de développement des majors. Plusieurs guerres fratricides n’ont pas permis de discerner que nous subissons la guerre économique sans jamais la comprendre, ni disposer des moyens de conduite de cette guerre. 

La cherté du baril brut et la nécessaire diversification des sources d’approvisionnement des pays occidentaux, de la Chine et de l’Inde donne au Congo-Brazzaville,  une importance stratégique de premier ordre en Afrique Centrale. Depuis 1968, plusieurs politiques et stratégies ont été mises en place par nos « alliés traditionnels » avec pour seul objectif final : acquérir nos matières premières au prix fixé par l’acheteur.

Face à cette situation en 2012, le Congo-Brazzaville peut-il prétendre devenir maître de son destin ?
 
Que nous présente la nouvelle donne économique mondiale ?
Voici l’essentiel des enjeux :
    1. Toutes les organisations sont désormais soumises à des profonds bouleversements, ses frontières aussi se déplacent, qu’il s’agisse des frontières  internes dans l’entreprise, ou externes c’est-à-dire celle de   l’Etat, la mondialisation des économies bouleverse toutes les économies ainsi que l’organisation et l’adminisration des Etats.
    2. La dimension marchande et financière des activités économiques prend  une importance inégalée et la pression concurrentielle internationale touche  progressivement l’ensemble de nos secteurs d’activités. Les entreprises nationales (SNPC par exemple) évoluant au cœur des échanges mondialisés sont contraintes d’ajuster leurs stratégies en fonction d’une nouvelle grille de lecture intégrant la complexité croissante des réalités  économiques. La gestion stratégique de l’information devient l’un des leviers majeur au service de la performance économique et de l’emploi au Congo-Brazaville.
Scanner en permanence son environnement interne et externe - Savoir pour Anticiper ou Décider, telle est la valeur ajoutée de cette discipline aux contours mal connus au Congo, que nous vous proposons de découvrir et  d’intégrer dans l’entreprise et au sein de l’Etat à savoir :  l’intelligence économique
Philippe BAUMARD : "l'intelligence économique n'est plus seulement un art d'observation, mais une pratique offensive et défensive de l'information. Son objet est de relier entre eux plusieurs domaines pour servir à des objectifs tactiques et stratégiques de l'entreprise. Elle est un outil de connexion entre l'action et le savoir de l'entreprise, des collectivités, et de l’Etat.
Problèmes au Congo-Brazzaville ?
 1. Sans analyse stratégique et anticipation, il est difficile de comprendre la  marche du monde et ses enjeux.
 2. Sans compréhension des enjeux, il est impossible de prendre conscience des effets direct et indirect liés à la complexification croissante de l’économie mondiale sur le Congo économique
 3.   Sans compétences et savoir-faire, nous ne serons que consommateurs de tout, sans prise sur notre finitude et notre réel.
Pourquoi ?
1. Parce que face aux nouveaux enjeux mondiaux, la pensée STRATÉGIQUE congolaise, à 5 ou à 20 ans, tarde à se faire connaître. Elle est à l’arrêt depuis la fin du monopartisme.
 
2. Parce que la fonction stratégique de l’Etat est inconnue des décideurs économiques. Or l’enjeu invoqué souligne l’immédiateté de l’évaluation, de la réflexion et de l’analyse stratégique
3. Parce que la définition des secteurs d’activités stratégiques en terme de souveraineté, d’influence, et de défense d’intérêts économique est aphone ou sans lisibilité et visibilité
4.  Parce que nos entreprises sont aveugles sans réflexion et prospective sur les enjeux commerciaux de demain.

Conséquences 

De quoi souffre l’information (management, système, gestion, moyens, culture) au  Congo-Brazzaville ?
1.  Manque de connaissance et des moyens, culture de l’information insuffisante
2.  Absence de stratégie globale et transversale au niveau de l’Etat et des entreprises
3.  Offre d’informations parcellaires, les initiatives publiques sont souvent éloignées des besoins opérationnels des entreprises
4.  Difficulté d’accès à l’information professionnelle pour l’ensemble des acteurs économiques, voire politiques
5.  Offre d'informations non disponible dans les processus décisionnels
6.  Absence d’une culture de partage de l’information (information is power)
7.  Manque d’intérêt à tous les niveaux de décision stratégique, pour l’évaluation ex-ante, l’analyse fonctionnelle ou la réflexion stratégique

Propositions

Que faire pour valoriser l’information ?
  1. Le management de l’information doit être au cœur de l’architecture décisionnelle comme un instrument d’une stratégie nationale globale et transversale pour l’Etat et les entreprises.
  2. Au niveau des organisations professionnelles, des grandes entreprises de l’Etat, la logique de réseau en interne doit installer des connivences d’intérêts afin de mieux mobiliser les compétences face aux enjeux internes et externes
  3. La gestion de l’information s’exécute en silo. En 2012 il s’agit de dépasser la logique de silo (base tribale, communautaire, mystico-religieuse, cloisonnement entre ministères, services, directions, diffusion-rétention de l’information (l’information est considérée comme un outil de pouvoir), comportement qui est à l’origine dans toutes les organisations de la démotivation des cadres et des employés. Chaque silo représente un département de l’entreprise, une direction dans l’administration, un ministère dans un gouvernement, qui possède des « logiciels et applications diverses » qui lui sont propres dans la défense ou la gestion de leurs intérêts, etc... Cette configuration est liée à la façon dont les intérêts multiformes en entreprise, dans l’administration, ont construit leurs systèmes d’information tout au long de leur histoire.
       La logique en réseau que nous souhaitons voir se développer présente de nombreuses propriétés : elle est fluide et interconnectée, transparente, collaborative, encourage une dynamique de la subsidiarité, fonctionne sur des principes simples et clairs, appliqués pour toute organisation qui souhaite demeurer accessible et reste soucieuse d’exemplarité.

Quels sont les objectifs assignés à la gestion de l’information au Congo ?

Analyse de l’existant 

L’utilisation actuelle de l’information se traduit de la manière suivante :

A ce jour l’information sert :
à l’usage exclusivement défensif (les services de renseignement, de sureté et de contre-espionnage)
d’instrument d’influence et de lobbying sur le plan extérieur de manière ponctuelle et intérieur en cas de conflit
de support aux stratégies indirectes et ruses politiques
au renforcement des connivences d’intérêts tribaux ou communautaires
à la mutualisation des intérêts politiques
au décodage culturel de l’Autre

Demain, trois approches distinctes et inter opérationnelles doivent définir la gestion de l’information au Congo

§    Approche marchande
L’information est considérée comme un produit marchand ou un service créateur de haute valeur ajoutée et d’emploi.

§    Approche fonctionnelle
L’information est importante non pas intrinsèquement mais parce qu’elle a des effets sur le reste de l’économie, la formation et la culture

§    Approche stratégique
Fait considérer l’information comme un bien stratégique, d’où la nécessité de préserver en toutes circonstances l’accès du pays aux sources d’informations indispensables. Mettre à la disposition des cabinets étrangers d’audit des informations stratégies concernant le pays sans filtre ni mécanisme de contrôle est la preuve de la méconnaissance du rôle de l’information stratégique.

Ces approches qui peuvent s’exécuter distinctement ou, ce qui est souhaitable, ou de manière concertée grâce à une politique nationale de protection du patrimoine immatérielle de l’Etat et des entreprises. L’Etat dans ce cas doit opérer sa mutation tant législative, que technique pour passer de l’Etat gestionnaire à l’Etat stratège afin de mieux définir le périmètre stratégique des intérêts congolais à protéger, valoriser, et inscrire dans la constitution.

Dans ce contexte quelle est le rôle de l’Etat dans la protection du patrimoine économique du Congo ?

1.     Le « patriotisme économique » désigne un comportement spécifique du consommateur, des entreprises et des pouvoirs publics consistant à favoriser le bien ou le service produit au sein de leur pays ou de leur groupe de pays.

2.           Le rôle du « patriotisme économique » est de soutenir l'activité économique et la cohésion sociale. C’est une légitime défense d'intérêts économiques locaux (nationaux, sous régionaux dans le cadre de la CEMAC). Certaines des méthodes utilisées visent à bloquer la concurrence externe et sont ainsi considérées comme du protectionnisme. Les champions du « patriotisme économique » sont les français.

3.     La forme principale est d'ordre étatique et vise à créer les conditions permettant aux autorités politiques et administratives d'intervenir de façon judicieuse dans les choix économiques selon les critères annoncés (la sauvegarde des intérêts de la "patrie").

4.     Au niveau organisationnel l'objectif affiché, d'accroître la compétitivité de l'économie et la cohésion sociale, se traduit par la stimulation du développement économique des territoires, en structurant les relations des organismes territoriaux avec les entreprises qui y sont implantées.

Mais avant, quels sont les obstacles à franchir ?

Au niveau de l’Etat

Méconnaissance du rôle de l’Etat

Non maîtrise des concepts de l’Intelligence Economique


    Promotion des intérêts économiques insuffisante en interne et à l’extérieur. Dans le cadre de mes activités professionnelles, j’ai visité le stand du Congo-Brazzaville à Shanghai (Chine) à l’exposition universelle de 2010…un amateurisme dangereux

  Insuffisance de la réglementation (droit des affaires, contrôle des investissements directs étrangers, coopération inter entreprises, etc…)

  Absence d’un environnement favorable à l’émergence d’une offre de services privés aux entreprises dans le domaine de l’Intelligence Economique

  Absence d’une réflexion nationale sur l’Intelligence Economique

  Manque de cycles de formation dédiée

Sur le plan juridique

1.Le secret économique n’est pas suffisamment garanti

2.Absence d’une loi assurant la protection des entreprises nationales et des particuliers contre le vol du secret d’affaires

3.La cohérence et l’efficacité de textes de lois restent imparfaites

4. Absence de loi sur la fraude informatique et le droit d’auteur.

5.La coopération inter entreprises ne bénéfice pas aux entreprises nationales

Conséquences au niveau de la synergie : acteurs public / acteurs économiques

1.     Difficultés d’accès à l’information à haute valeur ajoutée

2.     Manque de culture de l’information dans l’entreprise

3.     Incohérence des bases d’informations mises à disposition des acteurs

4.   Absence de sensibilisation et d’information sur les enjeux et le rôle de l’information dans l’entreprise et les organismes de proximité

5.     Manque de formation des techniciens et des cadres sur les techniques de l’Intelligence Economique

6.  Intérêts divergents entre l’entreprise privée et les institutions sur la notion même de l’information

7.    Manque de cohésion des équipes au sein de l’entreprise

8.    Manque de coordination opérationnelle

9.    Absence d’organisation au sein des structures par projet (Gouvernement, Ministère, Entreprise, Chambres de commerce)

Sur le plan humain, force est de constater que le Congolais cultive un « individualisme informationnel » exacerbé, symbolisé par :

1.La centralisation ethnique de l’information et la rétention-diffusion ethnique de l’information

2. La rétention-diffusion de l'information à titre personnel, l’information n’est pas encore comprise comme un outil de travail et d’animation, mais un enjeu du pouvoir

3. L'incapacité à la partager et à la mettre en commun

4. La gestion malhabile du secret

5. L’intolérance du droit d’aînesse, la personnalisation et non l’exercice de la fonction

6. Le culte de la supériorité intellectuelle, du prestige des diplômes, manque d’écoute active

7. Les réticences à l'ouverture, à l'accueil et à l'écoute des idées des autres, des idées nouvelles, l'esprit de chapelle

8. La propension étonnante à disserter sur les opinions et non sur les faits

9. La priorité à la théorisation et aux idées abstraites, pouvant aller jusqu'au refus d'admettre les faits et les réalités. La croyance excessive en un Dieu qui fait tout, qui instruit et informe et enfin la dissolution de l’individu dans la communauté, ce qui occulte toute culture des responsabilités, tout goût pour l’effort

Intelligence économique contre Intelligence Culturelle : les douze obstacles à franchir

1.     Absence de systèmes de collectes d'informations et d'analyses stratégiques permettant d'établir des cadres stratégiques de développement économique et de croissance.
2.    Absence de processus de valorisation et de coproduction des connaissances du fait d’une vision non collective de la finalité de l'information
   
3.    Une résistance aux changements impactant les réflexes professionnels et l’organisation du travail
   
4.    Une identification incomplète des menaces et des opportunités
     
5.    La fausse sensation d’être bien renseignée
    
6.    Un manque de cohésion sur le choix des axes stratégiques
   
7.    Une méconnaissance de la veille et de l’analyse stratégique
     
8.    Une gestion incohérente des priorités
     
9.    Un manque d’évaluation de ses activités

     Défaut d’organisation interne des documents existants dans l’entreprise (une aversion consumée des procédures)

    Sous-estimation ou mauvaise exploitation des informations disponibles pour bâtir une stratégie offensive ou défensive

     Une incapacité à décoder les informations disponibles

Que faire pour que l’information devienne un instrument de travail, un levier complémentaire de compétitivité économique, un outil d’aide à la décision stratégique ?

Rôle de l’Etat

1 - changer l’état d’esprit

L’information est une matière première
Dont la valeur ajoutée se trouve dans son exploitation
Dont la valeur ajoutée se mesure à une demande solvable
Qui exige un savoir spécifique (métier) avec des instruments propres (outils de production) et des compétences spécialisées (ressources humaines).

L’information est un moyen d’action
Pour agir en interne sur les motivations
Pour agir à l’extérieur et influencer tous ceux qui agissent sur l’entreprise
Pour répondre à une action émanant d’acteurs externes

L’information à de la valeur
Valeur de l’information notamment pour savoir ce que l’on peut diffuser à l’extérieur et à l’intérieur
Valeur des informations qui manquent pour la prise de décision stratégique
Valeur pour connaître le coût financier à consentir pour chaque opération, mission ou projet
Coût en temps consacré : l’information est le résultat d’une action volontaire, elle n’est pas le fait du Saint-Esprit.

2 – Créer un cadre nouveau de travail

          L’usage des grilles d’analyse
ù l’analyse du jeu des acteurs économiques permet d’identifier les menaces et opportunités provoquées par les rapports de force (interne/externe)
Où l’analyse comparée des cultures restitue chaque information dans son contexte (France-Congo par exemple)
Où l’analyse systémique incite à étudier autant chaque composante du système que leurs interdépendances (Etat, collectivités publiques, entreprises)
Où l’analyse stratégique exige une vision globale multidimensionnelle

        La conduite du changement de l’organisation
Des structures de veille pour collecter, traiter et diffuser l’information
Des structures fonctionnelles pour optimiser les activités opérationnelles
Des hommes pour la maîtrise individuelle et collective de l’information

        L’information est un moyen d’action
§   Basée sur des moyens individuels (postes de travail) et collectifs (réseaux informatiques)

Notre métier est de vous donner l’aptitude pour transformer une information en action offensive ou défensive sur le terrain
 
Comment est gérée l’information au Congo-Brazzaville ?
Schéma général





La coordination des acteurs à différents niveaux d’intelligence économique au Congo
 
Notre proposition technique
La semaine prochaine
A- Les vulnérabilités de l’Etat congolais et des entreprises face à la mondialisation
B- Les outils de protection économique du patrimoine de l’Etat
L’architecture nationale
Le conseil de sécurité économique de la République
VIGI-CONGO